L'eau chaude l'eau frette
Les anniversaires s’enchaînent mais ne se ressemblent pas ! Pour souligner les 50 ans de l’Association coopérative de productions audio-visuelles (ACPAV), nous présentons plusieurs longs métrages et un programme de courts afin de mesurer la place exceptionnelle occupée par cette organisation au sein de la cinématographie québécoise. Plusieurs cinéastes ayant contribué à leur vaste catalogue viendront présenter leurs films et parfois ceux des autres! D’André Forcier à Benoit Pilon, de Brigitte Sauriol à Pierre Falardeau, en passant par Léa Pool et Paul Tana (pour n’en nommer que quelques uns), l’histoire du cinéma au Québec s’écrit avec l’ACPAV depuis maintenant cinq décennies.
La Cinémathèque québécoise est heureuse de s’associer avec Éléphant : mémoire du cinéma québécois, afin de diffuser, chaque mois, sur grand écran, une œuvre restaurée tirée de son répertoire de films.
EN PRÉSENCE DU RÉALISATEUR
Angle Saint-Denis et Rachel, la plus belle terrasse de l'est de Montréal, l'endroit idéal pour faire un festin délirant qui fait éclater toutes les tensions qui traversent un milieu marginal.
L'eau chaude l'eau frette est une poésie de la cruauté, une célébration de l'anarchie ou amis et ennemis se trouvent attablés dans un bar de Saint-Denis en l'honneur du quarante-troisième anniversaire de Polo. Chacun, profitant de cette grande réunion pour régler ses comptes et laver son linge sale en public.

André Forcier
André Forcier est un réalisateur et scénariste québécois. Son œuvre, que plusieurs rattachent au réalisme magique sud-américain par les éléments de fantaisie qu'elle contient, est pourtant fortement ancrée dans la réalité du Québec. On y voit justement un des seuls liens existant actuellement entre la culture orale du Québec populaire et le cinéma québécois. Contrairement à Pierre Perrault qui observe les manières, la façon, les paroles d'un Québec fier, indépendant et profondément rural pour les anoblir, Forcier accepte la « bâtardisation » nord-américaine de sa société, tout en soulignant la vivacité de l'imagination populaire. Le cinéma d'André Forcier jouit d'une reconnaissance avantageuse tant au Canada qu'à l'étranger. Pionnier, il fut le premier cinéaste canadien à faire l'objet d'une rétrospective à la Cinémathèque française (1987). En 2003, il se voit décerner le prix Albert-Tessier, la plus haute distinction québécoise pour l'ensemble de son oeuvre. En mars 2010, le Prix du Gouverneur Général du Canada, consécration ultime en arts médiatiques au pays, lui était attribué. Le parcours exceptionnel d'André Forcier a été salué par le Prix Iris-Hommage de Québec Cinéma pour ses 50 ans de carrière (2018) et par la Louve d'honneur du Festival du Nouveau Cinéma pour l’ensemble de son oeuvre (2019). En 2024, Ababouiné a brillamment clôturé le Festival Fantasia, où Forcier a été honoré à la fois par un prix hommage pour l'ensemble de sa carrière et par le prix du public. Cette reconnaissance s'est confirmée aux Percéides en Gaspésie, où il a de nouveau été couronné pour l'ensemble de son œuvre et où Ababouiné a remporté le prix du public, témoignant de son statut de figure emblématique du cinéma québécois.







