Ty-Peupe
Les deux premiers films de Fernand Bélanger ont en commun de méditer sur notre société à travers une démarche hybride et exploratoire, empreinte de liberté. Nous les présentons en collaboration avec La Chapelle Scènes Contemporaines, à l’occasion de leur nouveau spectacle performatif, Tsishow, dont les auteurs Xavier Goulet et Benjamin Therrien citent Fernand Bélanger parmi leurs inspirations directes.
Précédé du court métrage Ti-coeur
Images d'amour et de liberté personnifiées par un adepte des voyages qui a fait profession de ne rien faire et qui se heurte constamment aux structures d'une société qu'il rejette.

Deux jeunes gens farfelus et idéalistes se cherchent du travail. Ils découvrent la société dans laquelle ils vivent. Pour eux, qui croient à la liberté, aux êtres qui s’aiment, qui se parlent et s’entendent, le monde qu’ils explorent n’a rien qui corresponde à leurs valeurs. Ils errent dans cet univers matérialiste dans lequel ils se sentent parfaitement étrangers. Ty-Peupe, avec des images d’une grande éloquence, exprime le sens profond de la liberté et de l’idéal de la jeunesse, dans un contexte de contre-culture du début des années 1970.
Affiche du film, gracieuseté de Films du Québec

Fernand Bélanger
Né en 1943 à Rivière-du-Loup, Fernand Bélanger est un cinéaste expérimental qui allie la fiction, le documentaire et les techniques d’animation. Entre 1969 et 1985, il réalise sept films pour l’Office national du film (ONF). Dans le cadre du programme Premières œuvres, il réalise le court métrage Ti-cœur (1969), un portrait de Montréal aux allures de road movie qui mêle réalité et fiction. Accompagné d’une bande sonore par Claude Dubois, le film comporte de l’improvisation et fait appel à plusieurs comédien·ne·s. Son long métrage dramatique Ty-Peupe (1971) met en scène deux jeunes qui cherchent du travail dans une société qui ne correspond pas à leurs valeurs. Une nouvelle fois, le film brouille la frontière entre réalité et fiction alors que les comédiens interagissent avec les gens ordinaires. Pour le documentaire De la tourbe et du restant (1979), Bélanger décide de peindre et d’animer à la main ses intertitres directement sur le film, une technique qui enrichira ses œuvres subséquentes. Il réalise ensuite L’émotion dissonante (1984), L’après-cours (1984) et Love Addict (Offenbach) (1985), un hommage au légendaire groupe rock québécois auquel vient s’ajouter le travail d’animation de Pierre Hébert. Il termine son passage à l’ONF avec Passiflora (1985) qui brosse un portrait expérimental de l’altérité à Montréal. À l’extérieur de l’ONF, Fernand Bélanger réalise quelques films, dont le documentaire Le trésor archange (1996) et un court métrage d’animation, Après le déluge (2003).
Photo : Alain Gauthier | Collections de la Cinémathèque québécoise







