Les smattes
Ce court cycle revient sur un moment particulier de l’histoire québécoise en réunissant trois films qui sont presque les seuls à l’avoir abordé : la fermeture forcée de villages gaspésiens au début des années 1970, dans le cadre du plan de développement du territoire du Bureau d’aménagement de l’Est du Québec (BAEQ), et à laquelle s’opposeront les « Opérations dignité ». Côté documentaire, le retour au présent sur ces lieux fantomatiques dans Terres fantômes de Félix Lamarche dialogue avec le témoignage pris sur le vif par Marcel Carrière dans Chez nous, c’est chez nous. Côté fiction, Les smattes de Jean-Claude Labrecque s’ancre dans ce traumatisme pour raconter une histoire d’exil, géographique et mental.
Présenté à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes en 1972
Deux Gaspésiens se dressent contre la loi pour faire valoir leurs droits.

Jean-Claude Labrecque
Jean-Claude Labrecque a suivi une formation d'assistant en photographie à l'ONF. En tant que directeur de la photographie, il a tourné nombre des premiers films clés de Claude Jutra (À tout prendre), Michel Brault (Entre la mer et l'eau douce), Gilles Carle (La vie heureuse de Léopold Z), Gilles Groulx (Le chat dans le sac) et Don Owen (The Ernie Game). Il a quitté l'ONF en 1967 pour créer sa propre société de production, bien qu'il ait continué à travailler à son compte avec l'ONF. Au cours de sa longue carrière, ses intérêts se sont concentrés sur des sujets de préoccupation pour le peuple québécois, qu'ils soient sportifs, culturels ou politiques. Parmi ses films les plus connus, citons La visite du général de Gaulle au Québec, les Jeux de la XXIe Olympiade et son second long métrage, Les vautours, une méditation personnelle éloquente et charmante sur la naissance d’une génération considérée par la critique comme son meilleur film. Il a aussi été caméraman pour Bernard Émond dans des films acclamés par la critique comme La femme qui boit, La neuvaine et Contre toute espérance. Parmi ses nombreuses récompenses et citations, il a remporté deux prix du film canadien, en 1964 et 1970, et le prix Jutra du meilleur documentaire en 2003.
Photo : Collections de la Cinémathèque québécoise





