Les yeux sans visage
Le cinéma est un écran sur lequel projeter sans fard ses peurs, ses hantises et la monstruosité du monde. L’écran nous protège de ce qu’on y voit, mais le cinéma a aussi durablement ancré nos cauchemars autour de quelques images fortes (maisons vidées, greniers et sous-sols hostiles, masques démoniaques, grimaces à glacer le sang, postures inquiétantes). La Cinémathèque québécoise proposera tout au long de l’été un cycle traversant plus de cent vingt ans d’horreur, nous rappelant à quel point ce qui fait frémir le plus consiste à rendre concrètes, palpables et crédibles nos craintes les plus enfouies.
Un chirurgien tente de redonner un visage à sa fille, défigurée dans un grave accident. Son obsession l'entraine vers des moyens criminels. Le deuxième long métrage de Franju demeure son plus célèbre.

Georges Franju
Georges Franju est un réalisateur français. Il signe un premier court métrage, Le métro, avec Henri Langlois en 1935. Avec lui, il participe aussi l'année suivante à la création de la Cinémathèque française, bénéficiant du soutien de Paul-Auguste Harlé. Il devient en 1938 secrétaire exécutif de la Fédération internationale des archives du film (FIAF). Après la Seconde Guerre mondiale, Franju se fait connaître avec des courts métrages documentaires, d'un réalisme sans concession, mais avec de courts passages surréalistes et poétiques, comme Le sang des bêtes sur le monde des abattoirs, En passant par la Lorraine sur les aciéries mosellanes, et Hôtel des invalides sur l'absurdité de la guerre. On retrouve aussi ce style de mise en scène froid et cette poésie un peu fantastique dans ses longs métrages comme La tête contre les murs (1958), qui se déroule dans un asile psychiatrique, ou son chef-d'œuvre Les yeux sans visage (1960), authentique film d'horreur dont certaines scènes annoncent le cinéma gore. En 1963, dans Judex, il affiche son penchant pour l'insolite et affirme son goût d'une mise en scène expressionniste. Il adapte aussi Thérèse Desqueyroux (1962) de François Mauriac et La faute de l'abbé Mouret (1970) d'Émile Zola.






