My Country, My Country
En marge de l'exposition de Forensic Architecture et de Laura Poitras présentée au Musée d'art contemporain (Contagion de la terreur), ainsi qu'en complément au 14e colloque Max et Iris Stern (12 et 13 mars), nous proposons ce cycle de films consacré à l'oeuvre documentaire de Laura Poitras, oscarisée en 2015. Son cinéma, intensément actuel, est particulièrement préoccupé de nouvelles modalités contemporaines de surveillance globale.
Travaillant seule en Irak pendant huit mois, la réalisatrice/cinéaste Laura Poitras crée un portrait extraordinairement intime des Irakiens vivant sous l'occupation américaine. Elle s'intéresse principalement au docteur Riyadh, médecin irakien, père de six enfants et candidat politique sunnite. Critique franc de l'occupation, il est tout aussi passionné par la nécessité d'instaurer la démocratie en Irak, soutenant que la participation des sunnites aux élections de janvier 2005 est essentielle. Pourtant, tout autour de lui, le Dr Riyadh ne voit que le chaos, sa salle d'attente se remplissant chaque jour de patients souffrant des effets physiques et mentaux d'une violence toujours plus grande

Laura Poitras
Après une enfance dans le Massachusetts et des études de cuisine gastronomique, Laura Poitras abandonne cette première vocation pour s’installer en Californie et s’inscrire au San Francisco Art Institute, où elle suit notamment les cours du cinéaste expérimental Ernie Gehr. Elle part ensuite pour New-York et commence à réaliser des documentaires politiquement engagés. My Country, My Country, qui porte sur l’occupation américaine en Irak, lui vaut dès 2006 d’être inscrite sur la liste de surveillance du Département de la Sécurité intérieure des États-Unis. Elle agit également à titre de journaliste indépendante et crée en 2012 une fondation pour la liberté de la presse avec le journaliste Glenn Greenwald. C’est avec ce dernier qu’elle recueille par la suite les révélations du lanceur d’alerte Edward Snowden sur la surveillance mondiale de la National Security Agency. Poitras en tire son film le plus célèbre, Citizenfour, qui obtient l’Oscar du meilleur documentaire en 2014.

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« Sans commentaire mais avec une sensibilité inhabituelle, Mme Poitras expose le bilan émotionnel de l'occupation sur les Irakiens comme sur les soldats américains. En fouinant dans les quartiers jonchés de décombres et en regardant à travers les barbelés les prisonniers d'Abu Ghraib, Mme Poitras et sa caméra trouvent peu de raisons de se réjouir. "Mon pays, mon pays" peut sembler strictement observationnel, mais ses images et sa structure remettent inévitablement en question la légitimité de la démocratie sous la menace d'une arme, nous laissant le sentiment que cette mission particulière est loin d'être accomplie. »
(New York Times, 2006, Traduction libre)

My country, my country (Laura Poitras)





