Le dernier glacier
Parmi les artisans qui ont contribué fortement à l'avènement de la modernité dans le cinéma québécois, la monteuse et cinéaste Monique Fortier occupe sans conteste une place de choix. Elle a accompagné des cinéastes tels qu'Aquin, Perrault, Poirier, Arcand et Frappier. Exemples à l'appui : nous présentons deux œuvres qui ont chacune à leur manière marqué leur époque.
En présence de Roger Frappier
Précédé du court métrage La beauté même de Monique Fortier
« Je me suis souvent demandé ce qui fait la beauté... » Ainsi parle Monique Miller qui personnifie dans ce court métrage documentaire la femme universelle, soucieuse de plaire depuis son enfance, vulnérable, selon les heures, aux regards des autres, à la torture de l'attente, à l'obsession des rides de demain. Ce film, qui essaie de cerner ce qu'est pour la femme cette beauté que tout un monde publicitaire lui propose comme but ultime, a été réalisé dans les années 1960. Il s'agit là d'un des premiers films à avoir été réalisé par une femme sur les femmes.

Ce long métrage mélange la fiction et le documentaire pour raconter l'histoire des miniers de Schefferville qui ont perdu leur emploi lorsque la mine d’Iron Ore a cessé ses opérations. Raoul, un pionnier installé à Schefferville avec sa femme Carmen et leur fils Benoît, sera obligé de quitter sa demeure, laissant derrière lui les traces impérissables de la prospérité passagère.

Monique Fortier
Monique Fortier est une monteuse née à Montréal en 1928. Elle a commencé sa carrière à l’Office national du film (ONF) en 1950, devenant l’une des premières femmes à travailler pour l’organisation. Bien qu'elle ait principalement travaillé comme monteuse, elle a aussi réalisé le court métrage documentaire À l’heure de la décolonisation en 1963, faisant d’elle l’une des premières femmes franco-canadiennes a réalisé un film pour l’ONF. Elle a aussi réalisé La beauté même en 1964, mais a ensuite principalement consacré sa carrière au montage. Elle a notamment travaillé sur les films À St-Henri le cinq septembre (1962), Les voitures d'eau (1968), L'Acadie, L'Acadie?!? (1971), Le crime d'Ovide Plouffe (1984), Au chic resto pop (1990) et Le grand serpent du monde (1999). Elle a reçu une nomination dans la catégorie du meilleur montage aux Prix Génie pour Le crime d’Ovide Plouffe en 1985; prix qu’elle a remporté deux ans plus tard pour son travail sur Le déclin de l’empire américain (1986). Elle est la monteuse du film Le dernier glacier (1984) de Roger Frappier et Jacques Leduc.
Photo : Collections de la Cinémathèque québécoise

Roger Frappier
Roger Frappier a travaillé dans tous les métiers de l'industrie cinématographique, de critique de cinéma à réalisateur de télévision, en passant par réalisateur-producteur du documentaire expérimental Le grand film ordinaire, jusqu'à trouver sa véritable vocation de producteur. Au début des années 1980, alors employé de l'Office national du film du Canada (ONF), il avait réuni un groupe de scénaristes et de réalisateurs qui ont collaboré au développement de drames urbains audacieux. Le scénario pour Le déclin de l'empire américain a émergé du processus que Frappier avait mis en marche. Avec le succès phénoménal de ce film, Frappier a gravi les échelons des plus grands producteurs de longs métrages au Québec. Il quitta l'ONF en 1986 et fonda Max Films avec Pierre Gendron, produisant Un zoo la nuit en 1987, lauréat des 13 Prix Génie. Ses nombreux autres films incluent Pouvoir intime, Anne Trister, Jésus de Montréal, Ding et Dong, le film et Cosmos. Les membres du collectif Cosmos ont ensuite réalisé deux des œuvres les plus célèbres du cinéma québécois récent, Un 32 août sur terre et Maelström, soulignant l'œil de Frappier pour découvrir de nouveaux talents. a production de 2003, La grande séduction, devint l'un des films les plus rentables au box-office canadien. En 2010, il devint Officier de l'Ordre national du Québec.
Photo : Collections de la Cinémathèque québécoise

Jacques Leduc
Jacques Leduc est un directeur de la photographie, réalisateur, scénariste, acteur et monteur québécois. Il commence sa carrière en 1961 en tant que critique de cinéma. Il est ensuite engagé comme assistant caméraman à l'ONF à l'âge de 21 ans. Dans les années qui suivent, il travaille sous la direction de cinéastes tels que Denys Arcand, Gilles Carle et Don Owen. Il réalise ses premiers films, principalement des documentaires, à la fin des années 60, et continue, dans les années 70 et 80, à travailler sur des films acclamés par la critique comme On est loin du soleil (1970), Tendresse ordinaire (1973) et Trois pommes à côté du sommeil (1988). Il quitte l'ONF en 1990 pour devenir cinéaste indépendant. En 1992, il réalise La vie fantôme, qui remporte le Prix du meilleur film canadien au Festival des films du monde de Montréal. Depuis, il travaille principalement en tant que directeur de la photographie. Il reçoit le prix Albert-Tessier pour l'ensemble de sa carrière en 2008.
Photo : Collections de la Cinémathèque québécoise







