
Parmi les recommandations qui sont ressorties de ces assises et sur lesquelles nous nous sommes penchés au CAC était celle d’une nécessaire pérennité des actions et expériences révélées au cours de ces Rencontres. Nous avons alors décidé de procéder, dans les meilleurs délais qui nous étaient impartis, à la publication de quatre cahiers qui allaient rappeler les grandes lignes ressortant de ces journées. Nous y avons repris les quatre éléments susceptibles de servir d’outil à l’organisation de rencontres subséquentes afin d’en assurer la cohérence. Le Conseil des Arts du Canada, le Ministère des Affaires Culturelles du Québec, l’Office du Film du Québec, l’Agence canadienne de Développement International (ACDI) et l’UNESCO y ont apporté une contribution financière importante. La publication avait en outre été réalisée en collaboration avec l’agence de Presse Libre du Québec.
Les quatre cahiers des Rencontres sont publiés dans ce dossier aux formats HTML et/ou PDF. Les documents originaux sont également disponibles pour consultation à la Médiathèque Guy-L. Coté : Comité d’action cinématographique (Québec), Cahiers des Rencontres internationales pour un nouveau cinéma, Montréal, 1975, 4 vol. Bibliogr.; Ill. Cote PN 1993.4 R39.
Pourquoi des rencontres internationales ?
« Le troisième cinéma, c’est pour nous celui qui reconnaît dans la lutte anti-impérialiste des peuples du Tiers-Monde et de leurs équivalents dans les métropoles, la plus gigantesque manifestation culturelle, scientifique et artistique de notre époque, la grande possibilité de construire, à partir de chaque peuple, une personnalité libérée; la décolonisation de la culture. » -Octavio Getino et Fernando Solanas, « Vers un troisième cinéma », Tricontinental, no 3, 1969.
Perspectives historiques
Nous sommes à un point tournant dans l’histoire du cinéma. À 75 ans le cinéma vient de prendre conscience de son rôle véritable dans le contexte politique contemporain. Cette prise de conscience s’est tout d’abord manifestée par une remise en question des structures du cinéma traditionnel (États généraux français de 68). Avec l’entrée dans l’arène des cinématographies nationales (en particulier celles des petits pays producteurs et des pays du Tiers-Monde), l’hégémonie des grandes cinématographies capitalistes se retrouve confrontée à une réalité nouvelle: celle d’un cinéma en transformation qui se doit de mettre au point une praxis qui lui assure une continuité.
Un clivage fondamental s’est donc installé/confirmé dans le cinéma de nos pays respectifs. Un peu partout, un type d’institutionnalisation, combiné avec le jeu des intérêts financiers et artistiques, a fini par imposer une pratique cinématographique à l’opposé de nos aspirations fondamentales. À l’opposé donc d’un véritable cinéma libérateur et national.
Ce clivage oppose un cinéma de « décolonisation » de formes diverses, à un cinéma de la plus-value, à un cinéma objet de consommation. Cette reconstruction est à la base de l’édification de cinématographies nationales authentiques. C’est une démarche qui implique la recherche et la création de moyens qui puissent assurer la continuité de cette lutte; une démarche qui puisse en même temps coïncider avec celle d’un développement véritablement national et populaire.
Il s’agissait dans un premier temps de décloisonner le cinéma, d’identifier certaines réalités et travailler dans une praxis nouvelle. Décloisonner peut aussi vouloir dire démystifier le cinéma comme produit culturel et mercantile.
Cinéastes et techniciens progressistes ont parfois obtenu des moyens de produire: maisons de production, équipement moderne, techniciens formés, etc., sans que cela permette pour autant de créer un outil de participation aux luttes de libération populaire: tout au plus quelques-uns ont-ils réussi à témoigner de certaines de leurs réalités nationales et parfois à prendre conscience du sens de la lutte. Mais il ne faut pas se leurrer: quelles que soient nos options politiques (toutes progressistes qu’elles soient), nous pratiquons ce métier dans une économie de marché. Il faut donc bâtir une stratégie possible, à l’intérieur du contexte dans lequel nous devons travailler, afin d’établir cette continuité.
Déclaration d’intention
Au plan politico-culturel, et compte tenu de la situation géographique du Québec, il nous apparaît important de confronter nos expériences avec ceux qui œuvrent ailleurs dans la même perspective. De reconsidérer les rapports qui composent les structures cinématographiques traditionnelles auxquelles nous nous heurtons. De voir plus résolument si nous pouvons élaborer ensemble des mécanismes transitoires vers une SOCIALISATION du cinéma. Si oui ou non l’alternative Tiers-Cinéma est possible dans cette perspective de changement. Car en dehors d’une telle attitude « transitoire», il nous faudra peut-être abandonner l’espoir d’une transformation PROFONDE et DURABLE du cinéma. Nous n’aurons plus alors qu’à choisir entre l’opposition permanente (revendication, contestation) et/ou une gestation des affaires du cinéma capitaliste.
Comme tâche prioritaire, les Rencontres se donneront donc ce premier pas comparatif qui seul nous empêchera de retomber dans le piège du respect suicidaire des institutions qui assurent la stabilité du système cinématographique existant, qui entravent sa transformation en empêchant l’existence d’un Autre Cinéma.
Il ne faudrait pas non plus que des oppositions viennent à se former à cause de nos rapports de force politiques différents, et ceci au profit d’un certain dogmatisme. Nous proposons plutôt d’utiliser les contradictions du système capitaliste de cinéma comme une marge de manœuvre dans nos relations avec ce système. Face à cette option de base, les Rencontres ne veulent fermer la porte à quelqu’expérience que ce soit. Nous voudrions que les Rencontres soient l’indispensable comparaison de la structure des régimes en place, des situations léguées par les structures existantes, mais qui restent tendues vers un objectif commun.
Essentiellement il s’agit moins pour nous de former dès maintenant une troisième force cinématographique (sorte d’internationale des nouvelles cinématographies unies dans la diversité) que d’assurer un dialogue essentiel, stimuler et rendre cohérentes nos stratégies.
La difficulté du mouvement qui se dessine appelle un effort pour préciser et renforcer nos moyens d’action pour un cinéma qui a un rôle à jouer dans le processus historique que nous affrontons.
« Le seul moyen de réaliser un projet non standard c’est de créer des conditions non standards et de présenter des exigences non standards pour le scénario, le tournage, le montage et tout ce qui concerne la création, la technique et l’organisation. » -Dziga Vertov
« Exiger un art politique… pour des raisons politiques. » -Bertolt Brecht
Ateliers
(information de base pour les présentateurs de communications)
Les ateliers comprendront des exposés faits par les représentants de différents groupes ayant mené une/des expériences(s) plus près des préoccupations évoquées ci-après. Ces communications seront suivies d’un débat avec les autres participants et devront faire (en tant que cela sera possible) l’objet d’une résolution pratique.
À cette fin nous avons préparé un cahier-arguments que nous vous proposons comme hypothèse de travail pour la préparation de vos communications. Nous avons choisi d’aborder les grands thèmes (production, distribution, exploitation) par le biais de propositions qui pourraient remettre en question les méthodes existantes, qui sont la cheville d’opération d’un type de cinéma industriel.
Comment les films sont montrés
Ouvrir un débat sur la projection des films, c’est vouloir réexaminer les conditions de présentation actuelles des films. C’est du même coup tenter de redéfinir le concept de la salle de cinéma et la « pratique » qui s’y rattache.
- Comment transformer la salle de cinéma? Le nouveau cinéma devra-t-il toujours être assujetti aux mécanismes d’exploitation traditionnels?
- Quelles ont été les différentes expériences tentées à ce jour? Comment se chiffrent-elles sur le plan efficacité?
- Faut-il compter sur les réseaux de diffusion actuels ou en créer de nouveaux ou encore s’appuyer sur d’autres réseaux existants?
- Comment démystifier cet aspect du processus cinématographique?
- Faut-il prévoir des salles-forums? Travailler à partir de projections-événements?
- Cette remise en cause de la « salle » de cinéma pose également la question de la responsabilité du cinéaste face à son film et face au public.
Le rapport actuel implique obligatoirement le distributeur/exploitant. Ce rapport est actuellement en sens unique. Rarement la communication se fait-elle vers le cinéaste ou du cinéaste vers le public. Le dialogue, si dialogue il y a, est strictement d’ordre mercantile. Le public paie mais n’a aucun contrôle. II est « consommateur ». Pour sa part le cinéaste se voit limité à un rôle de « créateur ». Le triangle est tronqué à sa base même, puisque le lien essentiel public/cinéaste ne s’établit pas ou s’il s’établit ce n’est qu’artificiellement par l’intermédiaire du distributeur, par le biais d’un processus finalement mystificateur.

Participation de la base
- Comment envisager la participation du public face au cinéma? Comment concevoir notre travail avec les organisations de base: syndicats, comités de citoyens, coopératives, etc.? Comment coordonner collectivement nos besoins? Quels sont les secteurs (syndicats, enseignement, organisations de base, éducation populaire, etc.) qui favoriseraient un regroupement sur le plan d’une certaine continuité de la production?
- Est-il possible de considérer cette base comme cheville ou axe d’opération pour un Autre Cinéma?
- Plusieurs expériences en cours peuvent permettre l’élaboration d’une amorce de solution sur ce plan. Du moins s’agirait-il d’une véritable base de production.
- Il faudrait aussi prendre en considération, sur ce plan, le rôle que peuvent jouer les « télévisions » sous leurs formes diverses (grandes chaînes libérales, réseaux libres, TV éducative, etc.).
Face aux cinématographies du Tiers-Monde
Plusieurs questions pratiques peuvent être soulevées par rapport aux films et aux cinéastes du Tiers-Monde. Cependant, il ne s’agit pas ici de particulariser ces questions, mais bien de voir quels prolongements elles ont sur notre propre situation. De voir dans quelles mesures, certaines cinématographies occidentales sont elles-mêmes dans une situation tiers-mondique.
- Quelles sont les questions qui se posent de façon constantes et quelles sont les solutions pratiques qu’elles commandent le plus explicitement?
- Par exemple, comment aborder la question des cinéastes exilés, qui doivent continuer à travailler et à témoigner de leurs luttes nationales contre les fascismes ou les régimes en place? Quels mécanismes pourrait-on prévoir, qui permettrait à ces cinéastes de continuer à pratiquer leur métier?
- Comment, d’autre part, contrecarrer la grille « économico-culturelle » qui empêche certains films d’être « rentables »?
- Comment les pays du Tiers-Monde peuvent-ils utiliser certains films produits dans les pays occidentaux et qui traitent de cette option fondamentale?
- Dans quelle mesure peut-on utiliser avec plus de cohésion les contradictions de nos pays respectifs, afin de nous donner une marge de manœuvre qui nous permettrait une plus grande efficacité sur ce plan à plus ou moins court terme?
- En un mot, il s’agirait de voir ici dans quelle mesure nous pouvons accroître, tant sur le plan de la diffusion que sur celui de la production, notre collaboration réciproque?
- Finalement il s’agirait ici de poursuivre le débat ouvert à Alger en décembre dernier, et de continuer le travail pratique qui a pu se dégager de cette première rencontre.
Circulation des copies
Remettre en question ces divers aspects de la pratique cinématographique traditionnelle nous amènera inévitablement à poser des questions d’ordre plus pratique.
- Comment, par exemple, les mécanismes que nous pourrions élaborer remettent-ils en question la distribution « classique »? Quels sont les problèmes immédiats qui vont se poser sur le plan d’échange des copies?
- Peut-on « échanger » des copies au lieu de les « acheter » de la façon traditionnelle? Comment peut-on contourner/utiliser les barrières légalisto-tarifaires des douanes sur ce plan?
- Comment face à cette option garantir une certaine efficacité financière pour les cinéastes producteurs?
- Comment les groupes peuvent-ils agir comme représentant ou agent avec les organismes en place afin d’assurer une utilisation/rentabilité maximum des films? Quel rôle peut jouer la télévision à ce niveau? En d’autres termes quels sont les mécanismes divers déjà en place ou déjà expérimentés, que l’on peut utiliser ou du moins coordonner afin d’assurer aux expériences en cours une certaine continuité elle-même constamment remise en question?
- Comment la reprise en main de la diffusion peut-elle assurer une alternative réelle sur le plan économique?
Cinéma comme outil de transformation/ intervention sociale
- Comment les expériences actuelles se comparent-elles?
- Quelles sont les limites de ce type de pratique cinématographique?
- Dans quelle mesure les structures de soutien de ces expériences (tant sur la plan de la production que sur celui de la diffusion) peuvent-elles servir de marge de manœuvre pour la permanence d’autres pratiques en cours?
- Cet atelier sera présenté par le groupe Société nouvelle/Challenge for Change de l’Office national du film du Canada. Il présentera des communications par différents groupes quelque peu identiques.
Questionnaire répertoire de la FEPACI
Camarades,
Sur proposition du groupe de la FEPACI (Fédération panafricaine des cinéastes – B.P. 18I4 – Dakar — Sénégal.), les Rencontres internationales pour un nouveau cinéma vous prient de remplir soigneusement et le plus complètement possible la fiche signalétique ci-jointe.
Cette fiche sera compilée avec les autres, et fera l’objet d’une publication subséquente.
Merci.
FEPACI
Fiche signalétique des « groupes » participants
- Dénomination et sigle du groupe.
- Adresse complète pour la correspondance (adresse télégraphique; no. de Télex; no. de téléphone).
- Langues de travail/3bis – langues admises pour la correspondance avec l’étranger.
- Liste des principaux responsables (indiquer nom et prénom; qualité/profession ou responsabilité dans le groupe; adresse et téléphone personnels pour contact urgent, invitation, envoi de billets d’avion prepaid, etc.).
- Rappel résumé des objectifs du groupe.
- Principales activités (départements, services ou subdivisions avec description éventuelle, succincte, de chaque secteur d’activité et rappel du NOM de son responsable principal).
- Principaux films produits par le groupe et éventuellement disponible pour la vente(v), la remise en distribution (d), la location (l) ou l’échange (e) aux/avec d’autres groupes de cinéma alternatifs (indiquer le titre du film, son réalisateur, son métrage ou sa durée, son format, sa couleur et sa langue originale, ainsi que son genre, documentaire, reportage ou fiction et son sujet); s’il s’agit de plus de 5 films, établir une liste séparée et la joindre à cette fiche signalétique du groupe.
- Principaux films acquis par le groupe, et actuellement distribués ou diffusés par ses soins, sur un plan national (n) ou international (i) au cinéma seulement (c) ou au cinéma et à la télévision (ctv) (pour chaque titre donner les mêmes indications demandées en 7e ci-dessous et ajouter la nationalité du film et la société ou le groupe qui l’a fourni par vente, mise en distribution, location ou échange).
- Quelles sont les principales difficultés – autres que juridiques ou particulières au pays – rencontrées par le groupe.
- À la lumière de son expérience propre, que souhaiterait le groupe – en termes de solidarité objective, de meilleure coordination des efforts, et de méthodes de collaboration estimées plus efficientes – de la part des autres groupes éventuellement partenaires et des cinéastes (réalisateurs, producteurs, distributeurs de leurs propres films, comme c’est souvent le cas en Afrique par exemple). En général.
- En considérant que l’élaboration précise et l’échange immédiat des présentes fiches signalétiques constituent une réalisation concrète et évidemment utile de ces Rencontres internationales pour un nouveau cinéma, quelles sont plus précisément les propositions concrètes que le groupe souhaiterait voir retenues par ces rencontres et comment pense-t-il que les groupes ou cinéastes participants pourraient immédiatement les mettre en œuvre ou au moins jeter les bases de leur réalisation progressive.
- Autres remarques éventuelles du groupe:
a) à l’adresse des Rencontres elles-mêmes (ou de tout autre rassemblement similaire à venir).
b) à l’adresse de chacun des autres groupes ou cinéastes-participants en général.
P.S. PAR CAC MTL
L’information recueillie à travers ce questionnaire formera la base d’une publication informative sur les groupes participants aux Rencontres et autres groupes travaillant dans les mêmes perspectives et qui formera la documentation de base en vue d’une publication des rencontres…
Comité du cinéma du Tiers-Monde
A l’occasion des Rencontres internationales pour un nouveau cinéma qui se sont déroulées à Montréal (Canada) du 2 au 8 juin 1974, les cinéastes du Tiers-Monde présents réaffirment leur résolution d’œuvrer à la constitution d’un front cinématographique anti-impérialiste au niveau du Tiers-Monde.
SOUHAITENT l’élargissement de ce front à toutes les forces cinématographiques progressistes actuellement en lutte dans le reste du monde contre le système cinématographique monopoliste de type capitaliste.
Pour ce fait, ils rappellent les principales résolutions adoptées par les cinéastes du Tiers-Monde à Alger en décembre 1973 et à Buenos Aires en mai 1974.
- 1Constitution d’un comité du cinéma Tiers-Monde avec pour siège Alger.
- 2Création d’un bulletin permanent d’information et de liaison.
- 3Constitution d’un catalogue de films du Tiers-Monde.
- 4Création de la Fédération latino-américaine des cinéastes (FELACI) à l’instar de la FEPACI, Fédération panafricaine des cinéastes.
- 5Promotion des échanges de la diffusion des films du Tiers-Monde.
SUGGÈRENT que le Comité d’action cinématographique du Québec, qui a (…) progressistes, luttant à l’intérieur de systèmes dominants (ouest-européens et nord-américains) en une ou plusieurs fédérations représentatives qui constitueront les partenaires des fédérations du Tiers-Monde pour la concrétisation du front cinématographique anti-impérialiste dans le monde.
SUGGÈRENT que le Comité d’action cinématographique du Québec, qui a permis la réalisation de cette rencontre, continue son œuvre en créant un Bureau permanent de liaison et d’information entre les cinéastes progressistes des pays occidentaux et leurs collègues du Tiers-Monde.
Ce bureau aurait pour tâches: + de regrouper les informations émanant des cinéastes progressistes des pays occidentaux et de les diffuser, par le biais d’un bulletin régulier; + de promouvoir l’échange, la distribution et la diffusion de films de cinéastes progressistes d’Europe et d’Amérique du Nord et des cinéastes du Tiers-Monde.
SOUHAITENT, comme base concrète de départ, que des accords effectifs soient passés dans l’immédiat entre les groupes de distribution et les cinéastes présents à Montréal pour l’acquisition et la distribution des films projetés au cours de cette manifestation.
SOUHAITENT la tenue régulière de rencontres similaires réunissant le plus grand nombre de cinéastes et de groupes de cinéastes progressistes du monde entier.
Comité des cinéastes latino-américains
Les cinéastes latino-américains réunis à l’occasion des Rencontres internationales pour un nouveau cinéma, réalisées à Montréal du 2 au 8 juin 1974.
Considérant:
- la similitude des conditions de travail dans lesquelles évoluent les cinéastes d’Amérique latine et les limites qui leur sont imposées par le néo-colonialisme et l’impérialisme.
- l’identité de points de vue pour la décolonisation culturelle, qui est une condition nécessaire pour la libération totale de nos peuples.
- concrétisant les aspirations communes proposées aux rencontres de Vina del Mar (Chili) (1967 et 1969), Merida (Venezuela) (1968), Alger (Algérie) (1973) et Buenos Aires (Argentine) (1974).
Décident:
- créer une organisation qui regroupe les cinéastes d’Amérique latine dans le but d’unifier les forces à travers une structure de défense des films à tous les niveaux et aussi de contribuer au développement du cinéma latino-américain qui s’est aligné sur les luttes du peuple pour sa libération.
- l’association des cinéastes latino-américains veut être un organisme ouvert à tous les cinéastes qui se déclarent, à travers leurs œuvres, pour un cinéma anti-impérialiste et libre de toute dépendance culturelle.
Objectifs fondamentaux:
- 1Représenter les cinéastes latino-américains.
- 2Promouvoir, permettre et collaborer à l’organisation de rencontres des cinéastes avec projections des films latino-américains, de manière périodique.
- 3Intervenir dans les conflits des cinéastes avec les organismes producteurs et distributeurs nationaux et étrangers sur la demande des membres de l’association.
- 4Assurer la défense des personnes membres quand elles souffrent de répression, d’emprisonnement et de persécution.
- 5Planifier la diffusion ininterrompue des films latino-américains dans tous et chacun des pays du continent et du Tiers-Monde.
- 6Centraliser, coordonner et diffuser l’information sur les activités du mouvement cinématographique latino-américain et des autres pays du monde qui sont en situation de dépendance ou qui en sont à leurs débuts ainsi que les pays qui ont la même problématique cinématographique que les Latino-Américains.
- 7Promouvoir le financement et mettre en contact les cinéastes qui ont des fonds de production.
- 8Participer, à la demande des cinéastes, aux accords de production et de distribution afin de garantir le respect de l’intégrité des films et de leur diffusion.
- 9Fixer des critères communs pour la commercialisation des films latino-américains sur les divers marchés.
- 10Fixer une politique culturelle commune en ce qui concerne la participation du cinéma latino-américain dans les festivals cinématographiques qui existent dans le monde.
- 11Établir des relations avec les organismes cinématographiques internationaux à caractère culturel ou professionnel.
Résolution:
Constituer une commission provisoire dans le but de coordonner la réalisation d’une assemblée latino-américaine qui devrait avoir lieu au cours de l’année 1974 avec comme objectif la concrétisation de l’organisation définitive de l’association.
L’association des cinéastes latino-américains qui désirent la diffusion de films, l’unité des hommes qui sont pour un cinéma engagé et le développement d’un cinéma qui soit un authentique instrument de vérité et de libération fait un appel à tous les cinéastes d’Amérique latine qui pensent qu’il n’y a pas lieu ni raison pour un cinéma qui serait en dehors de la lutte de libération anti-impérialiste des peuples latino-américains.
Signataires:
Carlos Carillo (Mexico), Julio Garcia Espinosa (Cuba). Jorge Giannoni (Argentine), Walter Achugar (Uruguay), Carlos Alvarez (Colombie), Alfonso Beato (Brésil), Carlos Gonzalez (Mexique), Miguel I.ittin (Chili), Sergio Olhovrich (Mexique), Edgardo Pallero (Argentine), Dario Pulgar (Chili), Humberto Rios (Argentine), Femado Solanas (Argentine), Francisco Leon (Cuba), Cosme Alves Netto (Brésil), Jorge Sanjinés (Bolivie), Fédérico Garcia (Pérou), Juan Aranibar (Pérou), Pedro Rivera (Panama). Modesto Tunon (Panama), Maria Arrieta (Bolivie), Carlos Rebelledo (Venezuela), Mario Handler (Uruguay), Diego de la Tejata (Puerto-Rico), Manuel Perez (Cuba), Sergio Muniz (Brésil), Pedro Chaskel (Chili).
Résolution des travailleurs du cinéma des États-Unis
À la suite de la suggestion faite par les représentants du Comité du cinéma du Tiers-Monde, les travailleurs du cinéma progressiste des États-Unis impliqués dans le domaine de la production, de la distribution, de l’exhibition et de la critique de films, se sont rencontrés afin de discuter de la façon et des moyens à prendre afin de se joindre au mouvement mondial vers un cinéma progressiste, et plus spécifiquement afin d’examiner les moyens à prendre dans le but d’établir les meilleures relations possibles avec les autres organisations existantes, particulièrement celles du Tiers-Monde telles la FEPACI et la CELACI et le Comité du cinéma du Tiers-Monde. Nous en sommes donc arrivés aux conclusions suivantes:
Premièrement:
Les participants américains aux Rencontres internationales pour un nouveau cinéma ne constituaient pas un groupe suffisamment représentatif du mouvement du cinéma progressiste aux États-Unis. Ce mouvement est réparti à travers un pays de 230 millions d’habitants; il comporte, d’autre part, des divergences importantes sur le plan des options, des priorités et de l’idéologie qui, en somme, reflètent la situation politique plus générale de notre pays. Nous sommes conscients de ces limites et des difficultés auxquelles nous devons faire face afin de créer une organisation comparable à celles de nos camarades dans le Tiers-Monde.
Deuxièmement:
Nous avons décidé de tenir des assemblées régionales préparatoires à New York et à San Francisco dans le but de discuter des objectifs d’un congrès national qui pourrait se tenir au printemps de 1975. En général il a été convenu que ce congrès devrait analyser les différents secteurs du travail cinématographique aux États-Unis. Les thèmes théoriques et idéologiques discutés devraient contribuer à un premier consensus de base et finalement le congrès devrait pouvoir évaluer les possibilités concrètes en vue de la constitution d’une organisation ou fédération des travailleurs progressistes du cinéma aux États-Unis.
Troisièmement:
Nous reconnaissons l’importance de la diffusion du cinéma progressiste du Tiers-Monde aux États-Unis et nous nous engageons à travailler en collaboration avec les organismes existants et déjà actifs dans ce domaine: Tricontinental Film Center, Third World Newsreel, etc. afin de produire des versions anglaises, de distribuer et de projeter le cinéma du Tiers-Monde aux États-Unis dans le cadre d’un travail plus général d’éducation du public américain sur le plan de la culture et des situations politiques du Tiers-Monde. Nous reconnaissons notre responsabilité spécifique envers les cinéastes du Tiers-Monde en vue de créer les conditions qui empêchent que leurs films ne soient relégués dans les circuits marginaux. Afin qu’ils puissent aussi être montrés le plus largement possible d’une façon qui permette de pourvoir financièrement à la continuité de leur travail.
Quatrièmement:
Nous nous engageons à travailler dans le but d’assurer la diffusion du cinéma progressiste, socialement engagé aux États-Unis, particulièrement le cinéma fait par et à propos des ressortissants du Tiers-Monde aux États-Unis (Afro-Américains, Chicanos, Asiatico-Américains, Amérindiens etc.) dans les pays du Tiers-Monde et dans les nations industrielles avancées d’Europe et d’ailleurs.
Document de travail du comité provisoire de coordination des travailleurs du cinéma des pays européens et du Québec
Introduction
On le sait, les structures dominantes de diffusion du cinéma sécrètent des formes multiples et insidieuses de censure: qu’elle soit d’ordre moral, politique ou économique, il s’agit le plus souvent de faire obstacle à un cinéma qui propose une conception du monde antagoniste avec celle de la bourgeoisie. Surtout quand il incite à la lutte pour une transformation révolutionnaire des rapports sociaux.
Dans cette situation il s’agit pour nous de construire une alternative pour:
- 1Permettre à ce nouveau cinéma d’être vu et de remplir sa fonction.
- 2Assurer aux producteurs de ces films la possibilité économique de poursuivre un travail politique avec le cinéma.
Dans cette perspective nos tâches sont les suivantes:
- Répondre à une demande de plus en plus large pour un cinéma proche de la réalité et qui rende compte des aspirations et des luttes populaires.
- Développer et structurer un réseau alternatif solide.
- Multiplier les points de projections en mobilisant les groupes ou personnes à la recherche d’un moyen d’intervention social.
- Organiser mieux la circulation des copies.
- Favoriser l’échange d’information sur les nouveaux films et l’utilisation qui est faite des films.
- Organiser un « réseau de confiance » entre les différents groupes étrangers (se plier à des exigences communes au point de vue politique et économique – comptes ouverts, bilans de projection, etc.).
C’est pourquoi, les cinéastes et utilisateurs de films d’Europe et du Québec réunis à Montréal à l’occasion des Rencontres pour un nouveau cinéma expriment leur volonté de coordonner leur travail. De réunir des groupes (peut-être des individus) sur la base d’objectifs communs et du choix d’un certain travail.
AFIN:
- De transformer les rapports entre le film et le public. Le film doit être conçu comme un outil d’intervention politique. Il doit être en situation de permettre un travail culturel et politique en profondeur.
- De lutter contre le cinéma marchandise et la logique du profit; contre le film objet de contemplation et la culture élitaire. POUR UN CINEMA D’INTERVENTION SOCIALE POLITIQUE AU SERVICE DES LUTTES POPULAIRES.
Le texte qui suit est le premier acte qui concrétise ce regroupement. Il a été approuvé à la rencontre de Montréal par les représentants des différents groupes présents. Il n’a cependant pas été signé vu l’absence de certains groupes et pays concernés. Ce texte jette les premières bases d’une plate-forme commune.
Commentaire
La coordination internationale doit être intimement liée à la pratique spécifique de chaque groupe. Le regroupement sera le reflet des parties prenantes et influera sur elles. C’est dans ce sans seulement qu’il sera efficace.
C’est pour cela que la première plate-forme doit contenir des résolutions pratiques et qu’elle devra s’établir tant sur des prises de positions politiques que sur le choix d’un type de travail.
Signataire
Thierry Coene, Unité de distribution, Belgique. Carl Henrik Svenstedt, Film Centrum, Suède.
Projet de plate-forme
Les personnes engagées dans un travail du cinéma en tant que moyen de développement de la conscience révolutionnaire en Europe occidentale et au Québec, réunies à Montréal, à l’occasion des Rencontres pour un nouveau cinéma, affirment la nécessité de créer un front cinématographique contre l’usage néo-capitaliste et impérialiste de l’audio-visuel.
TEL USAGE SE SITUE À DEUX NIVEAUX:
- 1
Le refus de diffuser des films, et parmi eux la plupart des films du Tiers-Monde, qui se différencient ou qui s’opposent aux modèles codifiés par lesquels on éloigne du peuple la conscience de son exploitation et de son oppression;
- 2
La manipulation des films qui arrivent à franchir la barrière des circuits commerciaux, et très souvent même des circuits marginaux, par l’attribution à ces films d’une valeur d’usage en tant qu’objets exotiques marchandables dans une société démocratique.
LE BUT DE NOTRE FRONT EST DOUBLE:
- 1
Contribuer à la formation d’une conscience critique face aux produits véhiculés par le système monopoliste et homologue à l’idéologie dominante;
- 2
Promouvoir, favoriser, solliciter la diffusion par des moyens adéquats de tous les films qui se proposent comme instruments de libération des peuples et de transformation de nos sociétés, en luttant en même temps contre tout système de récupération commerciale ou autre.
Tout cela fait partie d’un combat plus large dans lequel nous sommes unis aux camarades africains et latino-américains, et au Tiers-Monde en général. Ce combat doit avoir comme perspective cinématographique la prise de possession de tous les moyens de production et de diffusion des films, et dans l’immédiat, l’union des écrans libres et la création de nouveaux espaces et moyens d’action cinématographique.
CONCRÈTEMENT:
Entre les personnes réunies à Montréal, il a été convenu ce qui suit:
- 1Que soit maintenu le Comité d’action cinématographique de Montréal dans le but d’organiser et de coordonner l’échange d’information de films entre les différentes fédérations du monde.
- 2Qu’une première rencontre des pays concernés soit organisée à Pesaro du 12 au 19 septembre (contacter LINO MICCICHÉ – 00186 ROMA VIA DELLA STELLETTA. 23; Tel: 657-340 – 057 598: télégramme: NUOVOCINE-ROMA)
- 3Qu’une seconde rencontre sera organisée, probablement à Bruxelles, début 75 à l’initiative de l’UNITÉ DE DISTRIBUTION – Épicerie Murillo (contacterMICHELINE CRETEUR; 32 av. Van Becelaere. 1170 Bruxelles: Tel. Bureau: 13 94 40 ext. 124; Privé: 73 30 24; Unitéde distribution: 734 93 86)
- 4Que chacun des groupes concernés établira un dossier d’information le définissant politiquement (sa pratique, son analyse critique par rapport à la situation du cinéma dans le pays). Cela avant les rencontres prévues.
- 5Chaque groupe fera également part de projets d’amendements ou de contre-projet de plate-forme avant la mi-août. Ils doivent être envoyés à Micheline Creteur afin que tous les groupes puissent en prendre connaissance.
- 6Un questionnaire sera envoyé dans la seconde quinzaine de juin à l’initiative de l’UD.
Une critique de type nouveau pour un cinéma de type nouveau
Les critiques de cinéma réunis aux Rencontres pour un nouveau cinéma à Montréal entre le 2 et le 8 juin 1974 préconisent l’organisation d’un colloque sur le thème: « Une critique de type nouveau pour un cinéma de type nouveau »,dont les recherches pourraient être développées dans les quatre directions suivantes:
- 1Remettre en question le règne du cinéphilisme désincarné et promouvoir une critique militante qui dénonce l’idéologie des cinémas établis et soutienne les cinémas progressistes.
- 2Sortir de l’idée qu’il y a des « grands » cinémas (américains, français, italien, etc.) et des « petits » cinémas, des cinémas « à vocation internationale » et des cinémas nécessairement confinés dans le « provincialisme ».
- 3Privilégier les critères politiques au détriment de critères esthétiques abstraits, contribuer à promouvoir des esthétiques nouvelles sur la base du marxisme.
- 4Susciter des revues et des nouveaux pôles de réflexion critique émanant des forces progressistes de tous les continents.
Signataires:
USA: Harold D. Weaver Jr., Third World Morning Images Project; Gary Crowdus, Cinéaste; Julio Lesage, Women and films; John Hess Jump Cut
QUÉBEC: Jean-Pierre Tadros, Cinéma Québec; Alain Berson, Champ libre; Pierres Vallières, Cinéma Québec: Michel Vézina, CKRL-FM, Québec; André Pâquet; Pierre Véronneau, Stratégie.
FRANCE: Guy Hennebelle, Écran 74, Afrique/Asie. Serge Le Péron.
ITALIE: Lino Micciché, Cinema 60; Guido Aristarco, Cinema Nuovo.
CHILI: Erik Martinez, Primer Plans.
TUNISIE: Férid Boughedir, Jeune Afrique; Tahar Cheriaa.
SUÈDE: Carl Henrik Svenstedk, Film and TV.
BELGIQUE: Marian Handwerker, Contre-champ; Robbe de Hert.
Déclaration présentée aux Rencontres internationales pour un nouveau cinéma
- Le Canada a mis 20 ans à reconnaître le gouvernement de la Chine populaire, mais 20 heures pour reconnaître les dictateurs et tortionnaires de Grèce et du Chili.
- Après avoir collaboré avec les USA pour le massacre de plus de un (1) million de Vietnamiens, notre pays refuse encore aujourd’hui les visas d’entrée aux membres du GRP, gouvernement pourtant reconnu dans les accords de Paris.
- Nous continuons de fournir des armes et d’autres formes d’aide à des gouvernements qui assassinent les mouvements libérateurs des pays en voie de développement.
- Nous passons à longueur d’année des films commerciaux pour des firmes qui exploitent, qui saignent le Tiers-Monde; mais nous refusons de distribuer les films qui montrent la lutte et les souffrances des peuples du Tiers-Monde.
- Nous nous proclamons pays démocratique, mais nous censurons les idées d’une partie grandissante de notre population. Plusieurs films de cinéastes québécois sont actuellement censurés, pour des raisons politiques. Nous sommes en train de faire un autre pas vers une dégradation de la démocratie, qui un jour peut nous conduire au fascisme.
- Comme cinéastes québécois et canadiens, nous nous élevons contre toute forme de censure dans notre pays comme ailleurs. Nous réclamons la libre circulation des films que nous réalisons avec et pour le peuple de notre pays et de l’étranger.
NOUS DEMANDONS:
- que notre gouvernement fasse les pressions nécessaires pour obtenir la libération des cinéastes et autres personnes emprisonnées au Chili et ailleurs, pour des raisons politiques.
- que notre pays appuie les efforts des cinémas progressistes du Tiers-Monde. Qu’il inscrive cette aide dans le cadre de son programme d’aide aux pays en voie de développement.
- que les cinéastes québécois et canadiens soient solidaires de leurs confrères du Tiers-Monde, dans la lutte contre toutes les formes de censure et d’esclavage qui entravent la distribution des films comme des idées.
Signataires:
Michel Régnier, cinéaste. Robin Spry, cinéaste. Michael Rubbo, cinéaste. Martin Defalco, cinéaste. Maurice Bulbulian, cinéaste. Richard Lavoie, cinéaste. André Melançon, cinéaste. Hélène Girard, cinéaste. Martin Duckworth, cinéaste. Jean-Claude Labrecque, cinéaste. Francis Mankiewicz, cinéaste. Anne-Claire Poirier, cinéaste. Claude Lefebvre, cinéaste. Pierre Bemier, cinéaste. Pierre Hébert, cinéaste. Michel Gauthier. Kirwan Cox, Canadian Council of Filmmakers. Sandra Gathercole. Toronto Filmmakers’ Coop.
Déclaration Chili
Les participants aux Rencontres internationales pour un nouveau cinéma qui se sont déroulées à Montréal du 2 au 8 juin 1974 désirent affirmer ce qui suit en rapport avec les événements au Chili:
- 1Nous condamnons avec force les assassinats, les tortures et les emprisonnements arbitraires qui sont perpétrés contre le peuple chilien tous les jours. Cette répression criminelle affecte tout particulièrement le prolétariat chilien qui est une force exemplaire pour tous les mouvements de libération à travers le monde.
- 2Nous sommes conscients que la fin de la lutte du prolétariat chilien n’est pas pour demain. Sa conscience de classe, sa capacité de lutter et son courage sauront résister au mouvement fasciste quelle qu’en soit la brutalité. Aujourd’hui plus que jamais, nous désirons exprimer notre solidarité avec le peuple chilien, en nous engageant dans son combat qui est le combat pour la libération de tout le Tiers-Monde.
- 3Nous exigeons la libération de tous les prisonniers politiques chiliens et demandons que cessent les crimes perpétrés contre ceux dont la seule offense fut celle de se battre pour l’existence d’un pays juste et souverain.
- 4Nous nous engageons à combattre pour la libération immédiate des camarades suivants, acteurs et cinéastes emprisonnés depuis plusieurs mois et qui ont été sauvagement torturés. Ils sont: Marcello Romo, Guillermo Cahn, Ivan San Martin, Elsa Rudolphy, Francisco Morales, Hugo Medina, Enrique Berrio, Pedro Atias.
La lutte du peuple chilien est la lutte de tous les peuples du monde.
Communiqué de la Cinémathèque
Nous désirons vous informer que, considérant:
- 1La situation chilienne à partir du coup militaire du 11 septembre 1973 et les conditions dans lesquelles doivent se développer les activités culturelles, soumises à des restrictions qui tout simplement empêchent leur réalisation, ou, ce qui est pire, les défigurent et les avilissent.
- 2Les persécutions et la répression généralisée qui affecte tout le peuple et qui, bien sûr, affecte aussi les cinéastes.
- 3L’impossibilité d’accomplir, avec une efficacité et une honnêteté minimum, les tâches propres d’une cinémathèque dans ces conditions.
- 4La nécessité urgente de veiller à la conservation de multiples matériaux cinématographiques qui constituent des œuvres et des témoignages de valeur importants sur la réalité chilienne.
Nous avons décidé de réinitier le travail réalisé au Chili, à travers la cinémathèque universitaire, interrompu et empêché par l’intervention militaire de l’Université du Chili, établissant la CINÉMATHÈQUE CHILIENNE EN EXIL, à La Havane, Cuba, et qu’elle a commencé son travail le 30 avril 1974, sous la direction du signataire.
La Cinémathèque chilienne en exil a pour mission fondamentale de réunir tout le matériel cinématographique du ou sur le Chili, pour sa préservation, classification, mise en archive et diffusion.
Nous espérons maintenir dans l’avenir les relations les plus cordiales avec les cinéastes progressistes du monde et nous les remercions dès maintenant pour toute collaboration à la tâche que nous nous sommes proposée.
Peter Chaskel B.
Directeur, Cinémathèque chilienne en exil
Calle 23 no. 1155, La Habana4, Cuba
Télégramme
AU PRÉSIDENT DE L’URUGUAY JUAN BORDABERRY.
DÉNONÇONS SITUATION DES CINÉASTES QUI, TOUT COMME LE PEUPLE URUGUAY, SUBISSENT LA RÉPRESSION ET L’EMPRISONNEMENT AUX MAINS D’UN RÉGIME QUI OBÉIT À UN ORDRE ANTINATIONAL.
RENCONTRES INTERNATIONALES POUR UN NOUVEAU CINÉMA.
MONTRÉAL 8 JUIN 1974.
Résolution politique
Les travailleurs progressistes du cinéma du Tiers-Monde, d’Europe, de l’Amérique du Nord présents aux Rencontres internationales pour un nouveau cinéma à Montréal 2 au 8 juin 1974.
DÉNONCENT l’intervention de l’impérialisme et de ses alliés, en Amérique latine, en Afrique, en Asie.
DÉNONCENT les agressions du sionisme contre les peuples arabes au Moyen-Orient.
DÉNONCENT la répression qui s’abat sur les travailleurs des arts et de la culture au Chili et en Palestine.
SOUTIENNENT les peuples qui luttent pour l’indépendance totale en Afrique, en Asie et en Amérique latine.
SOUTIENNENT les revendications des classes de travailleurs opprimés par le système capitaliste et impérialiste dans l’Europe et l’Amérique du Nord, comme les dictatures fascistes dans l’Espagne et la Grèce.
LISTE DES PARTICIPANTS EFFECTIFS
LYNGE Arkalyk (Groenland), réalisateur du film And the Authorities Said Stop
MATOS Silva Fernando (Lisbonne, Portugal), réalisateur du film O Mal-Amado
MERBAH Lamine (Alger, Algérie), Union nationale des arts audio-visuels, Bureau des cinéastes du Tiers-Monde
MICCICHÉ Lino (Rome, Italie), Mostra di Pesaro
N’GAKANE Lionel (African National Congress), Fédération panafricaine des cinéastes (FEPACI)
OLHOVICH Sergio (Mexico, Mexique), Directores associados
OUTERS Jean-Luc (Bruxelles, Belgique), cinéaste
PECHE Jean-Jacques (Bruxelles, Belgique), cinéaste
PALLERO Edgardo (Buenos Aires, Argentine), Gruppo Cine Liberacion
PULGAR Dario (Chili), producteur
RACZ Andres (New York, NY, USA), Tricontinental Film Center
REICHART Julia (New York, NY, USA), Corp. for Social Documentaries
RIOS Humberto (Buenos Aires, Argentine), cinéaste
ROBESON Sue (New York, NY, USA), Third World Newsreel
RUBIN Peter (New York, NY, USA), représentant du film Attica
SALEH Tewfik (Égypte), réalisateur du film Les dupes
SEIDER Norman (Long Island, NY, USA), Long Island University/Corp. for Social Documentaries
SERVOLIN Inger (Paris, France), groupe Slon/ISKRA
SOLANAS Fernando (Buenos Aires, Argentine), Gruppo Cine Liberacion
SUCHER Joel (Brooklyn, USA), Pacific Street Film Collective
SVENSTEDT Carl Henrik (Stockholm, Suède), Film Centrum
TALBOOM Godfried (Stockholm, Suède), Film Centrum
THIJSSEN Willum (Amsterdam, Hollande), Het Vrij Circuit/Fugitive Cinema Hollande
VON BAGH Peter (Helsinki, Finlande), Elokuva-arkisto
WEAVER Harold (New York, NY, USA), Africana Studies, Rutgers University
WEISS Mark (Long Island, USA), Corp. for Social Documentaries
ZELLNER Robert (New York, NY, USA), Third World Newsreel
LISTE DES PARTICIPANTS DU CANADA
VANCOUVER
REIF Tony, Pacific Cinematheque Pacifique
SHANDEL Thomas, Image Flow Center
TOMKINS David, cinéaste
TOUGAS Kirk (Pacific Cinémathèque Pacifique)
TORONTO
COX Kirwan, Canadian Council of Filmmakers
ELGIE Kae, Development Education Center
GATHERCOLE Sandra, Toronto Filmmakers Coop
SWIFT Jamie, Development Education Center
APANASZEWSKI Ed., Development Education Center
KOLLER George, Cinema Canada
LISTE DES PARTICIPANTS DU QUÉBEC
BERGERON Guy, Association coopérative des productions audio-visuelles (ACPAV)
BERSON Alain, Comité d’information politique (CIP)
BOISSAY René, Comité d’action cinématographique (CAC)
BULBULIAN Maurice, Société nouvelle
CHABOT Jean, Association des réalisateurs de films du Québec (ARFQ)
DAIGLE Marc, ACPAV
DANSEREAU Fernand, In-Média
DAUDELIN Robert, Cinémathèque québécoise
DE FALCO Martin, Syndicat général du cinéma et de la télévision
DE VROEDE Pierre, Vidéographe
DUCKWORTH Martin, Challenge for Change
FAUCHER Carol, CAC
FAVREAU Robert, Conseil québécois pour la diffusion du cinéma (CQDC)
FORGET Robert, Vidéographe
FRAPPIER Roger, CAC
GAGNÉ Jacques, ARFQ
GARAND Jean-Marc, Société nouvelle
GIRARD Hélène, Société nouvelle
GIRAULT Françoise, CIP
GODBOUT Claude, CAC
GROULX Gilles, CAC
HAMELIN Lucien, CQDC
HENAULT Dorothy, Challenge for Change
LAMOTHE Arthur, CAC
LAVOIE Richard, ARFQ
LEDUC Jacques, cinéaste, ARFQ
LEDUC S. Jacques, Vidéographe
LEFEBVRE Jean-Pierre, CAC
LEGER Raymond Marie, CAC
MÉLANCON André, ARFQ
PATRY Yvan, CIP/Champ libre
RÉGNIER Michel, SN
RICHARDSON Boyce, indépendant, réalisateur du film Chissibi
SPRY Robin, Canadian Council of Filmmakers
HAMMOND Arthur, Challenge for Change
Ce texte est issu du cahier no 1 des Rencontres de Montréal : Comité d’action cinématographique (Québec). Cahiers des Rencontres internationales pour un nouveau cinéma. Montréal : Comité d’action cinématographique, 1975, 4 vol. Bibliogr. ; Ill. Cote PN 1993.4 R39
(Note : les informations qui suivent sont issues du cahier no 2 des Rencontres de Montréal. Elles datent de 1975 et n’ont pas été mises à jour depuis)
ORGANISMES INTERNATIONAUX
FÉDÉRATION PANAFRICAINE DES CINÉASTES
(FEPACI) Secrétariat général: 39, rue Mohamed V – B.P. 1814, Dakar, Sénégal. Tél: 211.91/Ababacar Samb Makharam (secrétaire général). Présidence: BP 1054, Tunis, Tunisie. Brahim Babai (président).
Origines et historique
La FEPACI (Fédération panafricaine des cinéastes) est née officiellement en octobre 1970 lors du festival de Carthage. Sa création faisait suite à de nombreuses discussions tenues auparavant à Moscou, Tashkent, mais surtout lors du Festival des arts nègres à Dakar. En 1969 à l’occasion du Festival panafricain d’Alger une assemblée générale des cinéastes en décida la création. Au début elle regroupait des cinéastes de huit (8) pays. Maintenant elle en regroupe une centaine venus de plus de 30. La Fédération a en outre aidé et/ou favorisé la création des associations nationales qui la composent maintenant.
La FEPACI a établi des relations avec un certain nombre d’organisations similaires, ou à fonction identique, telles la SRF (Société des réalisateurs français), le Centre interarabe du cinéma et de la TV à Beyrouth, l’UNESCO et lors de la Rencontre des cinéastes du Tiers-Monde à Alger en décembre 1973, avec les cinéastes latino-américains. L’action de la FEPACI est soutenue par l’OUA (Organisation pour l’unité africaine) et par l’OCAM (Organisation de la conférence des États africains, malgaches et mauricien).
La FEPACI a joué un rôle déterminant en tant qu’organisme membre fondateur des festivals africains de Carthage et de Ouagadougou. Elle a de plus collaboré à l’organisation d’un festival de cinéma africain qui devrait se tenir dans un pays de l’Afrique anglophone en 1975, à savoir à Dar Es Salem en Tanzanie.
Objectifs
Les objectifs principaux de la FEPACI sont: 1- de travailler au décloisonnement d’un continent encore victime des vestiges du colonialisme; 2- de favoriser l’éclosion de cinémas réellement nationaux; 3- de lutter contre la mainmise franco-américaine sur les circuits de distribution. Ces objectifs avaient principalement pour but dans un premier temps (ils datent de la fondation de la FEPACI) de créer des liaisons entre les cinéastes du continent, d’aider à leur regroupement, et à la constitution d’associations nationales. Il s’agissait par ailleurs d’entreprendre des actions ponctuelles et stratégiques, auprès des autorités africaines (et internationales) et auprès de l’opinion publique africaine (et internationale).
La FEPACI est donc un instrument de défense et de promotion de tous les cinémas nationaux de l’Afrique, au sud et au nord du Sahara, tout comme elle s’intéresse à ceux des pays arabes frères du Moyen-Orient.
Principales activités
La FEPACI participe donc aux manifestations, colloques, symposiums et travaux qui se font en Afrique et ailleurs sur les structures du cinéma. Elle collabore à l’organisation de semaines et/ou séries consacrés aux cinémas africains sur un plan international. La Fédération a en outre travaillé à la rédaction de plusieurs rapports, documents, analyses etc., sur la situation du cinéma en Afrique.
Elle a collaboré en outre avec le FRELIMO, le PAIGC et le MPLA, qui font partie de la Fédération, à l’entrainement de stagiaires de ces mouvements de libération qui ont appris à faire du cinéma dans des pays africains. Elle organise également des projections des films de ces mouvements lors des divers festivals africains.
Depuis son existence elle s’est employée à défendre et illustrer les vertus des structures les plus émancipées, tout comme elle a multiplié les occasions de dénoncer les abus du système d’importation et de distribution des films mis en place par les monopoles occidentaux. La FEPACI a d’autre part signé des protocoles (après avoir souvent participé activement à la création) avec plusieurs sociétés africaines de cinéma comme la Sonavoci (Haute-Volta), l’Ocinam (Mali), la SIC (Côte d’Ivoire), la Sily Cinéma (Guinée) et avec la SATPEC (Tunisie).
Finalement lors du dernier congrès de la Fédération, à Alger en janvier 1975, une Charte du cinéaste africain a été adoptée, à laquelle se rattachent des résolutions sur les problèmes de la cinématographique africaine. Ces documents font suite au colloque sur la distribution et la production des films arabes et africains tenu à Tunis lors du dernier festival de Carthage en novembre 1974.
Bibliographie
Cinéma 71, no 154, « Cinéastes africains, unissez-vous ».
Afrique littéraire et artistique, no 24, août 1972, « Rencontre à Dinard avec les responsables de la FEPACI ».
Afrique-Asie, no 19, 11 décembre 1972, « Les cinéastes africains ne sont plus isolés ».
Cinéma Québec, septembre 1972, « Les cinémas africains ».
Cinéma 71, no 154, « La politique et le cinéma dans les pays africains ».
COMITÉ PROVISOIRE POUR LA CRÉATION D’UNE SOCIÉTÉ ARABO-AFRICAINE DE CINÉMA
a/s SATPEC. 10 rue Ibn Kaldoun, Tunis. Tél: 259.766 (sec. gén.: Hamadi Essid; adjoint: Ahmed Baba Miské).
Origine et historique
Ce comité est né du premier colloque sur la production et la distribution des films arabes et africains organisé à l’occasion des cinquièmes Journées cinématographiques de Carthage en oct/nov 1974. Le comité a pour mission de convoquer l’assemblée générale de la future société qui compte pour le moment les pays suivants comme membres fondateurs: Tunisie, Sénégal, Libye, Dahomey, Niger.
Objectifs
Créer un marché commun du cinéma et de l’audio-visuel afro-arabe, promouvoir et populariser largement une politique du cinéma fondée sur: l’indépendance et la revalorisation culturelle dans le cadre d’une large coopération arabo-africaine; aider à l’éclosion et à la consolidation de productions nationales et multinationales ainsi qu’à la création d’une infrastructure d’exploitation et de diffusion.
Bibliographie
Le Monde, 7-11-74. – « L’Unité à Carthage ».
Afrique-Asie, 2-12-74, No: 71. – « Vers un marché commun des cinémas arabes et africains ».
ALGÉRIE
ONCIC
(Office national pour le commerce et l’industrie cinématographique) Immeuble les Asphodeles. Rte. de Ben Aknoum. Alger, (dir. M. Laghouati. adjoint: Ahmed Bedjaoui).
MOZAMBIQUE
CINE-CLUBE
Avenida D. Luis, Predio – 6° – Andar, Lourenço-Marques 1.
Origines et historique
« Dans le cadre général de la lutte de libération que le peuple mozambicain mène depuis plus de dix ans contre le colonialisme portugais, le cinéma n’a occupé qu’une place des plus modestes. Si l’on excepte quelques films d’information réalisés pour le Frelimo par les équipes étrangères et destinés à des projections à l’extérieur du pays, on peut même dire que le rôle du cinéma a été nul dans cette lutte. »…
« … le cinéma n’ayant pas de traditions dans la culture africaine, les ciné-clubs étaient des endroits où ne se réunissaient, finalement, que les éléments les plus cultivés de la minorité blanche. (…) Malgré ceci, des directions à majorité progressiste étaient parvenues à se faire élire… et à garantir une ligne qui échappait à l’idéologie coloniale portugaise… Au total, on peut dans une certaine mesure créditer l’action des ciné-clubs antérieurs d’une certaine action d’éveil politique avec cette réserve qu’elle était doublement limitée: du point de vue numérique et du point de vue idéologique… Quant à la production cinématographique… elle n’existait pas! …les circuits de distribution, étaient (et sont encore) dominés par la production américaine et européenne qui arrivait par le canal de l’Afrique du Sud et du Portugal. Cette production elle-même était parfois censurée par le pouvoir local! »
« Telle était donc la situation des ciné-clubs au Mozambique quand a éclaté le mouvement du 25 avril au Portugal. Mais aujourd’hui à l’heure de l’indépendance, des perspectives nouvelles et vastes s’ouvrent au septième art au Mozambique. »
C’est dans cette perspective que des étudiants et des intellectuels du ciné-club de Lourenco-Marques ont procédé à une réélaboration des principes théoriques de l’association et à une restructuration correspondante des cadres dirigeants dans le but de mettre le ciné-club au service du peuple.
Objectifs
« …poser les bases d’un cinéma profondément engagé dans la construction du nouveau pays. A cette fin, nous pensons créer des noyaux principalement à partir des classes laborieuses en leur dispensant un enseignement à la fois pratique et théorique et en organisant des discussions sur les formes les plus susceptibles de répondre aux aspirations du peuple mozambicain. (…) de cette façon nous pourrons lancer un cinéma révolutionnaire, réalisé par le peuple et pour le peuple… Pour cela nous comptons sur le potentiel de créativité originale de la révolution mozambicaine. »
Nature de la diffusion, mécanismes et principaux films diffusés
« … nous avons formé des unités mobiles qui à raison de cinq fois par semaine, effectuent des sorties dans les zones suburbaines et à l’intérieur du pays. Notre participation dans ce type d’opération est strictement technique. Nous sommes accompagnés par des groupes de sympathisants du Frelimo qui organisent en même temps des réunions. La plupart de ces projections ont lieu en plein air car le public est très vaste… Nous essayons de former à chaque fois un noyau de deux ou trois personnes que nous initions au maniement des appareils de projections. Pour le moment nous avons surtout projeté des documents sur le Frelimo. Mais nous avons aussi reçu une copie du film sénégalais Le mandatde Sembene Ousmane. »
Le Cine-clube publie aussi une revue: OBJECTIVA 74.
Bibliographie
(in) Afrique Asie, no: 68, 4 nov. 1974.
PALESTINE
L’INSTITUT DU CINÉMA PALESTINIEN B.P. 8984, Beyrouth, Liban. Tél: 317-442/304-584. (Délégué: Moustapha Abou Ali).
Origines et historique
La première équipe de cinéma fut créée en 1968 par Fateh, sous le nom de « Films Palestine ». Cette équipe commença par filmer les activités des combattants de la résistance et la vie des masses palestiniennes, surtout après la victoire de Karameh. Films Palestine a produit dix films de court et moyen métrage, et a soutenu la production de 15 films sur le peuple palestinien et son combat. L’équipe offrit ses services aussi à un grand nombre de correspondants des télévisions étrangères. Mis à part les réalisations de Films Palestine, neuf courts-métrages furent produits par l’ensemble des autres organisations palestiniennes: (F.D.P.L.P.), (F.P.L.P.), et le Centre culturel de l’OLP
Peu à peu les groupes ont pris conscience de la nécessité de s’unir, sur la base de l’utilisation du cinéma comme arme au service de la libération de la Palestine.
Une première réunion eut lieu après le Festival de Carthage en novembre 1972, et créa l’Association palestinienne du cinéma. Trois points avaient favorisé le regroupement: 1- la nécessité de continuer à tourner et produire des films sur la résistance palestinienne; 2- l’importance de l’archivage; 3- la nécessité de développer les relations avec les organismes progressistes dans le monde entier. En 1974, l’Institut du cinéma palestinien fut établi par le Bureau de l’information unifiée – O.L.P. L’institut ne se propose pas seulement de rassembler les cinéastes palestiniens mais aussi tous les cinéastes arabes qui ont fait preuve de positions progressistes et qui ont témoigné de l’intérêt à la cause palestinienne.
Objectifs
Produire des films réalisés par des Palestiniens sur la cause palestinienne et ses Objectifs, des films qui s’inscrivent dans le contexte arabe et s’inspirent d’un contenu démocratique et progressiste. Travailler à l’émergence d’une esthétique nouvelle destinée à remplacer l’ancienne et susceptible d’exprimer avec cohérence ce contenu nouveau. Mettre ce cinéma tout entier au service de la révolution palestinienne et de la cause arabe. Concevoir les films dans l’optique de présenter la cause palestinienne au monde entier. Créer une filmothèque qui réunira les archives filmiques et photographiques sur la lutte du peuple palestinien et en retracera les étapes. Renforcer les relations avec les groupes de cinéastes révolutionnaires et progressistes dans le monde, participer aux festivals de cinéma au nom de la Palestine et faciliter le travail à toutes les équipes amies qui œuvrent à la réalisation des Objectifs de la révolution palestinienne.
Principales activités
Parallèlement à la production le groupe, a amorcé en 1968 une diffusion militante des films. Ces activités se sont principalement développées en Jordanie, dans les villages et dans les camps de réfugiés. Des films vietnamiens, algériens, cubains et chinois furent projetés.
Principaux films produits
Films d’actualité produits par El Fateh sur les événements d’Amman en 1969, et 1970; sur les affrontements du Liban en 1972 de même que l’aide apporté aux films tournés par Jean-Luc Godard, Unitelefilm d’Italie et le film du groupe américain Newsreel: Révolution jusqu’à la victoire.
Parmi les films produits signalons: Le cœur et le sang (35 min. n&b, 16 mm) sur les événements de septembre 1970 en Jordanie; Agression sioniste, (22 min. n&b, 16 mm) sur le bombardement des camps et des habitations civiles au Sud Liban et en Syrie en septembre 1972; Scènes de l’occupation à Gaza (15 min. coul, 16 mm & 35 mm), scènes de la résistance des habitants de Gaza à l’Occupation; Ils n’existent pas (26 min. n&b, 16 mm), film sur le bombardement des camps palestiniens au Liban; ces films réalisés principalement par Moustapha Abou Ali. Palestine vaincra (25 min. n&b, 16 mm), film en français sur l’histoire du peuple palestinien. Al Fath- Palestine (120min. n&b, italien, 16 mm), film de Luigi Pirelli sur le Mouvement de libération nationale Al Fateh. Revolution Until Victory (52min. n&b, anglais, 16 mm), film réalisé par le groupe Newsreel, sur les complots sionistes contre la Palestine. Biladi (50 min. n&b, 16 mm, français) film réalisé par le cinéaste Suisse Francis Reusser sur la révolution palestinienne à partir des événements de l’aéroport de Kloten à Zurich en 1970.
Nature de la diffusion, mécanismes et principaux films diffusés
La majorité des films distribués et/ou produits, sont en 16 mm. L’Institut du cinéma palestinien diffuse ses propres films. Après les projections militantes on distribue des questionnaires ronéotypés dans lesquels on demande aux gens d’exprimer leurs réactions, et dans lesquels on cherche à s’informer sur le genre de cinéma qu’ils attendent. Un certain travail a été fait avec le film de Tewfik Saleh Les dupesque le groupe considère comme un film palestinien.
Bibliographie
Afrique Asie, no: 36, 6 août 1973.- « Un Manifeste ».
Cahiers du Cinéma, no: 248.- « La résistance palestinienne et le cinéma ».
Cinéma Québec, avril/mai 1974.- « Cinéma Palestine. Catalogues de l’Institut ».
SÉNÉGAL
FOYER DE RECHERCHES D’UNE ÉTHIQUE NÉGRO-AFRICAINE (FRENA) B.P. 1603, Dakar. (Responsable section cinéma: Mahama Johnson Traoré).
Origines et historique
Collectif de travail récemment formé à Dakar et dont les Objectifs sont définis dans le sigle. Le groupe cherche à établir des contacts avec d’autres groupes de recherches non seulement en Afrique, mais ailleurs dans le monde, et principalement chez les groupes négro-américains, afin d’échanger articles, textes, analyses pratiques et théoriques sur le thème plus général de la « décolonisation culturelle «un peu au sens où l’entend Solanas dans son manifeste sur le tiers-cinéma.
Objectifs
Par la diffusion de ces textes (qui recoupent plusieurs disciplines artistiques) le FRENA espère contribuer à la recherche d’une esthétique et d’une éthique, qui seraient mises au service de la révolution africaine dans les domaines de l’art. Éventuellement le groupe espère diffuser et/ou échanger des films. (Aucun autre détail disponible au moment d’aller sous presse).
TUNISIE
FÉDÉRATION TUNISIENNE DES CINÉ-CLUBS
(FTCC) 40, rue du 18 janvier 1952, Tunis.
Principales activités
La Fédération est un regroupement dynamique et progressiste qui importe et diffuse en Tunisie des films progressistes du Tiers-Monde et d’ailleurs. En outre elle permet à plusieurs jeunes cinéastes tunisiens de faire leurs preuves chaque année en produisant quelques films amateurs en 16 mm dont la thématique progressiste est souvent exemplaire. (Aucune autre information au moment d’aller sous presse).
Ce texte est issu du cahier no 2 des Rencontres de Montréal : Comité d’action cinématographique (Québec). Cahiers des Rencontres internationales pour un nouveau cinéma. Montréal : Comité d’action cinématographique, 1975, 4 vol. Bibliogr. ; Ill. Cote PN 1993.4 R39.
(Note : les informations qui suivent sont issues du cahier no 2 des Rencontres de Montréal. Elles datent de 1975 et n’ont pas été mises à jour depuis).
CANADA
→ DEC FILMS
(Development Education Center). 121 Avenue Road, Toronto, Ontario. Tél: (416) (Kae Elgie, responsable de la distribution/film. James Swift et Glen Richards, resla documentation.)
Origines et historique
DEC Films est un centre de distribution à caractère non lucratif, formé en février 1974 par le Development Education Center de Toronto.
Objectifs
Rendre accessible à la population canadienne un éventail de films qui traitent de sujets contemporains et qui peuvent apporter des témoignages progressistes sur les luttes socio-politiques en cours dans le monde. Ces films qui apportent une dimension critique sur les situations sociales, économiques, politiques et culturelles de leur pays d’origine, doivent servir à provoquer des discussions d’ordre socio-politiques au Canada dans une perspective internationale.
Principales activités
Le groupe travaille sur plusieurs plans et dans plusieurs secteurs ainsi qu’avec d’autres groupes, dans cette perspective anti-impérialiste. Par exemple au niveau scolaire, des syndicats, des universités, des comités de citoyens etc. Un collectif de travail et de recherches rédige et distribue des dossiers sur le rôle des sociétés multinationales au Canada, tout comme sur le rôle de sociétés canadiennes à caractère multinationales, et leurs activités dans le Tiers-Monde.
Principaux films produits
Le groupe ne produit pas de films.
Nature de la diffusion, mécanismes et principaux films diffusés
DEC Films a une politique de location des films flexibles et qui donc varie selon les groupes et l’utilisation des films. Les films sont toujours accompagnés d’un animateur et/ou d’une documentation complète sur le film et le sujet traité. Les revenus de la distribution sont partagés avec les cinéastes directement.
DEC Films travaille présentement à l’établissement d’un réseau de distribution à travers le Canada, tout comme il espère pouvoir rejoindre le secteur dit « commercial » soit dans une ou plusieurs salles de cinéma au Canada avec les films qu’il distribue.
Principaux films distribués (en anglais-version et/ou sous-titres): When the People Awake, The Cry of the People, Revolution Until Victory, Free People in Guinea-Bissau, Mexico, The Frozen Revolution, Tupamaros.
Bibliographie
Un catalogue, de même qu’une collection de brochures et de dossiers sur plusieurs films et/ou situations dans le Tiers-Monde et au Canada.
→ DEVELOPMENT EDUCATION ANIMATEUR PROGRAM
(DEAP) 2524 Cypress St. Vancouver, B.C. tél: (604) 738.88.15 738.95.15 (Leslie Adams et Kathryn Anderson).
Principales activités
Un nouveau groupe, un peu semblable au DEC Films de Toronto et dans sa structure et dans son fonctionnement. Poursuit quelque peu les mêmes objectifs, à savoir: démontrer le rôle du Canada dans le Tiers-Monde par rapport aux intérêts multinationaux, tout en démontrant le rôle de ces mêmes intérêts au Canada.
Le groupe distribue des films et de la documentation. Il travaille en étroite collaboration avec l’International Development Educational Resource Association (IDERA) (resp. D. Tanchak et S. Marx. Même adresse à Vancouver.
→ FILM LEAGUE
a/s DEC Films. 121 Avenue Rd. Toronto, Ont. tél: (416) 964.69.01. (Claude Lacombe).
Origines et historique
Groupe créé en 1974 à Toronto. Le groupe est né de la nécessité qu’ont ressentie quelques cinéastes progressistes de la région de mettre en commun leurs ressources afin de produire des films.
Objectifs
Faciliter le travail des cinéastes progressistes qui veulent produire et diffuser des films utiles au changement social.
Principales activités
Le groupe travaille sur le plan de la production et de la diffusion de films progressistes et également il publie des textes et des documents sur le rôle du cinéma dans la société.
Principaux films produits
Le groupe a produit quelques films et quelques vidéogrammes.
→ SOCIÉTÉ NOUVELLE/CHALLENGE FOR CHANGE
(Office national du film/National Film Board) Case Postale 6100, Montréal, Québec. Canada. Tél: 333.34.40 (resp: Jean-Marc Garand/tél: 333.33.33 Resp: Dorothy-Todd-Hénault.)
Origines et historique
C’est le Groupe de recherches sociales (GRS) de l’équipe de production française de l’O.N.F. qui est à l’origine de la structure Société Nouvelle et de son pendant à l’équipe de production anglaise: Challenge for Change. En 1966, à partir du tournage d’un film sur une région-type soumise à de brusques changements socio-économiques, se forme autour de Fernand Dansereau et Robert Forget le Groupe de recherches sociales auquel se joignent les cinéastes Maurice Bulbulian et Michel Régnier.
Contrairement à l’équipe de GRS et par la suite celle de Société Nouvelle, l’équipe du Challenge for Change pour sa part et dès ses débuts travaille à partir de « commandites », c’est-à-dire de films commandités par divers secteurs des ministères du gouvernement canadien, afin d’examiner, et/ou d’analyser certains problèmes socio-économiques. Le programme de l’équipe anglaise débute à Terre-Neuve chez les pêcheurs de Fogo Island avec le cinéaste Colin Low. Plus tard d’autres cinéastes se joignent au groupe de production: Arthur Hammond, Martin de Falco, Martin Duckworth, Dorothy Henault et d’autres pour la réalisation de documents sur des problèmes urbains, de santé, du travail, etc.
A partir de 1969 les anciens artisans du GRS sont rejoints par d’autres cinéastes concernés par le film d’intervention sociale, et prêts à se soumettre à une approche collective de travail. Il en va de même pour le côté anglais où le programme Challenge for Change s’élargit.
A partir de cette date tous les cinéastes de l’ONF/NFB ont libre accès aux deux programmes, qui reçoivent alors au niveau des structures, une composante externe et une autonomie réelle par rapport à l’ONF/NFB. Le gouvernement canadien fournit un budget et l’autorité s’exerce par l’entremise d’un comité inter-ministériel composé à parts égales des ministères intéressés et de l’ONF sous un président désigné par le Conseil privé. Les ministères suivants y sont donc représentés: Secrétariat d’État et Citoyenneté; Santé et bien-être; Travail; Agriculture; Affaires indiennes; Expansion économique; Société centrale d’hypothèque et de logement; Main d’oeuvre et Immigration, et Communications. La structure à quelque peu été rajustée depuis 1969, mais son fonctionnement est essentiellement resté le même.
Objectifs
A l’origine les deux groupes se définissaient comme suit: se servir du film pour faire des enquêtes et des recherches sur les inégalités sociales; mettre le film au service du peuple défavorisé, de façon à donner une voie à ceux qui n’en n’ont pas, et à leur fournir un outil de prise de conscience; promouvoir l’idée de changement. La période de transition a vu de nouveaux Objectifs se développer: l’importance des moyens de communications de masse dans l’évolution sociale et culturelle du milieu; le besoin de briser le monopole des classes moyennes sur les moyens de communication; la nécessité de toucher non plus seulement les classes défavorisées mais aussi les classes moyennes qui sont au pouvoir: contester l’autorité en insistant sur la participation des citoyens au contrôle de leur destin. Finalement les principes de travail actuel se résument ainsi: fournir aux cultures minoritaires un outil de prise de conscience, d’acquisition de connaissance et d’information et de communication tant horizontale (entre elles) que verticale (avec la culture majoritaire); révéler des valeurs nouvelles; intégrer production et distribution; élargir la formule traditionnelle du « film d’auteur » en tendant vers le « film d’équipe » dans le domaine social; faire de l’expérimentation dans le domaine des communications.
Principales activités
En plus de travailler sur un plan d’intégration de la production et de la distribution des films produits par les deux programmes, Société Nouvelle crée à Montréal le « Vidéographe » qui produit, distribue et montre les vidéogrammes qui lui sont soumis par projet. Le local du Vidéographe comprend toutes les facilités de production ainsi qu’une vidéothèque et un vidéothéâtre où l’on peut visionner les vidéogrammes individuellement ou en groupe dans la salle aménagée à cet effet.
Finalement depuis une couple d’années Société Nouvelle a donné lieu à un regroupement des femmes cinéastes et à l’élaboration d’un projet spécial intitulé En tant que femmes.
Du côté de Challenge for Change, le programme a été le lieu de formation de cinéastes indiens qui ont produits quelques films sur la situation des amérindiens du Canada.
Principaux films produits
La liste des films produits et/ou diffusés est disponible auprès des deux groupes. Des catalogues complets, comprenant description des sujets et des détails de production sont disponibles à l’adresse du groupe. Signalons toutefois les principaux sujets couverts par les deux programmes:
Société Nouvelle: un long-métrage et 27 films satellites sur la situation de St-Jérôme; L’école des autres de Michel Régnier; La P’tite Bourgogne de Maurice Bulbulian; un long-métrage de fiction réalisé à partir d’un scénario inventé et interprété par les citoyens d’un quartier défavorisé de Montréal; des films sur les Acadiens; sur l’immigration; sur une région du Québec, le Lac-Saint-Jean; une série de 15 films sur la Ville: Urbanose de Michel Régnier; la série En tant que femmes; La richesse des autres de Maurice Bulbulian, un film réalisé avec les ouvriers du cuivre au Québec et au Chili.
Challenge for Change: La série sur Fogo Island, Terre-Neuve de Colin Low; une série intitulée Working Mothers; des films sur les pénitenciers par Martin Duckworth; une série de films avec Saul Alinsky; plusieurs films faits sur et par les Indiens de l’Ouest; une série de films sur un quartier de Montréal (St-Jacques) dont des documents par Tanya Ballentine et Dorothy Henault; une série de films sur les mass medias et la violence (Colin Low); une série sur les grandes corporations canadiennes.
Bibliographie
Arts Canada, April 1970. – « Challenge for Change ».
Medium Media; publié par Société Nouvelle, une collection de 7 bulletins périodiques (à date).
Newsletter et Access: 13 numéros publiés depuis 1968, par le groupe Challenge for Change.
Canada Trajectoires 73: Catalogue de l’exposition au Musée d’art moderne de la Ville de Paris. Publié par le Conseil des Arts du Canada. Ottawa. Des textes sur Société Nouvelle/Challenge for Change et le Vidéographe.
→ COUNCIL OF CANADIAN FILMMAKERS P.O. Box 1003, Station « A », Toronto, Ont. tél: (416) 964.07.32 (Kirwan Cox) (Sandra Gathercole).
OBJECTIFS
Regroupement du Front culturel des cinéastes anglophones canadiens (associations professionnelles, syndicats, unions, guildes). Groupe de pression sur le plan de la législation canadienne du cinéma, Recherches et travail, documentation, dossiers, sur la nationalisation de Famous Players (rep. canadien des Majors sur le plan de la distribution/exploitation) le contingentement, la censure, etc.
QUÉBEC
→ ASSOCIATION COOPÉRATIVE DE PRODUCTIONS AUDIO-VISUELLES
(A.C.P.A.V.) 96 Ouest, rue Sherbrooke, Montréal. Québec, Tél: (514) 849.5031. (Dir.: Marc Daigle).
Origines et historique
Les premières discussions ont lieu fin 1970 et la Coop. est légalement constituée en février 1971. En mars 1971 elle obtient une subvention de fonctionnement de la Société de développement de l’industrie cinématographique canadienne, (SDICC), qui lui assure une permanence administrative ainsi que de faire l’acquisition d’équipement. Elle est née d’un regroupement de jeunes cinéastes progressistes dans le but de permettre à ces jeunes artisans du cinéma de créer et contrôler les conditions de réalisation, de production, de distribution et d’exploitation de leurs œuvres.
Objectifs
Définition interne de la Coop: une assemblée de cinéastes qui décide de faire des films dans un cadre collectif selon une motivation commune: une ligne générale qui s’inspirerait de la dernière phrase du Manifeste de l’APCQ 71 (Association professionnelle des cinéastes du Québec): « Nous voulons que la collectivité québécoise retrouve au cinéma un reflet d’elle-même qui soit juste dynamique et stimulant »; l’invention de nouvelles formes de travail et de nouveau modèles de production, qui permettent de dépasser la perspective individualiste; une méthode de financement basée sur des petits budgets. Définition externe: la Coop veut faire des films clairs simples et enracinés; faire un cinéma qui irait à l’encontre de tout un cinéma qui participe à la domination culturelle et économique du peuple québécois.
Principales activités
Principalement production et services techniques: caméras, éclairage, Nagras, Micros, Steenbeck, Moviolas, et équipement photographique.
Principaux films produits
- La vie rêvée. Mireille Dansereau, 88 min, coul, 16 mm & 35 mm. Deux jeunes filles dans la vingtaine tentent d’échapper à l’imagerie publicitaire qui vend l’amour, la séduction, l’évasion, la liberté à coup de beauté stéréotypée.
- Tu brûles… tu brûles… de Jean-Guy Noël, 95 min, 16 mm, n&b. C’est l’histoire de Gabriel, jeune ex-pompier dans la vingtaine qui a choisi de vivre hors de sa société. A la frontière de la réalité-fiction c’est un peu plus que le phénomène du Non à tout. C’est aussi un Oui à l’imagination et à la fantaisie du quotidien.
- Isis au 8. Alain Chartrand. 65 min, n&b, 16 mm. La vie à la campagne tente de plus en plus la jeunesse pour différentes raisons: constestation de la vie urbaine, de la civilisation, du système politique et social.
- Une nuit en Amérique. Jean Chabot. 90 min, coul, 35 mm. Portrait en rupture d’une société dans un état de pourrissement avancé. Un film où l’on sent des forces occultes tirer les ficelles alors que la masse aux visages multiples (du fils d’ouvrier à l’Indien) vit dans un désarroi total.
- L’infonie inachevée. Roger Frappier. 85 min, coul, 35 min. Un documentaire qui retrace l’évolution et la rupture d’un groupe musical qui a marqué la réalité culturelle québécoise des années 70.
- Noël et Juliette. Michel Bouchard, 90 min. n&b, 16 mm/35 mm. Le film se veut le portrait d’un quartier ouvrier de Montréal, vu à travers les agissements d’enfants qui refusent de grandir, et qui préfèrent la réalité des bandes dessinées à celle qui les entoure.
La majorité de ces longs métrages ont fait l’objet de sorties en salles commerciales traditionnelles à titre d’expérience différente chaque fois. L’ACPAV vient de mettre de l’avant un projet de diffusion en collaboration avec une maison de distribution indépendante.
Bibliographie
Plusieurs documents et dossiers produits par le groupe. Un cahier publié par le CQDC sur Tu brûles… Tu brûles…
→ CARREFOUR INTERNATIONAL
4258, rue Delorimier, Montréal, tél: 527.66.11 (Iza Labelle).
Principales activités
Groupe d’information Tiers-Monde. Publie des documents/dossiers et distribue quelques films africains et latino-américains.
(aucune autre information au moment d’aller sous presse)
→ CINÉMA D’INFORMATION POLITIQUE-CHAMP LIBRE
(C.I.P.) 252 Est rue Mont-Royal no: 2, Montréal. Québec, tél; (514) 845.36.95 (resp. A. Berson; F, Giraud).
Origines et historique
A l’origine en 1968, le CIP première manière était un cadre de diffusion de films progressistes et militants (Semaines de cinéma politique dans un cinéma de répertoire, diffusion militante de L’heure des brasiers, films sur Mai 1968 etc.) utilisant des embryons de réseau parallèle à travers le Québec (collèges, universités, syndicats).
Il s’est fusionné à l’automne 72 avec le Groupe Champ libre, principalement producteur d’une revue politique de cinéma.
Objectifs
Développer au Québec un travail de propagande et d’explication des luttes ouvrières et populaires sur des bases marxistes-léninistes par la production et la diffusion de films militants. Développer aussi la critique politique de films, l’analyse du rôle du cinéma dans la société capitaliste (faite par la revue Champ libre) la diffusion de films (travail amorcé par le Comité d’information politique).
Principales activités
Le ClP-Champ libre a pris part activement aux différentes organisations du mouvement militant québécois de façon à refléter correctement son développement par différentes productions film/vidéo. Le groupe a également réalisé un diaporama sur le 1er Mai/Fête des travailleurs et un film super 8 mm sur l’exploitation des travailleurs haïtiens. Son travail a permis d’amorcer la création du Comité de solidarité aux luttes ouvrières qui rassemble une trentaine de groupes sur une base permanente.
Principaux films produits
On a raison de se révolter: 16 mm, n&b, 80 min. réalisation collective. Un film qui veut mettre de l’avant les luttes ouvrières les plus combatives desquelles on peut dégager des acquis politiques pour l’ensemble de la classe ouvrière.
Nature de la diffusion, mécanismes et principaux films diffusés
Ce film et les autres films du ClP servent à la popularisation et au soutien des luttes ouvrières. Il s’agit donc d’une diffusion essentiellement militante. Le CIP, en plus de diffuser les documents audio-visuels produits par lui, diffuse le film de Solanas, L’heure des brasiers; des films sur Mai 68 en France; et Shanghai au jour le jour.
Bibliographie
Mobilisation, No 5, février 1974.- « Entrevue ».
La Revue Champ libre, 7 numéros parus. 3 parus chez l’éditeur HMH, Montréal, les autres publiés indépendamment.
→ CONSEIL QUÉBÉCOIS POUR LA DIFFUSION DU CINÉMA
(CQDC) 3466 rue St-Denis, Montréal. Québec. Tél: (514) 842.50.79. (Directeur général: Lucien Hamelin).
Origines et historique
Le CQDC a été créé en janvier 1969 par les exécutifs de l’Association professionnelle des cinéastes du Québec, l’Association des producteurs de films du Québec, l’Association canadienne des distributeurs indépendants de films, et le Syndicat général du cinéma et de la télévision. C’est un organisme sans but lucratif, qui reçoit des subventions du ministère des Affaires culturelles du Québec, et de divers organismes du gouvernement canadien (SDICC, Conseil des arts) et qui est administré par les cinéastes québécois. La structure du Conseil est aussi soutenue maintenant par le Syndicat national du cinéma.
Objectifs
Le CQDC est un organisme de diffusion qui travaille au Québec et à l’étranger à promouvoir la connaissance des films québécois les plus progressistes et tous ceux qui donnent un reflet de la culture authentique du Québec. Le CQDC travaille à normaliser la circulation des films en développant des canaux de diffusion adaptés aux films et aux couches populaires de la population.
Le CQDC entend créer au Québec, et soutenir à l’étranger la création, de circuits de diffusion autonomes et alimentés en permanence par les films québécois et les films étrangers progressistes. L’organisme associe le plus possible les groupes locaux (et/ou nationaux) de diffusion à la définition et à la réalisation de ses programmes et de ses politiques.
Principales activités
Diffusion au Québec: organisation de circuits dans les villes et les campagnes, via les écoles, les groupes populaires, les salles de cinéma indépendantes. Par l’organisation de « Soirées-Rencontres » bâties autour de la présence d’un travailleur du cinéma québécois qui commente ses films et les discute avec les spectateurs. Ces soirées permettent un contact direct avec les divers aspects (techniques, financiers, artistiques) et les hommes qui en sont les premiers responsables. Le CQDC a de plus organisé diverses manifestations: quinzaine nationale de cinéma; il a collaboré à diverses manifestations régionales en fournissant des films et des animateurs. Il vient de mettre sur pied un programme de diffusion en salles commerciales à Québec, Montréal et autres centres importants du Québec, de même qu’il expérimente divers mécanismes de diffusion en salles commerciales normales, qui soient adaptés aux films et au public.
Diffusion à l’étranger: en liaison avec les organismes nationaux de diffusion, il a participé à des tournées dans les canaux offerts par les divers pays. Cette participation s’est effectuée principalement en France, en Belgique, sous forme de semaines, de rencontres, des films québécois et des cinéastes québécois avec leurs camarades étrangers, orientées vers le plus vaste public possible. En outre le CQDC assure la présence du cinéma québécois dans de nombreux festivals progressistes: Leipzig, Grenoble, Royan, Carthage, Ouagadougou, Pesaro, Poitiers. Il a en outre organisé des semaines de cinéma québécois à New York, Londres et Berkeley.
Le CQDC publie également des documents divers sur le cinéma québécois et ceux qui le font. Il a publié une série de 11 monographies consacrées aux cinéastes du Québec; un répertoire de films produits entre 1945-1974; des dossiers consacrés aux premiers films de jeunes cinéastes; et un bottin du cinéma québécois. Il possède en outre une abondante documentation sur le cinéma du Québec et ses cinéastes qu’il met gracieusement à la disposition des correspondants étrangers. Le CQDC agit en outre comme permanence du milieu auprès des cinéastes étrangers de passage, il favorise les contacts, et vient d’entamer une expérience de diffusion en salles de films du nouveau cinéma africain et arabe. Parmi ces projets les plus cher le Conseil projette d’établir une cinémathèque ambulante à travers le Québec, l’Ontario, le Manitoba et le Nouveau-Brunswick qui fonctionnera à l’aide d’un ciné-bus qui portera régulièrement aux écoles, aux ciné-clubs, aux syndicats, et aux groupes populaires et comités socio-culturels une sélection régulière de films québécois et étrangers.
Nature de la diffusion, mécanismes et principaux films diffusés
Le CQDC n’est pas un groupe de production et ne possède pas de droits de distribution des films qu’il diffuse. Cependant le Conseil peut faciliter les contacts entre producteurs québécois et étrangers; participer à des ententes de diffusion bi latérales. Dans les limites de ce statut le CQDC peut faciliter la diffusion de films au Québec et même prendre en charge l’équivalent dans les pays partenaires. Il espère ainsi dégager les conditions d’échanges permanentes sur d’autres bases. Le CQDC souhaite voir s’organiser annuellement un circuit international du cinéma progressiste et révolutionnaire qui offrirait une sélection de films récents au public des pays où il est possible de faire voir ces films ouvertement. Ces manifestations devraient pouvoir être organisées selon des formules permettant de rejoindre les couches populaires en banissant toute forme protocolaire susceptible de nuire à cet objectif.
Bibliographie
Cinéma Québec, Vol: 3, No: 1, sept 1973: « Le CQDC: Transformer les conditions de diffusion au Québec ».
Le Soleil, Québec: 31-l-70.- « Les pionniers de la diffusion ».
Le Soleil, Québec, 26-9-70.- « Pour un cinéma qui perd de l’argent ».
Québec Presse, 2-8-70.- « Faire connaître le cinéma d’ici ».
Journal de Montréal, 22-7-74.- « Faire connaître nos films au Québec et à l’étranger ».
→ IN-MEDIA
130 rue Saint-Paul Est, Montréal, Québec. Tél: (514) 861.79.57. (fond, resp: Fernand Dansereau). (Bien que ce groupe n’existe plus, nous l’avons répertorié à titre de documentation sur l’expérience qu’il a représenté au Québec).
Origines et historique
In-Média fut créé en 1970 par une équipe dont la plupart des membres avaient été mêlés à l’expérience du Groupe de recherches sociales de l’ONF (Voir Société Nouvelle). A l’époque des « stages audio-visuels » furent conçu dans le but d’utiliser les medium de communication pour favoriser la communication avec les autres à travers la créativité. Parallèlement à ces stages, le groupe ouvrit des ateliers permanents consacrés à d’autres disciplines: expression corporelle, arts plastiques, musique, écriture, théâtre etc.). L’équipe fut graduellement amenée à poursuivre l’expérience des stages tant dans ses locaux qu’à l’extérieur, intervenant ainsi dans plusieurs milieux.
Objectifs
Le groupe entendait répondre à l’expérience de la créativité et de la communication en valorisant la personne. Cette attitude rend plus apte à agir positivement dans leur milieu, les personnes qui participaient à la dite expérience. « Animation par la créativité en vue de favoriser le changement de la personne en rapport avec son milieu. »
Principales activités
Le groupe agit comme animateur, organisateur ou encore il fournit des personnes ressources dans des groupes de travail, des organismes professionnels, des associations, des rencontres, colloques etc., utilisant ses méthodes propres.
Le groupe travaille au niveau de la formation dans plusieurs secteurs de la créativité. Finalement il agit comme « agent » d’intervention auprès des collectivités dans le but de faciliter la prise en charge du milieu par lui même. Le groupe produit des films, des vidéogrammes, met à la disposition des groupes des ressources au niveau des médias ainsi que des animateurs socioculturels.
Principaux films produits
L’expérience de production cinéma du groupe In-Média est intéressante. Ses activités vont du court métrage au long-métrage en passant par le cinéma didactique, la télévision en circuit fermé ou en circuit ouvert. Ses expériences furent principalement orientées vers le cinéma de participation non seulement avec les professionnels (travail collectif) mais aussi avec les spectateurs dans le but de substituer à ces rôles traditionnels de nouvelles fonctions, de nouvelles relations.
Bibliographie
Une brochure sur le groupe et plusieurs feuillets, dépliants sur ses activités, publiés par In-Média.
ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE
→ AMERICAN DOCUMENTARY FILMS
(ADF) (1967-1972). (Même si ce groupe n’existe plus aujourd’hui, nous l’avons inclus dans le répertoire car il représente en quelque sorte, le premier modèle de cinéma « alternatif de décolonisation » qui ait existé). ADF avait des bureaux à New-York (Jerry Stoll & Michael Myerson) et à San Francisco (David Castro).
Origines et historique
Il s’agissait d’une organisation indépendante à but non lucratif née du désir et du besoin de voir se développer un cinéma qui soit à l’encontre des buts poursuivis par le cinéma hollywoodien et son mercantilisme. Le groupe a également été formé afin de contre-carrer le monopole de distribution et d’exploitation des films, contrôlé par les Majors. C’est au moment de la contestation des années 1967-68 qu’il a pris forme dans le but de diffuser les documents de contre-information produits par des cinéastes indépendants.
Objectifs
Le groupe ADF était donc une organisation dont le but était de produire et de distribuer des films, des bandes sonores, et des documents écrits, qui documentaient, analysaient et éclairaient le changement social d’un point de vue humain et indépendant. Il avait été formé par des artistes du cinéma afin d’explorer les causes et les effets des problèmes sociaux et de montrer les relations avec d’autres problèmes dans le but de provoquer et de stimuler la recherche de solutions. Citation de Brecht comme ligne politique: « Méfiez-vous du désir de voir la contestation accomplir les difficiles tâches de l’art. »
Quelques soient les raisons qui ont vu la disparition du groupe, on ne peut s’empêcher de constater que l’ADF était malgré tout quelque peu à l’avant-garde des groupes qui lui ont succédé, du moins dans ses options et les buts qu’il s’était fixés.
Principales activités
Son rôle visait donc à fournir des canaux de diffusion aux films qui voulaient traiter des sujets socio-politiques dans une perspective progressiste plus large. Sa détermination à combattre l’influence des mass-média, que ce soient la TV, la radio, le cinéma, la musique ou l’imprimé, tout en dénonçant les
monopoles financiers qui les contrôle et en dénonçant leurs liens avec le complexe militaro-industriel américain, donné une voie au peuple, en exposant les sources et les causes de la pauvreté, de l’injustice et de la guerre.
Principaux films produits
- Sons and Daughters. Jerry Stoll, 90 min, n&b, 16 mm. Le premier film réalisé sur le thème de l’opposition à la guerre d’Indochine, qui retrace les événements et la marche de protestation d’octobre 1965 à Berkeley contre la guerre du Vietnam.
- Vietnam: How Did we Get In: How Can we Get Out? David Schoenbrun, 33 min. n&b, 16 mm.
- Huey, collectif. 33 min, n&b, 16 mm. Une réunion du Black Panther Party à Oakland, Calif., avec des interventions de Cleaver, Carmichael, Brown, Foreman et Seale. Le film tente de définir la position politique des Black Panthers en 1968.
Et plusieurs autres films de long et court métrage sur différents sujets: le Vietnam, l’impérialisme, le chômage, l’organisation des travailleurs, les politiques électorales, les mouvements de libération de la femme, des noirs, des Amérindiens, des Mexicains; des films sur la question écologique, des films sur le Tiers-Monde, etc.
Nature de la diffusion, mécanismes et principaux films diffusés
Au niveau de la distribution/diffusion, American Documentary vendait des copies de ses films et/ou louait à divers organismes selon des tarifs adaptés aux moyens de chacuns. Le cinéaste contrôlait la diffusion de son film et un pourcentage de la recette vente, et/ou location était remise directement au cinéaste. Travaillant principalement en 16 mm ADF avait dû construire un réseau fondé sur des bases plus populaires pour la circulation de ses documents: écoles, universités, organisations politiques, comités de soutien ou de solidarité etc.
Bibliographie
Plusieurs dépliants, posters et catalogues publiés au cours de l’existence du groupe. Dernière publication de catalogue 1972.
→ CINE MANIFEST
308, 11th Street at Folsom, San Francisco, California, 94103: tél: (415) 626.55.96 (Peter Gessner, Stephen Lighthill).
Origines et historique
Le groupe a pris forme en 1970 à travers l’action de six personnes qui travaillaient dans la région de San Francisco et tentaient de former un Syndicat local: le Film Workers Union, qui s’est plus tard créé et s’est affilié aux cinéastes du poste de TV-KQED local 532 en 1972. Le groupe qui compte maintenant neuf (9) personnes a commencé à fonctionner en septembre 1972. Certains des cinéastes et techniciens avaient travaillé à American Documentary Films, d’autres avec Newsreel, et d’autres avec Francis Ford Coppola chez American Zoetrope, que plusieurs du groupe qualifient comme « une création hollywoodienne, un cheval de Troie à San Francisco. » L’optique de chacun était donc de travailler avec le film dans une perspective politique, dans une situation sociale consciente.
Cette conscience politique s’est développée non seulement à travers le travail chez ADF ou Newsreel, mais aussi à travers le travail de chacun des individus du groupe dans le cadre de l’action syndicale progressiste et tout autant dans des comités de solidarité aux luttes des mouvements noirs, Tiers-Monde, des femmes dans la région de la baie de San Francisco.
Objectifs
Cine Manifest entend produire des longs métrages de fiction dans une perspective socio- politique. S’inspirant des récents courants dans le cinéma européen, en particulier, et des films de Pontecorvo (La bataille d’Alger), de Rosi (Main basse sur la ville) de Bertolucci (Prima della rivoluzione) le groupe entend produire et réaliser des films de fiction pour les cinémas qui ne se contentent pas de constater ou de dépeindre les problèmes politiques actuels, mais qui démontrent les moyens que prennent les gens pour affronter et solutionner ces problèmes. Ce n’est pas là, affirme le groupe une idée neuve ou radicale, mais l’on constate, que le cinéma des périodes de crise a toujours joué un rôle d’évasion et de démobilisation. Cine Manifest croit qu’il est temps de renouer avec une tradition qui a donné au cinéma ces œuvres les plus marquantes dans des films comme Grapes of Wrath ou Salt of the Earth aux USA et comme Le voleur de bicyclettes en Italie. Le groupe croit de plus que l’attitude, ou l’option de travailler dans le domaine du cinéma pour un large public, est essentiel à une pénétration du travail politique à accomplir avec le cinéma au niveau des masses.
Principales activités
C’est donc sur une base collective que le groupe fonctionne depuis sa formation. Les salaires et revenus qui proviennent de la location de leur équipement et de leurs services (CineManifest produit des films de commandite pour les réseaux éducatifs, culturels, et aussi certains films industriels) sont mis en commun et redistribués sur une base paritaire de même que les sommes ainsi gagnées servent à l’achat et à l’entretien de l’équipement. Le travail collectif est un point d’ordre également au niveau de la rédaction des scénarios.
Ainsi le groupe peut compter sur une base matérielle et financière suffisante qui dégage et assure la présence et la permanence des énergies pour un travail collectif sur le plan de la scénarisation et éventuellement du tournage des films.
Dans le but de mieux intégrer et coordonner leurs travaux sur ce plan, le groupe a initié un atelier de comédiens travaillant et expérimentant au vidéo les notions et les théories de scénarisation. Le groupe vise ainsi d’établir une « compagnie de répertoire » de cinéma qui pourrait comprendre des scénaristes, des réalisateurs, des techniciens et des acteurs sous le même toit de travail collectif. La production du premier film a été entamée dans les derniers mois à San Francisco. Il s’agit de Over and Under (titre de travail) d’après un scénario de Gene Corr et Peter Gessner. C’est l’histoire d’un jeune ouvrier d’usine qui laisse son travail pour tenter sa chance dans le monde du baseball semi-professionnel. Sa rencontre avec une situation de grève sauvage menée par des ouvriers noirs et la conscientisation de sa condition détermineront son attitude positive et sa maturité.
Deux autres projets sont en cours de finalisation au niveau de l’écriture et le groupe entend produire ces films à petit budget et avec ses propres moyens de production.
Bibliographie
Cinéaste Magazine, Vol: VI, No: 3.- « Towards the Socially Conscious Entertainment Film ».
Brochures et autres documents publiés par le groupe.
→ CINE NEWS
P.O. Box 40014. San Francisco. Calif. 94140. tél: (415) 621.61.96. (Jeff Marchant).
Origines et historique
Formé par des ex-membres du San Francisco Newsreel ayant réalisé le film Revolution Until Victory. Le collectif produit et diffuse des films du Newsreel et les siens. Il vient de réaliser un film sur la grève des travailleurs chicanos contre la Farah Manufacturing au Texas et au Nouveau-Mexique.
(aucune autre information au moment d’aller sous presse)
→ CORPORATION FOR SOCIAL DOCUMENTARIES
140 Waverly Place New-York, 10014, N.Y.: tél: (212) 691.80.64. (resp. Norman Seider. Marc N. Weiss.)
(aucune autre information au moment d’aller sous presse)
→ FILMS FOR SOCIAL CHANGE
5098 Westminster, St-Louis, Missouri 63108: tél: (314) 361.74.30 (Jay Brandt). (En Europe) Films for Social Change. Rijkuniversiteit te Utrecht, Sociolo- gisch Instituut, Heidelberglaan 2 – de Uithof, Utrecht, Hollande, tél: (030) 53.18.681. (resp.: Léonard Henny).
Origines et historique
Films for Social Change est une coopérative de diffusion qui a été fondée à St-Louis en 1970 par Leonard Henny et qui fonctionne sur une base non lucrative. Le bureau européen a été ouvert en 1972 et il est dirigé par M. Henny qui est professeur à l’Institut de sociologie de l’Université d’Utrecht. La Coop diffuse et échange des films qui traitent de la libération des Noirs américains, de l’écologie, de la contre-culture, de la résistance urbaine, et des luttes du Tiers-Monde.
Objectifs
Les objectifs du groupe sont de contribuer à la création d’une nouvelle prise de conscience par rapport à la qualité de la vie. De créer une solidarité réelle et un soutien aux mouvements de libération des peuples opprimés tant dans le Tiers-Monde qu’aux USA. Les films distribués par le groupe cherchent à soulever et à analyser les problèmes de l’environnement, et de la distribution des ressources et du pouvoir dans notre société.
Principales activités
Le groupe diffuse plus de 60 films réalisés par une trentaine de cinéastes indépendants provenant de 7 pays. Le bureau en Hollande agit comme intermédiaire entre les cinéastes américains et latino-américains d’une part et les circuits européens d’autre part: en outre le bureau d’Utrecht aide les cinéastes européens à trouver des circuits pour leurs films aux USA. (voir activités du groupe en Hollande sous la section Europe/Pays-Bas).
Nature de la diffusion, mécanismes et principaux films diffusés
Le groupe ne distribue que des films en 16 mm: 1971 Wintersoldier; Bananera Libertad de P. von Gunten; The Brickmakers de Jorge Silva et Martha Rodrigues; Chale condraft de N. Reichline; Chicagode A. Tokinov; Teamsters-Students on Strike, collectif; d’autres films de groupes universitaires, ou politiques américains. Les films sont déposés à la cinémathèque du groupe et sont inscrit au catalogue. Les arrangements avec les cinéastes varient, soit par l’achat d’une copie, ou un partage des recettes. Le groupe tente de plus de trouver d’autres circuits pour la distribution ou la vente à d’autres groupes, aux télévisions etc.
En plus d’être diffusé dans les circuits communautaires, dans les groupes, écoles, universités, etc., le groupe possède un media truck qui circule dans la ville et projette les films dans les quartiers, accompagné d’animateurs. Cette méthode de diffusion est utilisée comme cadre de contre-information au moment où des problèmes majeurs, surviennent comme l’invasion du Cambodge, les bombardements au Vietnam, etc.
Bibliographie
Le groupe a publié plusieurs catalogues, tant à St-Louis qu’en Hollande de même que des rapports, dossiers etc.
→ MISSION MEDIARTS
Ch. 32, T.E.A.C.H. Dept. 1011, Bryant Street, San Francisco, California (resp: Ray Rivera)
(aucune autre information au moment d’aller sous presse)
→ NEW WORLD CINEMA (ex. Cinéma Engagé). 435 No. Roxbury Drive, suite 105. Beverly Hills, Calif. tél: (415) 843.69.00 (resp: Erica Sonn, Yves de Laurot).
ORIGINES ET HISTORIQUE Le « mouvement Cinéma Engagé est apparu pour la première fois à l’Université de Yale en mai 1965, sous forme d’un manifeste, qui fut diffusé par la suite lors du Festival du film de New York en 1967. Plusieurs textes théoriques ont ensuite été publiés sur le « mouvement dans la revue Cinéaste, 1ère série.
OBJECTIFS Depuis quelques années le « mouvement » est installé en Californie où il regroupe plusieurs collectifs de production de longs métrages en 35 mm. De nature « activiste » le groupe entend non pas filmer ce qui arrive, mais bien filmer de façon à ce que les choses (ou l’action) se produise.
PRINCIPALES ACTIVITÉS Le groupe possède son propre équipement, de même que de l’équipement vidéo et 16 mm. Il publie des textes théoriques et critiques sur le cinéma et la politique.
PRINCIPAUX FILMS PRODUITS Silent Revolution. Yves de Laurot. 40 min, 16 mm, n&b. Un film « d’agitation-poétique » sur le mouvement noir aux USA. Listen America. Yves de Laurot. 60 min, 35 mm & 16 mm, n&b. Documentaire poétique sur le « New Left » américain. Une critique du New Left des années 60 et sa chute dans les années 70. Le film veut retracer son historique de façon dynamique, ainsi que son développement, son potentiel et ses limites. BIBLIOGRAPHIE Cinéaste, Vol: III, No: 4, Spring 1970. Vol. IV, no: 1, Summer 1970. Vol: IV, no: 2, Fall 1970 [Première série de la revue). Cinéaste, (2e série): Vol: V, no: 4. « The Fallacy of Prolepsis: A critique of Yves de Laurot’s Cinéma Engagé ».
→ PACIFIC STREET FILM COLLECTIVE 280 Clinton St. Brooklyn, N.Y. 11202. tél: (212) 875.97.22. (Steve Fischler, Joël Sucher).
ORIGINES ET HISTORIQUE Les activités du groupe ont commencé vers 1969 alors que la plupart des membres étaient étudiants à l’Institut du film et de la TV de New York. Engagés politiquement et activement dans un mouvement politique de type anarchiste à l’Université, le groupe a vécu et documenté l’évolution de ce groupe jusqu’à son sabordement en 1969. Sorti de l’Université le groupe a décidé de former le Pacific Street Film Collective et de continuer à produire et réaliser un cinéma de type politique de contre-information sur différents sujets dans le contexte américain.
OBJECTIFS Pour le groupe, le cinéma qu’ils font n’est qu’un prolongement de leur propre engagement politique. Pour eux le cinéma n’est qu’un outil qui leur permet de traduire et de formuler leurs buts de façon cohérente afin de rejoindre le plus large public possible. Il pratique un cinéma de contre-information, dont le but ultime est de dénoncer l’hypocrisie du système capitaliste, et ce dans des formes qui soient accessibles au public.
PRINCIPALES ACTIVITÉS Le groupe produit et réalise des films documentaires commandités dans le but de se donner une base financière. Ils ont produit des documents pour la ZDF en Allemagne et pour le National Educational Television aux USA.
PRINCIPAUX FILMS PRODUITS Inciting to Riot. 35 mm, 16 mm, n&b, collectif. Le film tente d’établir un parallèle avec l’activisme politique à l’intérieur d’une université et les événements du monde extérieur. Par ce biais il démontre la complicité de l’Université de New-York dans la guerre du Vietnam et ses liaisons avec les grandes corporations internationales. Red Squad. 4 min, 16 mm, n&b. Collectif: Ce film démontre les tactiques employées par les agences et les services d’intelligence des polices locales et nationales aux USA.
BIBLIOGRAPHIE
Cinéaste, Vol: VI, no: 1, Radical American Film.
Whitney Museum of American Art, – N.Y.C., New American Filmmakers Series, Oct-Nov. 1973.
→ PHILADELPHIA FILMMAKERS WORKSHOP 5501 Wister St. Philadelphia, Penna. 19144. tél: (215) 985.09.32. (resp.: Lamar Williams).
OBJECTIFS Le groupe, récemment formé, a pour but de donner la chance aux cinéastes noirs de participer plus activement aux différents mouvements communautaires de la région. Il compte s’adonner principalement à la tâche de former et d’éduquer la communauté noire dans le domaine des moyens de communication audio-visuels. Le groupe compte également rétablir l’image du Noir américain qu’a stéréotypé le cinéma hollywoodien et les médias américains en général. Le groupe veut travailler à la décolonisation de cette image « blanche » qui est constamment imposée aux Noirs américains qui sont forcés de s’y identifier.
(aucune autre information au moment d’aller sous presse)
→ THIRD WORLD NEWSREEL (ex. Newsreel). 26 West, 20th St. New-York, N.Y. 10011. tél: (212) 243.23.10. (resp: Sue Robeson, Christine Choy).
ORIGINES ET HISTORIQUE Avec ADF, son contemporain, Newsreel fut le premier des groupes de cinéma de contre-information. Il fut fondé en 1967 après la démonstration du Pentagone contre la guerre au Vietnam et sa formule s’est rapidement répandue dans plusieurs villes américaines importantes: New-York, San Francisco, Chicago, Détroit, etc., où des groupes politiques divers se sont chargé de faire circuler les films produits dans ces. différents centres par les « Newsreels ».
Le groupe de New-York était principalement composé de jeunes militants blancs issus de la classe moyenne. On y retrouvait les noms de Robert Kramer et Norman Fruchter et un noyau de jeunes étudiants. L’essentiel des efforts, portait alors sur la production de films sur les activités politiques dans les campus. Sur le plan diffusion, la priorité allait aux films « gauchisants » (Cuba, Vietnam etc.) Le groupe restait peu ouvert aux femmes ou aux ressortissants américains du Tiers-Monde. Le point de vue du groupe était franchement « New Left ». Au cours de 1970, le groupe a subit des changements importants adoptant une ligne politique de type maoïste où la critique et l’auto-critique devaient jouer un rôle important dans la continuité et la permanence de la formule sur le plan de la production et de la diffusion. En 1973 le groupe devient « Third World Newsreel ».
OBJECTIFS Le groupe est maintenant constitué principalement de jeunes Américains dont les origines ethniques sont Tiers-Mondiques. Il entend maintenant placer les outils audio-visuels, au service et/ou dans les mains des opprimés, des travailleurs, afin de produire et de distribuer des films qui dénoncent l’exploitation économique des peuples du Tiers-Monde (tant dans le Tiers-Monde qu’aux USA) le racisme, le sexisme et les agressions militaires américaines partout dans le monde.
PRINCIPALES ACTIVITÉS Le groupe produit et distribue des films réalisés par le collectif ainsi que par d’autres cinéastes indépendants. Depuis 1973, il travaille également dans le domaine de la vidéo. Son activité est concentrée dans les services communautaires, les groupes de citoyens, des quartiers, les syndicats. Il a commencé également à former des techniciens issus des milieux minoritaires tiers-mondiques qui vivent aux USA.
Le groupe de San Francisco a lui aussi subit des transformations importantes depuis 1970. Un groupe distribue les films du Newsreel l’autre Cine News (P.O. Box 40014 San Francisco, Calif. 94140. tél: (415) 621.61.96) produit des films en 16 mm et des vidéogrammes.
PRINCIPAUX FILMS PRODUITS Parmi les principaux films produits à diverses étapes de l’évolution du Newsreel, mais toujours en distribution:
Columbia Revolt. 50 min, 16 mm, n&b. Collectif. Grève des étudiants de l’Université de Columbia à Harlem, N.Y. afin de protester contre la recherche militaire faite par l’Université. Finally Got The News. 55 min, col/n&b, 16 mm. Un documentaire sur l’organisation des ouvriers noirs dans les fabriques d’automobiles de Detroit. Only the Beginning. 20 min, coul, 16 mm. En avril 1971 des milliers de vétérans de la guerre du Vietnam marchent sur Washington dans le but de dénoncer leur participation au génocide et demandent la fin des combats. El pueblo se levanta. 42 min, n&b, 16 mm. Un film sur les Portoricains de New-York et le travail des « Young Lords », un parti politique qui lutte pour la reconnaissance des droits des compatriotes Portoricains, dont 1/3 de la population active a émigré aux USA. Black Panther. 20 min. n&b, 16 mm. L’un des premiers films réalisé avec les Panthers qui comprend des entrevues avec Huey Newton, Eldridge Cleaver, Bobby Seale. The Woman’s Film. 40 min, n&b, 16 mm. Des femmes, blanches, noires, chicanos, parlent de leurs problèmes avec franchise et sincérité. Le premier film sur la femme fait par des femmes, pour des femmes. Revolution Until Victory. 45 min, n&b, 16 mm. Le film retrace l’historique du mouvement de libération palestinien, et analyse la montée du mouvement zioniste international le rôle et la complicité d’Israël dans l’entreprise impérialiste. Teach Our Children. 35 min, 16 mm, n&b. Collectif. A partir d’entretiens réalisés à la prison d’Attica, N.Y. pendant l’occupation, le film tente de démontrer comment le geste des prisonniers d’Attica est une caractéristique de la lutte des peuples du Tiers-Monde à l’intérieur même des USA. Un document « d’agit-prop » qui provoque une prise de conscience sur l’élargissement de la lutte.
NATURE DE LA DIFFUSION, MÉCANISMES ET PRINCIPAUX FILMS DIFFUSÉS
En plus de distribuer ses propres productions, Third World Newsreel distribue plusieurs autres films sur le Tiers-Monde et sur des situations américaines. Son catalogue comprend plus de 150 productions Newsreel, des productions de l’ADF, des films cubains, et latino-américains. Third World Newsreel, comme beaucoup d’autres groupes similaires, constate maintenant que bien que le réseau non commercial 16 mm de diffusion s’est accru et stabilisé aux USA. en particulier au cours des dernières années, l’auditoire qu’il touche, même s’il permet de compter sur une base financière qui assure une continuité, reste néanmoins marginal par rapport aux couches que touchent les circuits de distribution de masse contrôlé par la finance américaine. Le groupe cherche donc maintenant à redéfinir le type d’auditoire qui a besoin d’un cinéma progressiste; les mécanismes de diffusion qu’il faut développer pour rejoindre de nouveaux auditoires; la structure économique qu’il faut construire pour mieux contrôler production et distribution; la nature même des films sur le plan style et contenu. Pour cela le groupe a élargi son réseau de distribution des écoles, des groupes politiques, vers les regroupements Tiers-Monde à l’intérieur des USA, au niveau des organisations de travailleurs, et des institutions d’enseignement.
Ainsi, conclut le groupe, si la distribution théâtrale dans les salles est importante, elle doit constituer l’un des aspects de la diffusion, parce que les films doivent également rejoindre les gens là où ils peuvent plus directement les concerner.
BIBLIOGRAPHIE Cinéaste. Vol: IV, No: 4.- « Newsreel Film and Revolution ». Positif, No: 97, été 68.- « Déclaration de The Newsreel ». Film Quarterly, Winter 1968.- « Newsreel ». Cinéma 70, No: 151, Déc.- USA, le groupe Newsreel. Catalogues de Newsreel et Third World Newsreel. Dépliants, brochures publiées par le groupe. Film à Doba, 2 fév, 72. TRICONTINENTAL FILM CENTER (ex: Third World Cinema Group) 333 Sixth Ave., New York, N.Y. 10014. tél: (212) 989.33.30 (Rodolphe Broullon, Gino Lofredo) Également un bureau en Californie: (P.O. Box 4430, Berkeley, Calif. 94704, tél: (415) 548.32.04. (Carlos Broullon).
ORIGINES ET HISTORIQUE Les activités du Third World Cinema Group ont commencé en Californie, à Berkeley, alors que le groupe avait acquis les droits de La hora de Los hornos de Getino/Solanas et du Sang du condor de Jorge Sanjinés. Ce dernier film fut présenté au Festival de San Francisco en 1970. C’est au cours de la même année que fut fondée la Tricontinental Film Center à New-York.
A l’origine, et encore maintenant, le groupe avait été crée par de jeunes ressortissants latino-américains. Quelques-uns à titre de membres des « Brigades Venceremos », se rendent à Cuba en 1970 et voient pour la première fois des films latino-américains y reconnaissent leur pays, leur peuple, leur culture. De la nécessité historique de montrer ces films aux USA nait donc le groupe Third World Cinema. Ils trouvent les moyens d’importer un minimum de films et se débrouillent d’abord pour les faire voir, en organisant des projections-débats. Sans « culture » cinématographique, ni connaissances des mécanismes, ils parviennent néanmoins à rejoindre un public important. Le Tricontinental Film Center est donc né de cet engagement politique du groupe.
OBJECTIFS Le collectif est une corporation à but non lucratif formé dans le but de permettre une distribution maximum aux États-Unis de films contribuant à la compréhension de problèmes sociaux, économiques culturels et politiques du Tiers-Monde. Cette distribution devrait assurer en retour une base économique pour les cinéastes du Tiers-Monde, afin de réalimenter leur production.
PRINCIPALES ACTIVITÉS Le groupe entend faire porter de plus en plus son action, sur la présentation des films dont il possède les droits 35 mm, dans les salles commerciales à travers les USA. Il distribue ces films également dans les circuits non commerciaux en 16 mm: les musées, les cinémathèques, les ciné-clubs universitaires, les organisations de base, les organisations politiques etc. Ce circuit forme l’essentiel des revenus du groupe. Cest le plus rémunérateur sur le plan des revenus pour les cinéastes dont il distribue les films. Tricontinental diffuse ses films dans ces circuits non commerciaux et dans les milieux éducatifs, où il vend en outre des copies de ses films à diverses filmothèques. Un « département » de ventes s’occupe de ce secteur.
Tricontinental publie un catalogue annuel qui est expédié à plus de 20 000 correspondants. Il publie des brochures et des guides de discussion pour chaque film qu’il distribue. Ces livrets contiennent des éléments de présentation et de discussion pour le film. Cette documentation est expédiée aux spécialistes d’études ffricaines, latino-américaines etc. Les films sont parfois accompagnés d’un animateur et/ou d’un conférencier pour présentation dans le circuit éducatif ou dans les organisations politiques. Le groupe a toujours mis l’accent sur la nécessité de prolonger le rôle des films par un travail politique d’information.
NATURE DE LA DIFFUSION, MÉCANISMES ET PRINCIPAUX FILMS DIFFUSÉS Voir question 4 qui regroupe certaines des activités du groupe sur ce plan. Les tarifs de location et/ou de vente varient selon les groupes, leur importance et/ou leur rôle ou action. Principaux L-M. distribué par Tricontinental, catalogue 75: A Thousand and One Hands (Les mille et une mains) Souhel Ben Barka (Maroc); The Passengers (Les passagers)Annie Tresgot (France-Algérie); Free People of Guinea-Bissau, Axel Lohman & Rudi Spee; Peasants of the Second Fortress, Shunsuke Ogawa (Japon); The History Book, Janik Hastrup (Danemark); The Traitors (Los traidores), Collectif Grupo Cine de la Base, (Argentine); The Cry of The People, Humberto Rios (Bolivie); The Promised Land (La tierra prometida) Miguel Littin (Chili); When The People Awake (Cuando despierta el pueblo) collectif (Chili); What is Democracy?, Carlos Alvarez, (Colombie); Memories of Underdevelopment, Thomas Gutierrez Alea, (Cuba); Tupamaros, Jan Lindqvist, (Uruguay) produit par Film Centrum Suède; Attica, Cinda Firestone (USA); No Vietnamese ever called me Nigger, David Loeb Weiss, (USA); La hora de los hornos, F. Solanas & 0. Getino (Argentine).
BIBLIOGRAPHIE Catalogues, brochures, dépliants et autres documents publiés par le groupe.
Ce texte est issu du cahier no 2 des Rencontres de Montréal : Comité d’action cinématographique (Québec). Cahiers des Rencontres internationales pour un nouveau cinéma. Montréal : Comité d’action cinématographique, 1975, 4 vol. Bibliogr. ; Ill. Cote PN 1993.4 R39
(Note : les informations qui suivent sont issues du cahier no 2 des Rencontres de Montréal. Elles datent de 1975 et n’ont pas été mises à jour depuis).
ORGANISME INTERNATIONAL
→ COMITÉ DE CINEASTAS DE AMERICA LATINA
Apartado 17104, Caracas Venezuela. (Sec. Gén. Walter Achugar).
Origines et historiques
Le Comité des cinéastes latino-américains a été créé lors des Rencontres internationales pour un nouveau cinéma à Montréal en juin 1973. Il faisait suite à plusieurs réunions et discussions sur l’opportunité et la nécessité de son existence, qui eurent lieu tant à Alger en décembre 1973, qu’à Buenos Aires en mai 1974. Un comité provisoire formé lors des Rencontres de Montréal fut confirmé dans ses buts et ses fonctions furent entérinées lors d’une réunion à Caracas en septembre 1974.
Objectifs
Assurer la continuité et la permanence des rencontres de cinéastes latino-américains sur un plan annuel. Promouvoir des réunions régionales et des séminaires d’étude dans le but d’examiner et de discuter la problématique du cinéma latino-américain. Établir une solidarité active avec les cinématographies nationales qui subissent la persécution et la répression de régimes dictatoriaux comme au Chili, en Uruguay et en Bolivie ainsi qu’avec celles des pays qui risquent de subir la même situation. Appuyer les cinématographies des pays en voie de développement et promouvoir la naissance de cinématographies dans ceux qui n’en n’ont pas. Dénoncer de façon permanente l’utilisation des moyens de communication de masse par l’impérialisme comme instrument de pénétration idéologique et de déformation de la culture latino-américaine de même que la politique néocoloniale de domination culturelle. Promouvoir une politique des moyens audio-visuels qui soit au service des peuples de l’Amérique latine. Organiser et préparer un recensement du cinéma latino américain qui réunira les informations suivantes: conditions de production, de distribution et d’exhibition; inventaire des moyens et des équipes techniques; films réalisés, et en voie de réalisation pour en faciliter la circulation. Promouvoir la participation du cinéma latino-américain dans les festivals, rencontres et autres manifestations culturelles similaires, avec l’objectif de démontrer que le cinéma est un instrument de connaissance fondamental de la réalité continentale. Publier un bulletin informatif sur la situation du cinéma latino-américain et créer les conditions de sa réalisation.
Bibliographie
« Por un cine latinoamericano ». Plaquette publiée par les Rencontres des cinéastes latino-américains en solidarité avec le peuple et les cinéastes du Chili. Caracas, sept. 74.
Cahier 1. Projets et résolutions. Rencontres internationales pour un nouveau cinéma. Montréal. Juin 74.
Positif, No: 164; Déc. 1974. « Les Latino-américains à Montréal ».
Cinema Sessanta, 97/98, Maggio-agosto 74. « Documento costitutivo della FELACI ».
ARGENTINE
→ GRUPPO CINE LIBERACION
Très Sargentes 401; 5°piso, Dpto B. Capital Federal, (dir: Fernando Solanas)
Objectifs
Formé vers 1965, le Gruppo Cine Liberacion fut à l’origine une organisation clandestine de production et de diffusion. L’Argentine était alors sous la dictature militaire. Fernando Solanas, et Octavio Getino réalisent et diffusent La hora de los hornos et élaborèrent la théorie du tercer cine (troisième cinéma). Les travaux de Solanas et Getino, le film La hora de los hornos, et par conséquent les activités et les Objectifs du groupe sont très bien connus. Le Manifeste « Vers Un Troisième Cinéma «est en lui-même un historique de la praxis et de la théorie des cinéastes argentins. D’autre part le Cahier 3 (trois) de la présente série, comprendra un exposé complet de Solanas, prononcé lors des rencontres qui retrace l’historique et qui précise certaines des théories du Groupe Cine Liberacion.
D’autre part le même document (cahier 3) comprendra deux courts exposés, l’un d’Edgardo Palero et l’autre de Humberto Rios sur le Frente de liberacion de la cinematografia argentina – soit le Front commun des cinéastes argentins qui avait pu, avec l’arrivée de Campora au pouvoir en 1973, entreprendre le combat, plus ouvertement pour une législation progressiste sur le cinéma. Toutefois les événements de la dernière année en Argentine, ont réduit au silence quasi total le mouvement de décolonisation du cinéma argentin.
Rappelons que le groupe Cine Liberacion, a produit en outre de La hora de los hornos, le film de Gerardo Vallejo: El camino hacia la muerte del viejo reales, ainsi que deux courts cinétracts; Ollas populares et La paz. Finalement outre le document « Hacia un tercer cine », de Solanas et Getino publié originalement par le revue Tricontinental en 1969, les auteurs ont également signé un autre livre intitulé Cine, cultura y descolonizacion (Siglo XXI, Buenos Aires, janvier 1973) et qui reprend plusieurs des textes de Solanas et Getino parus entre 1966 et 1972, de même qu’une liste des films produits et diffusés par le Groupe et un bilan de ses activités tant clandestines que dans le cadre du Front de liberation du cinéma argentin. Pour ces raisons donc, et aussi le manque d’espace disponible à l’intérieur des limites que nous nous sommes imposées dans le but de rendre ce document plus accessible et plus efficace en termes d’outil de travail, nous avons choisi de référer le lecteur à la Bibliographie ci-bas qui concerne le groupe, ses buts, ses activités et son historique.
Bibliographie
« Hacia un tercer cine », in Tricontinental, No 13, Oct. 1969.
« Vers un troisième cinéma », in Tricontinentale, No: 3, 1969.
« Towards a Third Cinema », in After Image, No: 3, Summer 1971.
« Towards a Third Cinema », in Cinéaste, Vol. IV, No: 3; Winter 70/71
« Verso un terzo cinema » in Cinema e lotta di leberazione (« Cinema e rivoluzione », no: 1, La nuova sinistra, Roma, 1970)
Cahier 3, Rencontres internationales pour un nouveau cinéma. Textes et conférences.
Cine, cultura y descolonizacion. Siglo XXI, 1973.
Maktens Objektiv (Film och filmpolitik i tredje världen; Ulf Stenberg, Ove Saverman. Almquist & Wiksell, Stockholm, 1973)
El Frente… même adresse que Cine Liberacion.
→ CINE DE LA BASE
(Adresse non disponible au moment d’aller sous presse)
Origines et historique
Groupe de production et de diffusion formé en 1973 dans le but de produire le film Los traidores. C’est à partir de l’expérience de production et de diffusion de ce film, que le groupe s’est donné une ligne politique interne de réflexion dont les conclusions ont porté essentiellement sur la nécessité de créer de nouveaux mécanismes de diffusion et d’exhibition. Ce travail impliquait la nécessité d’accomplir un travail qui déborde le champ cinématographique. Le Groupe a donc adhéré à la F.A.S. (Frente anti-imperialista y por el socialismo) et à partir de cette nouvelle définition a commencé à élaborer de nouveaux critères sur la plan politique et technique.
Objectifs
En tant que groupe de cinéma, Cine de la Base entend intervenir concrètement dans le processus politique argentin. Le groupe propose un cinéma militant, dont les perspectives de travail rejoignent celles du prolétariat et dont les films doivent servir comme instrument dans la lutte contre l’impérialisme et ses alliés, sur le thème de la conscience de classe. Le cinéma du groupe se veut un cinéma « alternatif » qui œuvre dans les intérêts et la nécessité de la révolution et qui contribue à la conscientisation. En somme faire un cinéma qui pourrait se caractériser comme « matérialiste dialectique ». Un cinéma qui s’appuie sur une pratique qui pourra changer fondamentalement les relations entre l’idéologie des films et les conditions matérielles de production, distribution et exhibition. Dans cette perspective le groupe entend pratiquer un cinéma qui participe activement au plus important phénomène culturel contemporain: la Révolution socialiste.
Principales activités
Prioritairement le groupe a à travailler à l’édification d’un réseau très large qui projette des films pour la Base. Avec l’aide d’autre cinéastes dans le pays, se sont créés d’autres groupes de Cine de la Base à partir des régions et des provinces, qui tout en montrant les films diffusés ont tenté de créer des équipes de production. Le noyau de ce réseau était formé de comités de la Base, d’unions, de syndicats, d’organisations politiques et étudiantes qui adhéraient ou non au F.A.S. Après 9 mois de travail Cine de la Base avait un circuit fonctionnel au niveau de 9 provinces. Dans le but de mieux rejoindre les travailleurs, plusieurs projections étaient effectuées dans les conditions spécifiques des luttes et dans le cadre de l’organisation du peuple. Plusieurs projections, ont dû souvent être faite dans la semi-clandestinité afin d’assurer la sécurité des participants contre les bandes fascistes ou la répression. Généralement ces projections se déroulaient devant une quarantaine de personnes. Ailleurs le groupe a réalisé des projections dans des locaux syndicaux, des universités etc. Dans d’autres cas des projections ont été effectuées pour les paysans indiens avec traduction simultanée. Sur le plan de la production le groupe a poursuivi une campagne d’éducation sur les méthodes et techniques de production d’un film. Cette option de travail fut particulièrement efficace dans le cas de la réalisation de tracts lors de conflits syndicaux. Dans ces cas les ouvriers ont souvent participé et/ou réalisé eux-mêmes les films.
Nature de la diffusion, mécanismes et principaux films diffusés
- Los traidores. Collectif. Couleur, 114min, 16 mm/35 mm. Le film retrace la vie d’un leader syndical argentin dans une perspective historique et politique de l’Argentine contemporaine.
→ GRUPPO TERCER CINE
Juan Manuel Blanes 167. Capital Fedéral. Tél. 21.55.10. (resp.: Humberto Rios)
Nature de la diffusion, mécanismes et principaux films diffusés
- Al grito de este pueblo. Humberto Rios. 16 mm couleur, 65 min. Un documentaire qui retrace les luttes révolutionnaires du peuple bolivien.
(aucune autre information au moment d’aller sous presse)
BOLIVIE
→ UKAMAU
(groupe de production créé par Jorge Sanjinés)
Origines et historique
Le groupe fut formé en 1966, à la suite de l’interdiction du film du même titre par le régime Barrientos. Le film Ukamau étudiait les relations entre les deux communautés qui composent la population bolivienne: Indiens et Métis. Le film fut interdit et Sanjinés destitué de son poste à l’Institut du film, qui depuis a été fermé. En 1971, à la suite du coup d’État du général Banzer, Sanjinés a dû s’exiler au Pérou. Le nom du groupe est rattaché aux autres productions subséquentes de Sanjinés.
Objectifs
« Nous ne faisons pas de cinéma à la recherche d’une nouveauté. Ce fut notre propre réalité, qui peu à peu a exigé de nous plus de conséquence et d’authenticité dans la recherche de la vérité et sur le chemin de la révolution. Nous devons chercher notre propre idéologie dans les sources culturelles de nos peuples. Tâche très dure dont il est facile de parler théoriquement, mais qui est difficile à réaliser dans la pratique. C’est une question de plusieurs années, de plusieurs générations. » Déclaration de Jorge Sanjinés, mars 1972.
Principales activités
De 1966 à 1974 le groupe Ukamau a réalisé 4 films de long métrage. Si la durée de production pour chaque film fut de 6 mois il a fallu perdre plus de 60 mois pour chercher les moyens de produire; 5 ans perdus à cause du système dans la recherche des moyens économiques. Pendant ce temps plus d’une quinzaine de scénarii ont été écrits et préparés et 5 seulement ont été matérialisés. L’un des films fut complètement perdu, le négatif irréparablement endommagé par un sabotage dans un laboratoire de Berlin Ouest alors que 70 pour cent de l’histoire était déjà filmée. Il s’agit d’un film nommé Les chemins de la mort. Une des réflexions qu’amène ce bilan, pour le groupe est la nécessité, afin d’éviter une extinction possible de ces mouvements culturels de libération, de trouver des solutions d’ensemble et une politique de production qui protège et garantisse la survie et le développement du cinéma révolutionnaire…
Le cinéma révolutionnaire doit déployer une grande offensive de production et disputer à l’impérialisme le marché latino-américain, ajoute le groupe. Ainsi on reconquerra un public qui est resté à la merci du cinéma corrupteur. Il ne s’agit pas tant d’une grande entreprise économique que d’une grande entreprise politique et culturelle…
La communicabilité qui signifie aussi attraction, clarté, humour et intérêt, peut parvenir à se libérer des vices du langage du cinéma commercial. Ce que dit Julio Garcia Espinoza, conclut le groupe, citant Brecht, à propos du cinéma révolutionnaire semble juste, à savoir que dans sa majorité il n’a pas encore réussi à procurer du plaisir. En dehors du fait que les Objectifs d’un cinéma révolutionnaire ne sont pas de divertir, mais de préoccuper, mobiliser et faire prendre conscience, et de même que son orientation et son objectif final n’est pas de se constituer en spectacle, mais en document, ce cinéma doit avoir un pouvoir attractif et un intérêt capable de captiver et de gagner le peuple pour en faire son interlocuteur et obtenir sa participation.
(extrait d’un texte du groupe Ukamau reproduit par MK2 Diffusion)
Principaux films produits
- Yawar mallku (Le sang du condor), Jorge Sanjinés, 35 mm (16 mm) n&b. 85 min. Dénonciation du programme de contrôle des naissances imposé à la Bolivie par les U.S.A. qui consiste, pour certaines régions et certaines catégories de la population à stériliser les femmes.
- Coraje del pueblo, Jorge Sanjinés, 35 mm (16 mm), couleur, 90 min. Reconstitution du massacre des mineurs boliviens le 24 juin 1967 par les forces armées du régime Barrientos.
- L’enemigo principal. Jorge Sanjinés, 35 mm, couleur, 90 min. Des paysans indiens tentent de s’opposer à l’oppression et à l’exploitation des propriétaires fonciers, mais en continuant à faire confiance au pouvoir central, un pouvoir aux ordres de l’impérialisme. La répression du pouvoir aura pour effet de souder les villageois dans leur lutte et de comprendre les buts de la guérilla.
Bibliographie
Cine cubano, nos: 71-72, 1972.- « Texte de Jorge Sanjinés ».
Cahiers du Cinéma, No: 253, oct-nov. 1974.- « Sanjinés et le groupe Ukamau ».
Dossier de Presse MK2 Diffusion sur Courage du peuple.
Maktens Objektiv. U. Stenberg, 0. Saveman. (Almqvist & Wiksell, Stockholm).
COLOMBIE
→ A.V. ASSOCIADOS
Apartado Aereo 11882. Bogota. (Resp: Carlos Alvarez).
Principales activités
Collectif de production et de diffusion de films principalement en 16 mm.
Principaux films produits
- Que es la democracia ? Carlos Alvarez. 16 mm. n&b. 42 min. Film de montage qui tente de faire le point sur la « démocracie » telle qu’elle se pratiquait en Colombie au moment des « élections » de 1970, les premières dans ce pays depuis 1954.
- Columbia 70. Carlos Alvarez, 16 mm. n&b. 5 min. Film de montage qui établit un parallèle entre une vieille femme qui se meurt de faim dans un quartier de Bogota et un publicitaire de Kodak.
- Un dia yo pregunté. Carlos Alvarez. 16 mm. n&b. 9 min. Film de montage sur l’aliénation des croyances religieuses.
Bibliographie
Maktens Objektiv. U. Stenberg/0. Saverman. Ed. Almqvist & Wiksell Stockholm.
CUBA
→ ICAIC
(Instituto cubano de arte y industria cinematograficos) Calle 23. no. 1155, La Habana. (Dir.: Alfredo Guevara).
MEXIQUE
→ CENTRO UNIVERSITARIO DE ESTUDIOS CINEMATOGRAFICOS
(CUEC) Cinemateca del U.N.A.M. Yautepec 32-1, Col. Condesa. Mexico. D.F. (resp. sec. prod.: Manuel Gonzales Casanova).
Principales activités
Groupe de production de l’École de cinéma, rattaché à l’Université nationale.
(aucune autre information au moment d’aller sous presse)
→ TERCER MUNDO A.C.
Chihuahua No. 175-305. Mexico, D.F. Tél. (905) 553.31.87 (resp: Carlos Carillo).
Principales activités
Groupe de diffusion.
(aucune autre information au moment d’aller sous presse)
→ DIRECTORES ASOCIADOS S.A.
Avenida Toluca 306- Casa 20. Mexico 20 D.F. (Alberto Isaac, Sergio Olhovic, Gonzales Martinez, Paul Leduc).
Principales activités
Regroupement de quelques cinéastes mexicains venus de l’expérience de la production industrielle et qui veulent produire de façon indépendante des films engagés. (Aucune autre information au moment d’aller sous presse).
PANAMA
→ GRUPO EXPÉRIMENTAL DE CINE UNIVERSITARIO
(GECU) Estafeta Universitaria. Ciudad Uni- versitaria. Panama, tél: 64.27.56 (Directeur: Pedro Rivera).
Principaux films produits
Le groupe a produit un film: Ahora ya no estamos solos réalisé par Enoch Castillero, n&b, 54 min. 16 mm. Le film présente le combat du peuple de Panama contre l’exploitation des monopoles américains. Le film a été tourné lors de l’Assemblée extraordinaire du Conseil de sécurité des Nations Unies à Panama.
(aucune autre information au moment d’aller sous presse)
PÉROU
→ SI.NA.MO.S.
(Sistema national de mobilizacion social) Direccion Cine. Centro Civico Sinumero. Lima. Tél: 31.39.78 (Dir: Federico Garcia).
(aucune autre information au moment d’aller sous presse)
→ SITEIC
(Sindicato de trabajadores en la industria cinematografica del Peru) Lima.
Origines et historique
Regroupement des travailleurs du cinéma péruvien créé vers la fin de 1974 dans le but de réclamer une nouvelle Loi sur le cinéma.
Objectifs
Les buts du regroupement sont les suivants: réclamer l’expulsion de l’impérialisme de la distribution et la construction d’un cinéma national. Le groupe lance un appel à tous les travailleurs de l’art et de la culture, réclamant leur solidarité dans la lutte historique qui s’annonce pour la décolonisation culturelle du peuple péruvien. Une lutte contre l’utilisation par l’impérialisme des moyens de communications, et contre toutes les forces réactionnaires et anti-nationales qui entravent la libération du peuple péruvien et la conscientisation face à sa propre culture nationale. Le groupe propose la nationalisation de la distribution, et la construction d’un cinéma national.
Principales activités
SITEIC publie des bulletins d’information sur les réformes et les propositions de la loi sur le cinéma.
URUGUAY
→ CINEMATECA DEL TERCER MUNDO
(C3M) Montevideo (resp. fondateurs: Mario Handler, Walter Achugar).
Origines et historique
La Cinemateca del Tercer Mundo a été créée le 8 novembre 1969. Ses fondateurs travaillaient depuis quelques années dans le domaine de la diffusion du film politique. Ils avaient créé un circuit de contre-information en 16 mm et 35 mm, mais très vite le groupe se rendit compte qu’il devait tourner ses propres films sur la situation dans le pays. Ce besoin s’était d’abord fait sentir deux ans auparavant en juin 1967, quand l’hebdomadaire de gauche Marcha avait organisé en collaboration avec le groupe un festival des meilleurs films de l’année parmi lesquels on retrouvait nombre de films cubains et latino-américains qui avaient été montrés à Vina del Mar au Chili quelques mois auparavant. Une sélection de ces films a par après circulé à travers tout le pays, et c’est delà qu’est venue l’idée de réaliser des actualités révolutionnaires. La manifestation des étudiants à Montevideo pendant la conférence de Punta del Este, fut le sujet d’un premier film de Mario Handler: Me gustan los estudiantes. La mobilisation engendrée par la projection du film fit prendre conscience à ses réalisateurs de l’influence concrète que pouvait avoir le cinéma sur les luttes en cours. D’autres projets ont suivi et la C3M devint vite le point de ralliement du cinéma latino-américain, tant sur le plan de sa production que sur celui de sa diffusion.
Objectifs
Diffuser et produire des films politiques concernant les différentes luttes au niveau international contre l’impérialisme et aussi des films qui puissent être utiles pour un travail politique dans le pays essayant de témoigner de la réalité pour aider à la changer.
C’est lors du deuxième Festival de films engagés que la C3M a marqué sa fondation. Le cinéaste Joris Ivens y participait. Le groupe a également publié deux numéros d’une revue intitulée Cine del Tercer Mundo. Déjà à cette époque la Cinemateca possédait une centaine de copies de films principalement latino-américains. Presque toujours ces copies étaient importées clandestinement. La C3M a par ailleurs continué la production de films en Uruguay. Un groupe s’est constitué avec comme fonction principale la production, tandis que deux autres avaient pour responsabilité la diffusion: l’un sur le plan de la diffusion dans les salles et à la TV, l’autre sur un plan plus strictement militant. Le groupe a par ailleurs réalisé un film pour El frente amplio.
La C3M a de plus contribué à la formation de plusieurs techniciens dans le but de parvenir à réunir les conditions économiques et pratiques, d’un véritable décollage du cinéma uruguayien. Depuis le coup du régime Bordaberry, la C3M a dû arrêter ses activités ses films ayant été saisis par les militaires. Ses animateurs furent emprisonnés pour activités « subversives ». Torturés puis relâchés, ils vivent depuis en exil. La Cinémathèque, en exil en Argentine pendant quelques mois, a pu réaliser un court dessin animé sur les problèmes des prisonniers politiques.
Principaux films produits
Me gustan los estudiantes. Mario Handler. 16 mm, n&b, 6 min. Film de montage sur les manifestations étudiantes contre la conférence de Punta del Este en 1969.
Liber Arce-Liberar se. Mario Handler & Mario Jacob, 16 mm, 10min, n&b. Film de montage sur la mort d’un jeune étudiant abattu par les policiers pendant une manifestation à Montevideo.
El problema de la carne. Collectif. 16 mm, n&b, 21 min. Un documentaire de contre-information sur le problème de l’exportation de la viande en Uruguay, film réalisé en collaboration avec un syndicat.
La bandera que levantamos. Mario Jacob, Eduardo Terra. 16 mm, n&b, 14 min. Film réalisé pour la campagne du Frente amplio (Union de la gauche) lors des élections de 71.
En la selva hay mucho por hacer. Collectif. 35 mm, couleur, 17 min. Film d’animation d’après des poèmes d’un prisonnier politique.
Bibliographie
Afrique Asie, no: 28, 16 avril 1973.- « Où en est le cinéma révolutionnaire en Amérique latine »
Maktens Objektiv, U. Stenberg & 0. Saverman. Ed. Almqvist & Wiksell. Stockholm, 1973.
Cine del Tercer Mundo, Oct. 1969, No: 1 et No: 2. publié par la C3M.
VÉNÉZUÉLA
→ FEDERACION VENEZUELENA CINECLUBES
(Fe.Ve.C.) Plaza Morelos. Museo de Bellas Artes. Caracas, (resp: Ambretta Roffe).
Principales activités
Organisme de diffusion de films en 16 mm et 35 mm pour les groupes et ciné-clubs du Vénézuela.
(aucune autre information au moment d’aller sous presse)
→ CINECLUB DEL ESTADO
Carrera 17/No: 29-96. Barquisimeto (Resp: Juan A. Rodriguez).
→ CINE CLUB UNIVERSITARIO
Treatro Baralt.Maracaibo. (resp: Gabriel Arriechi).
Objectifs
Deux groupes qui font un travail avec les organismes de la base et qui diffusent des films progressistes.
(aucune autre information au moment d’aller sous presse)
→ ASOCIACION NACIONAL DE AUTORES CINEMATOGRAFICOS
(ANAC) AP. 60253. Caracas, tél: 283.54.30 (Jésus Enrique Guédez, mario Handler, Josefina Jordan).
Objectifs
Regroupement des cinéastes vénézuéliens pour un cinéma indépendant de création libre, pour l’élaboration de politiques efficaces de distribution au niveau national et mondial, et qui défend des intérêts politiques, créatifs, et économiques de chaque groupe et de chaque film.
(aucune autre information au moment d’aller sous presse)
Ce texte est issu du cahier no 2 des Rencontres de Montréal : Comité d’action cinématographique (Québec). Cahiers des Rencontres internationales pour un nouveau cinéma. Montréal : Comité d’action cinématographique, 1975, 4 vol. Bibliogr. ; Ill. Cote PN 1993.4 R39.
(Note : les informations qui suivent sont issues du cahier no 2 des Rencontres de Montréal. Elles datent de 1975 et n’ont pas été mises à jour depuis)
JAPON
Objectifs
Trois cinéastes marquent le cinéma progressiste japonais tant par leur démarche que par les sujets de leurs films. Il s’agit de Nagisa Oshima qui avec des films comme Nuit et brouillard sur le Japon, Le petit garçon et La cérémonie marque un certain cinéma issu du P.C. japonais mais produit dans le cadre de la production courante. Deux autres cinéastes, tant par l’importance du sujet traité et l’ampleur du traitement de leur film, marquent plus résolument ce cinéma, et ce sont Noriaki Tsuchimoto et Shinsuke Ogawa.
Le premier a réalisé avec la collaboration du comité de Secours mutuel des victimes de la maladie de Minamata, le Comité des citoyens pour la maladie de Minamata et le Comité d’accusation de la maladie de Minamata, un film d’une durée de 156 min intitulé Minamata, les victimes et leur monde. Dans la ville de Minamata, située dans une île au sud du Japon, est installée depuis plusieurs années une usine de produits chimiques: la Société Chisso. Les déchets de l’usine, renfermant des composés mercuriques sont rejetés à la mer. Ces déchets attaquent le poisson, mais n’en provoquent pas la mort. Mais lorsque le poisson est mangé, par le phénomène d’accumulation il provoque une grave altération du système nerveux. Les premiers cas de la maladie de Minamata sont apparus en 1956. La Chisso qui refuse de reconnaître ses fautes, a longtemps cherché à acheter le silence des victimes. Seule l’action collective des citoyens, permet d’organiser une revendication en justice. Le rôle de ce film fut déterminant dans la démarche des citoyens. Salle après salle, organisation après organisation, comité par comité, le film qui a circulé à travers tout le Japon, tantôt officiellement tantôt clandestinement, a servi à récolter des fonds pour poursuivre la lutte des citoyens, tout en informant la population. En quelques mois plus de 220 000 personnes voient le film. Ce geste place ainsi le problème au cœur de l’actualité japonaise. Le film fut produit par la Higashi Production (Daiichi Tokyo Bldg, 2-8-13. Nishi Shimbashi Manato-Ku, Tokyo, Japon).
Par la suite Tsushimoto réalisera d’autres films, cette fois en collaboration avec Shinsuke Ogawa, qui sorti des « majors » japonais s’associera avec d’autres jeunes cinéastes de la nouvelle gauche japonaise pour fonder la Ogawa production.
Ogawa réalisera ainsi quatre longs films sur les luttes de Narita: le combat des paysans de ce village d’une banlieue de Tokyo afin d’empêcher l’érection d’un nouvel aéroport international géant. Il produira aussi Un été à Sanrisuka (108 min, 16 mm, n&b), et Hiver de Sanrizuka (139 min, 16 mm, n&b), en collaboration avec le Front de libération japonais de même que La guerre des trois jours (55 min, 16 mm, n&b) et le film le mieux connu de cette série Sanrizuka: Les paysans de la seconde forteresse (142 min, n&b, 16 mm). L’expérience de ces trois réalisateurs en particulier, (il y a d’autres expériences parmi les étudiants des universités de Nihon et ailleurs et d’autres mouvements de la gauche japonaise) témoigne d’une approche assez exceptionnelle dans le cinéma militant, en ce que les cinéastes suivent et documentent une lutte plus spécifique.
Bibliographie
Cinéma 70, No: 151, décembre.- « Cinéma militant au Japon ».
Documents de la 8e Mostra di Pesaro, 1972.
Libération, Paris 25 et 25 novembre 1973.
AUSTRALIE
→ CINE ACTION
1100 High Street. Armadale, Vic-3143. Tél: 509.91.33. (Brian Williams, Pat Longmore)
Principales activités
Groupe de distribution qui travaille principalement au niveau des ciné-clubs et universités. Distribue des films en 16 mm et 35 mm. Le groupe a été formé dans le but de dénoncer les accords bilatéraux anglo-américains qui contrôlent la distribution des films et la production du cinéma en Australie. Le groupe Cine Action s’intéresse principalement aux films à caractère socio-politique qu’il diffuse dans ses circuits. Plusieurs membres du groupe collaborent à la rédaction de textes qui dénoncent ce monopole.
Nature de la diffusion, mécanismes et principaux films diffusés
Vent d’Est, de Jean-Luc Godard;
Minamata, de Noriaki Tsushimoto;
Antonio das mortes, de Glauber Rocha;
Punishment Park, de Peter Watkins;
Le sang du condor, de Jorge Sanjinés.
(aucune autre information au moment d’aller sous presse)
Ce texte est issu du cahier no 2 des Rencontres de Montréal : Comité d’action cinématographique (Québec). Cahiers des Rencontres internationales pour un nouveau cinéma. Montréal : Comité d’action cinématographique, 1975, 4 vol. Bibliogr. ; Ill. Cote PN 1993.4 R39.
(Note : les informations qui suivent sont issues du cahier no 2 des Rencontres de Montréal. Elles datent de 1975 et n’ont pas été mises à jour depuis)
RÉPUBLIQUE FÉDÉRALE D'ALLEMAGNE
→ ARSENAL
1- Berlin-30, Welserstrasse 25. tél: 24.68.48. (Dir.: Ulrich Gregor. Ass. Wilhelm Roth.)
Origines et historique
Ce groupe est né d’abord du travail de l’Association des amis de la cinémathèque (Freudes der Deutsch Kinematek), soit l’Archive de Berlin-Ouest. L’Association fut créée en mai 1963. Elle a organisé des projections de films classiques, et d’avant-garde à la Kunst Akademie de Berlin-Ouest.
Fin 69 l’Association, qui avait accumulé un certain nombre de films en dépôt laissés par plusieurs cinéastes étrangers fit l’acquisition d’une salle située dans le centre de Berlin. Le 3 juin 1973 le Kino Arsenal ouvrait ses portes et présentait 3 séances de cinéma par jour.
Mais son travail se fit particulièrement sentir avec la création en 1970-71 du Forum des Jungen Filmes, qui bien que né d’une contradiction et du besoin de « normaliser » la présence d’un cinéma plus résolument « engagé » au sein du Festival international de Berlin, a néanmoins permis au groupe Arsenal d’effectuer un important travail de diffusion des films « politiques ».
En défrayant le sous-titrage, et assurant une diffusion en R.F.A. de ces films, Arsenal est venu consolider la permanence et la continuité de la diffusion des films d’un « autre » cinéma en Allemagne. 75 % des films sélectionnés pour le Forum sont diffusés par Arsenal dans les groupes politiques, universités, ciné-clubs et autres secteurs. Par sa documentation, ses brochures, son programme mensuel et son catalogue, Arsenal diffuse sur un plan prioritairement non commercial des films socialement impliqués, un cinéma d’information et de contre-information. Tant au forum qu’à l’Arsenal, les films montrés et/ou diffusés sont débattus avec le public.
Principales activités
Arsenal distribue et montre, à Berlin, sa propre collection de films, de même qu’il présente des programmes en échange avec d’autres groupes, musées de cinéma, archives etc. Une trentaine de programmes différents par semaine sont offerts au public berlinois. Des programmes souvent structurés autour de films d’époques différentes mais à thèmes similaires, (ex: Arsenal a présenté Coup pour coup de Karmitz avec Salt of the Earth de Biberman.) Certains de ces programmes circulent à travers la R.F.A. Arsenal diffuse également les films dont il possède les droits à travers le pays, et parfois ailleurs en Europe. Le groupe travaille de façon non commerciale, avec des films en 35 mm et en 16 mm. Depuis 1970, Arsenal organise, conjointement et dans le cadre du Festival international du film de Berlin, le Forum des Jungen Films. Événement annuel consacré à la présentation de films progressistes dans le cadre d’un véritable forum où participent le public et les cinéastes présents. Des débats quotidiens sont organisés après le visionnement de chaque film. La plupart de ces films sont par la suite acquis par le groupe Arsenal qui en assure la diffusion dans ses circuits, ou s’occupe de la vente des films à des distributeurs, réseaux de TV etc.
Nature de la diffusion, mécanismes et principaux films diffusés
Le catalogue 72/73 de l’Arsenal comprend près de 300 titres de films dont une collection importante de titres de films de l’Amérique latine, des films produits par la majorité des groupes de cinéma militant et progressistes d’Europe et d’Amérique du Nord. Chaque film est répertorié et documenté par une fiche complète et détaillée. En plus de montrer des films à l’Arsenal à Berlin, le groupe organise ou approvisionne plusieurs groupes militants tant à Berlin qu’ailleurs en Allemagne.
Bibliographie
Uber das Kinomachen. Berlin 72. Publié par la D.F.F.B.- Catalogue des groupes allemands.
Fïlmkritik. vol: 15, no: 9, Sept. 1971. « Kleines Wôrterbuch Filmpolitik/Filmwirtschaft ».
Documents brochures publiées par Arsenal et le Forum.
→ KOILEKTIV WESTBERLINER FIMLARBEITER
1-Berlin- 31, Uhlandstrasse 142. tél: 87.70.61
Principales activités
Production et diffusion militante de films sur des problèmes urbains et ouvriers centrés sur Berlin. Le groupe travaille tant avec le film qu’avec le vidéo. Il possède également une unité mobile de projection.
(aucune autre information au moment d’aller sous presse)
→ UNIDOC
8-Munchen-19, Sudliche Aufahrtsallee 72. tél (0811) 17.79.621. (resp: Erwin Jedamus). Das Team: 8-Munchen-45, Heidemannstrasse 310, (resp: Julia Schuhler, Klaus Eder).
Origines et historique
Le groupe de production Dasteam est né vers 1963. Il a été formé par des cinéastes membres ou sympathisants du Parti communiste allemand (D.K.P.), à la suite de rencontres et de discussions entre les cinéastes et les unions, syndicats. Ces discussions ont d’abord permis de dégager à l’origine les sujets politiques et d’actualité qu’il fallait traiter.
Le travail s’est limité à la production de courts-métrages sur des sujets qui les concernaient, tout comme il s’est intéressé aux besoins d’information du Parti. Les films furent d’abord diffusés par le groupe Das Team. Vers 67-68, Unidoc fut formé pour distribuer ces films ainsi que d’autres acquis pour les besoins du D.K.P. Le groupe Das Team n’est pas, à l’instar de ceux d’UniteleFilm ou d’Unicité en Italie ou en France, une unité de production du Parti, mais bien un regroupement libre de cinéastes préoccupés par les questions du cinéma et de la politique.
Le groupe travaille également sur le plan de la politique cinématographique en Allemagne. Il travaille en ce sens au sein d’un Front des travailleurs culturels.
Principaux films produits
L’unité de production Das Team travaille en 16 mm et 35 mm et produit des films sur différents sujets d’actualité pour le parti communiste Aalemand, les syndicats et autres groupes. La majorité des films sont en allemand et traitent des sujets suivants: la lutte des apprentis pour leurs droits légitimes; quelques films sur les luttes antimilitaristes; sur la lutte des locataires; des documents de contre-information sur les manifestations néonazies; des documents sur des grèves de grandes fabriques (Bayer, Seeufer, Denninger). Le groupe dispense une formation technique et anime des ateliers politiques.
Nature de la diffusion, mécanismes et principaux films diffusés
Unidoc, en plus de distribuer des films produits par le groupe Das Team, et par d’autres groupes de la RFA diffuse plusieurs films produits dans la D.D.R. (R.D.A.) par la Defa et la télévision est-allemande. Quelques films soviétiques, des films produits par Newsreel, quelques films latino-américains. Le groupe publie un catalogue et des fiches sur les films qu’ils diffusent.
Bibliographie
Film Kritik, Sept. 1971.
→ ZENTRAL FILM VERLEIH
2-Hambourg-13, Alte Rabenstr. 8. tél: (0411) 34.55.44 (resp: Alfred Hilsberg).
Principales activités
Groupe de diffusion politique. Achète et diffuse des films de plusieurs origines et de plusieurs pays, qu’il diffuse auprès d’un réseau de groupes de solidarité, de groupes ou associations politiques. 16 mm seulement. Diffuse des films sur les sujets suivants: la socialisation, les travailleurs émigrés, les luttes pour le logement dans les villes allemandes, la lutte des classes en France, Italie, Royaume-Uni, Irlande, Vietnam, Chine, des grèves, des démonstrations et manifestations, et des films éducatifs. Le groupe publie un catalogue annuel.
(aucune autre information au moment d’aller sous presse)
NOTE: Comme nous le soulignions dans notre introduction les conditions objectives de production et de diffusion varient souvent d’un pays à l’autre. Ainsi dans le cas de l’Allemagne fédérale nous sommes confrontés à une situation fort complexe. Certains regroupements de cinéastes « progressistes » se sont fait sur le plan des revendications gouvernementales pour une législation cinématographique plus souple, ou du moins plus démocratique. Il nous a donc semblé utile ici d’inclure à ce répertoire les adresses de deux organismes et/ou associations qui ont fait un certain travail sur le plan de la politique cinématographique allemande, dans le but de faire opposition aux monopoles qui contrôlent la production et la distribution des films en Allemagne fédérale.
Il s’agit de:
→ ARBEITSGEMEINSCHAFT NEUER DEUTSCHER SPEILFIL-PRODUZENTEN
8-Munchen-23, Kaulbachstrasse 85. tél: (0811) 34.87.30. (Dir: Michael Dost).
Principales activités
Il s’agit d’un « syndicat » de jeunes cinéastes producteurs (parmi lesquels: Werner Grassmann, Werner Herzog, Michael Verhoeven, Alexander Kluge, etc) fondé dans le but de briser le monopole de l’Association des producteurs et exploitants, qui regroupe l’industrie du cinéma d’exploitation en Allemagne. Le A.N.D.S. travaille au niveau des politiques du film. Ses membres produisent leurs films indépendamment de cette association.
→ FILM VERLAG DER AUTOREN
8-Munchen-40,Tengstrasse 34, tél: (0811) 44.14.34. (Michael Fengler resp.)
Principales activités
Il s’agit d’une « compagnie de production » qui fonctionne sous forme de coopérative et qui regroupe une quarantaine de cinéastes comme: Schamoni, Furstenberg, Brandner, et qui à travers son organisation, parraine des projets de jeunes cinéastes à travers les garanties financières qu’elle peut obtenir collectivement. Le groupe diffuse maintenant ses propres films en Allemagne fédérale et à l’étranger, il partage les recettes des films sur une base démocratique entre tous les cinéastes membres et tente de favoriser la circulation de films de jeunes cinéastes progressistes étrangers en Allemagne.
Bibliographie
On peut trouver plus de détails sur ces groupes et organismes dans le cahier spécial publié par la revue Film Kritik, Vol: 15, no: 9, Sept. 1971. « Kleines Wôrterbuch der Filmpolitik und Filmwirtschaft in der Bunderrepublik ». par Whilhelm Roth. Et dans la brochure: Uber das Kinomachen. Publié par le Deutsche Film und Fernsehakademie. Berlin 1972. Hans Helmut Prinzler et Helene Schwarz.
DANEMARK
→ FILM WORKSHOP
Gothersgade 2, 1123 Copenhague K. (Erik Thygeson, Preben Andersen). Groupe de production récemment formé.
(aucune autre information au moment d’aller sous presse)
→ KINO VALDE
c/o Dagmar Cinéma, Jernbanega- de 2, 1608 Copenhague K. tél: 14.65.14. (resp. Dola Bonfils).
Origines et historique
Créé le 1er mai 1971, Kino Valde est un cas quelque peu à part dans le tableau des différents groupes répertoriés ici. Au début, la formule fut créée afin de permettre une meilleure diffusion des films de court-métrage danois produits par le Statens Film Centraal (un organisme étatique de distribution de films éducatifs, culturels etc.) Le directeur du cinéma Dagmar à Copenhague, le cinéaste Henning Carlssen, eut l’idée de montrer des films dans le hall de son cinéma plutôt que de vendre du pop-corn. Le cinéma vend ses billets à l’avance et Kino Valde présente les films en 16 mm dans le foyer du cinéma. Le prix du billet au Dagmar permet de voir les films du Kino Valde.
Objectifs
Le premier but du Kino Valde était donc d’offrir un débouché aux courts-métrages danois. La formule a considérablement évolué depuis. Comme le Statens Film Centraal achète aussi des films longs et courts, de productions étrangères, la formule Kino Valde fut élargie pour permettre d’y montrer des films des cinéastes du Tiers-Monde. Les programmes présentés au Dagmar étaient préparés et pleinement documentés dans le but d’offrir au public un cinéma à la fois différent et de contre-information par la projection de films documentaires, et aussi de films produits par d’autres groupes politiques étrangers.
Principales activités
Ainsi Kino Valde ne distribue, ni ne produit de films. Il s’agit de programmes de films de long et de court métrage qui en plus d’être présentés au Dagmar circulent maintenant dans tout le pays. La formule Kino Valde a connu un succès appréciable et a permis à sa directrice de montrer d’autres films et plus tard de faire acheter ces films (souvent du Tiers-Monde) par le Statens Film Centraal. Les programmes ainsi préparés circulent maintenant à travers plusieurs organisations, bibliothèques, collèges, universités, groupes sociaux et contribuent à alimenter des circuits fort importants, en films divers mais toujours d’un intérêt socio-politique. Kino Valde a d’abord montré au Dagmar des films sur la question du Marché commun, des films sur l’alcoolisme, sur l’Amérique latine. A l’occasion, certains des films ou des programmes offerts pour circulation, étaient accompagné d’un cinéaste ou d’un animateur, directement concerné par le sujet traité dans la programmation ou le film. Chaque programme comprend une description du film, des informations filmographiques, des éléments de discussion. Des groupes locaux se chargent de la diffusion des films et de leur présentation au niveau des villes et/ou village où ils sont envoyés.
Bien que le travail de Kino Valde se poursuive, une plus grande part du travail est consacrée à la construction d’une meilleure sélection de films progressistes provenant de toutes les parties du monde, dans le but de les mettre à la disposition de groupes d’information, ou de militants et dans le but de favoriser un meilleur travail politique avec le cinéma.
FINLANDE
→ FILM KONTAKT
(Elokuva kontakti) Vyokatu 11, 0180 Helsinki 17. tél: 63.11.60 (dir: Hannu Eerikainen).
Origines et historique
Fondé en 1970, par des étudiants, quelque peu sur le modèle du Film Centrum de Stockholm, dans le but de soutenir le développement d’un cinéma démocratique.
Objectifs
Produire et distribuer des films qui aident réciproquement le combat commun des étudiants et de la classe ouvrière. Le groupe affirme que sans les besoins des ouvriers pour ses films, et sans leur aide, ses films ne seraient pas fait ni distribués.
Principales activités
En plus de diffuser les films progressistes faits en Finlande en 16 mm, Film Kontakt a organisé un réseau de distribution hors salles, dans les organisations progressistes, les institutions culturelles. Il entend créer les conditions d’existence d’un autre cinéma, de même qu’il compte prendre les moyens pour favoriser l’établissement de cinémas « communaux ». Le groupe publie un catalogue des films diffusés tout comme il conseille les organisations et autres groupes sur les autres films disponibles en Finlande.
Nature de la diffusion, mécanismes et principaux films diffusés
Beaucoup de films sur les luttes pour la démocratisation des villes: Fight for the City (collectif); Nature and Work (Timo Linnasalo); Republic Diary (Lasse Naukkarinen).
Bibliographie
Journal du XVI Festival de Leipzig (1973). Facts About Film Finland, (1972) No 1.
FRANCE
→ CINÉLUTTE
58 rue des Batignolles. 75017, Paris, tél: 229.28.80. (Serge Le Péron).
Origines et historique
Regroupement de deux composantes qui se sont développées parallèlement: celle de l’IDHEC, l’autre au sein du département cinéma de la Faculté de Vincennes. Plusieurs des membres du collectif ont participé tour à tour aux films de l’ARC, aux États généraux de mai-juin 1968 et à des productions militantes diverses axées cependant sur une pratique en continuité.
Objectifs
Établir une pratique commune et un travail relativement prolongé de production et de diffusion, accompagné d’un travail politique réel au sein de la lutte des classes. Concrétiser une pratique de production, aussi bien que d’avoir une activité salariée dans la production bourgeoise que le groupe attaque. Rechercher une pratique de production où les germes de la production socialiste soient semés et développer une expérimentation scientifique aussi bien dans les domaines de la technique que dans ceux du langage audio-visuel.
Principales activités
Le cinéma de Cinélutte se situe en dehors du circuit commercial, et en dehors de la légalité bourgeoisie: leurs films n’ont pas de visa de censure. Les films sont diffusés essentiellement dans des circuits militants où chaque projection comporte des exigences rigoureuses. Sur le plan technique: le groupe exige des conditions décentes de projection: un film est une matière image et son si l’un des deux éléments est mal reçu il n’y a plus de film. Et sur le plan politique: un bilan politique de projection qui comprend le nombre de spectateurs, la composition politique et sociale de la salle, le cadre de la projection et un résumé des débats.
Principaux films produits
- Chaud! Chaud! Chaud!, collectif, (16 mm). Sur les grèves des lycéens contre la loi Debré, sur le service militaire à 18 ans.
- Jusqu’au bout (16 mm, 50 min, n&b), collectif. Tourné par un groupe de militants cinéastes français qui se sont intégrés à la lutte des travailleurs immigrés tunisiens en juin 1973.
- Soyons tout (16 mm, 60 min, n&b), Serge Le Péron. Reconstitution d’une grève dans une petite usine montrant les contradictions en présence au sein de l’usine. Attention aux provocateurs, (16 mm, 60 min, n&b) Documentaire montrant l’attitude du PCF durant la guerre d’Algérie.
- Shanghai au jour le jour (16 mm, 20 min, n&b). Film sur un quartier de Shangai et la condition de la femme dans une ville chinoise.
- Le groupe diffuse également Oser lutter, oser vaincre, (16 mm, 120 min, n&b). Collectif. La grève de Renault-Flins en mai/juin 1968, montrant la position du PCF et de la CGT.
Bibliographie
Cahiers du Cinéma, No: 215-252. – Entretien.
Écran 73, Nov. No: 19.- Sur Soyons tout, entretien avec Serge Le Péron.
Supplément aux Cahiers du Cinéma No: 250.- « Pour un front culturel révolutionnaire ».
Écran 74, décembre; no: 31.- « L’irrésistible ascension du cinéma militant en France ».
→ CINÉMA LIBRE
c/o Coopast. 22 rue du Faubourg du Temple, 75011 Paris, tél: 355.66.88.
Objectifs
Constitué à la fin de 1971 pour répondre au besoin de nombreux camarades de se procurer des films pour des actions de propagande sur leur lieu de travail politique.
Principales activités
Le groupe s’était donné pour tâche de coordonner les demandes de films avec les possibilités de copies. Au départ le groupe diffusait ses films dans les associations politiques, les quartiers ou les écoles. « Ce collectif de diffusion fut longtemps animé par Bernard Clarens… Depuis un an, sous l’impulsion d’une nouvelle équipe, il entend effectuer un travail politique plus précis avec une liste de films sélectionnés avec davantage de rigueur idéologique. Il envisage de faire aussi de la production. (G. Hennebelle, in Écran 74, no: 31, Décl)
Nature de la diffusion, mécanismes et principaux films diffusés
Citroen-Nanterre (grèves de 1968); Flins 68-69; Le sel de la terre de Biberman; Appolon de Gregoretti; À bientôt j’espère; Compter sur ses propres forces; Un été à Narita; des films sur les travailleurs immigrés, les luttes paysannes, les luttes anti-militaristes, les luttes anti-fascistes et anti-racistes, sur les prisons, les problèmes urbains, l’enseignement, plusieurs des films de mai 68, des films sur la Chine, le Vietnam, et autres films sur les luttes du Tiers-Monde.
Bibliographie
Le groupe a déjà publié 2 dossiers-bilans de son travail jusqu’en 1972 et un catalogue de films. Se propose de publier un bulletin-bilan régulièrement. Écran 74, déc, no. 31. (Cinéma militant en France).
→ CINÉMA OCCITAN
6 square des Peupliers, 75013 Paris, tél: 589.37.79. (resp: Guy Cavagnac).
Objectifs
Collectif qui se consacre à la défense et à l’illustration de la lutte pour la cause occitane dans une optique progressiste.
Principaux films produits
Gardarem Lo Larzac. 16 mm.
(aucune autre information au moment d’aller sous presse)
→ CINÉMA ROUGE
10 Impasse Guéméné. 75004, Paris.
Principaux films produits
A produit Le charme discret de la démocratie bourgeoise (16 mm, n&b, 60 min), collectif. Film d’inspiration trotskiste qui nous montre la droite en action lors du meeting d’Ordre Nouveau contre « l’immigration sauvage » et la complicité du pouvoir dans les mouvements ultras de droite.
→ CREPAC
(SCOPCOLOR). 12 rue Clavel, 75009 Paris, tél: 607.80.81. (dir: Roger Louis; ass: Sylvie Jezequel).
Origines et historique
Créé en avril 1968 par des professionnels de l’ORTF dans le but d’étudier le contenu et la forme de leurs émissions. (Centre de recherche pour l’éducation permanente et l’action culturelle). Juillet 1968 la CGT, la CFDT, la FEN et la Ligue de l’enseignement adhèrent au CREPAC et créent le SCOPCOLOR une coopérative de production cinématographique (Société coopérative ouvrière de production), qui entraine la production d’un journal filmé collectivement pour les organisations membres du CREPAC. En mars 1969 apparait le premier numéro du magazine audio-visuel Certifié exact.
Objectifs
Le groupe tente de proposer un instrument de travail pour les animateurs, les responsables syndicaux et les enseignants. Buts du CREPAC: l’audio-visuel comme moyen, l’information comme structure, l’animation comme relai et la laïcité comme déontologie.
Principales activités
Le groupe étudie et réalise des documents audio-visuels de formation et d’information économique; des programmes d’animation régionale; des programmes de formation pour les comités d’entreprise, responsables syndicaux; des programmes de films éducatifs dans le cadre de l’éducation des adultes. SCOPCOLOR est équipé et possède aujourd’hui la gamme complète du matériel technique nécessaire à chaque forme de production audio-visuelle. Le groupe travaille principalement en 16 mm, mais aussi en 35 mm, et avec la vidéo. Il a mis sur pied le SCOPMOBILE, qui comporte un ensemble mobile de moyens de diffusion, et d’enregistrement. Le SCOPMOBILE comporte en outre des moyens d’accueil, soit une tente pouvant accueillir une centaine de personnes. SCOPMOBILE recueille l’information locale et la diffuse sur une région donnée. CREPAC diffuse également des films étrangers en relation avec des problèmes français ou des problèmes de politique internationale. Il coproduit avec des télés étrangères ou des groupes sur des sujets d’intérêt commun.
Principaux films produits
Le magazine d’information Certifié exact comporte deux parutions par trimestre, près d’une trentaine de numéros parus. Plusieurs documents de commande produits pour les groupes membres et les secteurs coopératifs et de l’éducation permanente.
Bibliographie
Image et Son. Jan. 72.- : « Une entreprise nécessaire ».
Politique Hebdo, déc. 1971. « Un exemple de contre-information ».
Brochures et Dossiers de Certifié-Exact, publiés par le CREPAC/SCOPCOLOR.
→ SLON/ISKRA
74 rue Albert, 75013. Paris, tél: 589.94.63. :Inger Servolin resp).
Origines et historique
Le groupe Slon (Société pour le lancement d’œuvres nouvelles) est né en fait en 1967 sous l’impulsion de Chris Marker et dans le but d’enclencher la production de Loin du Vietnam (avec Godard, Klein, Guerra, Varda, Resnais, Michèle Rey, et Claude Lelouch). Cependant seuls les techniciens sont restés avec Slon. La véritable formation de Slon est née de l’expérience du groupe Medvekine lors de la grève de Rhodiaceta. Marker, Mario Marret et Antoine Bonfanti participèrent à la formation de ce groupe. En décembre 1967, il était devenu évident avec la prise de conscience des ouvriers de Besançon que le véritable cinéma prolétarien ne pouvait être l’œuvre que des prolétaires eux-mêmes. L’expérience du tournage de À bientôt j’espère et l’autocritique qui en suivit, donne naissance à l’équipe de cinéastes ouvriers de Besançon: le groupe Medvekine. Sur le plan de la diffusion Slon se propose d’assurer une certaine continuité de la production.
Objectifs
Slon est né d’une évidence: que les structures traditionnelles du cinéma constituent en elles- mêmes une censure plus lourde que toutes les censures. La nécessité de poser le problème de la production cinématographique sur une base coopérative et « parallèle » a conduit à faire vivre plusieurs expériences et à créer les conditions d’existence d’une aide concrète et d’une plateforme commune. Slon se veut donc un outil, qui se définit par ceux qui y participent concrètement.
Principales activités
En plus de son intervention au niveau de la production Slon a mis sur pied un réseau de diffusion de ses films et de films produits par d’autres groupes sur des situations étrangères à la France, mais en concordance de luttes, que ce soit en Europe, en Amérique ou dans le Tiers-Monde. En 1974, Slon devenait ISKRA, qui prend son nom du journal que dirigeait Lénine, mais qui veut aussi dire: Image, son, kinescope et réalisation audio-visuelle. ISKRA a choisi une définition de travail politique ouvert mais dont l’orientation entend commencer à ce préciser dans la pratique, son objectif est de travailler avec les militants et les organisations politiques de gauche, mais aussi de rejoindre un plus large public avec des films diffusés en salles commerciales.
Principaux films produits
Production de Slon:
- À bientôt j’espère (Mario Marret, Chris Marker, Pierre l’Homme), 16 mm, n&b, 43 min. La grève historique de la Rhodiaceta en mars 1967.
- Classe de lutte. Paul Cèbe, Bruno Muehl. Suite du film précédent par un groupe de militants. 16 mm, n&b, 37 min.
- Série du Magazine Nouvelle société. 16 mm, n&b, 10 à 12 min. ch. Produit par le groupe Medvekine de Besançon.
- Série On vous parle. 16 mm, n&b. Longueurs variés sur différents sujets concernant les affaires internationales.
- Le train en marche, 16 mm et 35 mm, n&b, 33 min. Alexandre Medvekine décrit son expérience du Ciné-train.
- Le bonheur. A. Medvekine 16 mm et 35 mm, n&b, 70 min. Un chef d’œuvre curieusement oublié depuis 1934. version française réalisée par Slon.
- La bataille des dix millions. Film de montage par C. Marker, 16 mm, n&b, 58 min. L’extraordinaire « discours-autocritique » de Fidel Castro le 26 juillet 1970.
- La sixième face du Pentagone. Marker, Reichenbach, etc. 16 mm, coul, 27 min. La marche d’octobre 1967 sur le Pentagone.
- Version française de La première année de Patricio Guzman. Une année dans le Chili d’Allende.
Groupe Iskra:
- Scènes de grève en Vendée. 16 mm et 35 mm, coul. 20 min. Collectif. Sur la grève des chemisières de Cerisay.
Bibliographie
Cinéma 70, no: 151, décembre.- « Politique et cinéma ».
Nouvel Observateur 1970 (?).- « La Caméra à l’usine ».
L’Idiot International. Juillet 1970,- « Pellicule au Poing ».
Cinéaste. Vol: 5, No: 2, « Working Class Cinéma in France ».
Sight and Sound. Spring 73.- « Slon ». Time Out, March 3-9, 1972, « Work in Progress ».
Les lettres françaises. 18-24, Nov. I970.- « Slon/Medvekine ».
Le Monde diplomatique. Mai 1974,- « Iskra, les raisons d’une étincelle ».
Politique Hebdo, 4 février I971.- « Un cinéma de lutte ».
→ UNICITÉ
(Unité cinéma, télévision, audio-visuel). 50 rue Edouard Vaillant, 93170 Bagnolet. tél: 858.82.00. (J André Fieschi: prod.; Bernard Eisenschitz: diffusion.)
Origines et historique
Le « groupe » a d’abord porté le nom de Dynadia au moment de sa fondation après les grandes grèves de mai-juin 68. Il rassemble des gens d’image (cinéastes, hommes de télévision, photographes, graphistes etc.) dans le but fondamental de servir par ses moyens propres, la propagande du Parti communiste français.
Objectifs
Après mai 68, et face à la confusion qui régnait, les militants cinéastes membres du PCF étaient convaincus de la nécessité de faire des films axés sur des solutions et des propositions, bref sur la politique du Parti. Pour ce il fallait former, et structurer un appareil qui joue ce rôle sur le plan audio-visuel. Dynadia, puis Unicité maintenant, effectuent de la recherche audio-visuelle au service de la propagande, produit des films des vidéos pour le PCF et autres organisations de gauche en France.
Principaux films produits
- Vivre mieux, changer la vie (sur le programme commun).
- Lip, réalités de la lutte. Pourquoi la grève. Paul Séban.
- L’histoire vivante (un hommage à la Commune de Paris).
- La CGT en mai 1968. Paul Séban.
Nature de la diffusion, mécanismes et principaux films diffusés
Le groupe diffuse ses films dans les assemblées, réunions syndicales et aussi alimente certains groupes en films. Quelques titres diffusés: La vie est à nous de Jean Renoir (1936), Prisons (un reportage photographique clandestin fait dans les prisons de Carabanchel en Espagne).
Bibliographie
Cinéma 70 déc. no: 151.- « Le groupe Dynadia ».
Image et son, no. 266, déc. 72. Journal du Festival de Leipzig 1974,-Entretien.
→ Unité de production cinéma Bretagne (U.P. C.B.) 13 rue Jean Beausire, 75004 Paris. Tél: 887.46.87. (dir: René Vauthier) (Bois Sauvage. Plomélin 29. France).
Origines et historique
Fondé par le cinéaste René Vauthier au début de 1971.
Objectifs
L’unité veut que la population bretonne participe au travail du groupe qui voudrait être un des modes d’expression d’une réalité régionale. L’unité a pour but de donner aux habitants d’une région particulièrement défavorisée de France, les moyens de montrer, en s’aidant de l’image ce qu’ils sont et ce qu’ils souhaitent devenir.
Principales activités
L’Unité a déjà réalisé quelques films de longs métrages de même que des courts métrages, des films-enquêtes, des films éducatifs, des montages audio-visuels.
Principaux films produits
Avoir vingt ans dans les Aurès. 35 mm/16 mm, coul, 90 min. René Vauthier. L’histoire d’un groupe de jeunes Bretons qui s’est constitué en commando de chasse durant la guerre d’Algérie.
Bibliographie
Le Monde, 16 avril 1971,- « Une expérience originale de décentralisation ».
Écran 72. Mai, No: 5.- « De la Bretagne aux Arès ».
→ MK2
(Prod. Diff.) 55 rue Traversière, Paris 75012. tél: 307.92.74. – 307.89.61. (Marin Karmitz, Maurice Brover, Evelyn July).
Origines et historique
MK2 a tout d’abord existé en tant que groupe de production, pour le tournage de Camarades. Autre groupe issu des réflexions des États généraux du cinéma en mai 68, celui-ci dirigé par Karmitz a senti le besoin de rapprocher son travail de celui de la société, de celle des travailleurs. Dès le départ le groupe a choisi de travailler pour ce faire dans le secteur commercial tentant d’y réaliser une pénétration sur la base d’une praxis politique.
Objectifs
Sur le plan de la production de films MK2 vise les objectifs suivants: provoquer des discussions, sur une échelle la plus large possible à partir d’options fondamentales tout en montrant et en explicitant les luttes des travailleurs en France.
Principales activités
Les conclusions de l’expérience double de Camarades et de Coup pour coup ont démontré que pour continuer à pouvoir produire des films révolutionnaires en France aujourd’hui il importe de mettre sur pied un réseau de distribution commercial permettant de les rentabiliser. Il importe donc de sortir de « l’aire groupusculaire », et de rejoindre tout autant un public plus large à travers les circuits des salles traditionnelles. Il importe aussi pour MK2 de briser la distribution monopolistique dominée par les grandes firmes. En 1973 MK2 Diffusion commence à programmer une salle du Quartier Latin (Studio de la Harpe) avec des films comme Il ne suffit plus de prier d’Aldo Francia et La première année de Patricio Guzman. A l’aspect production, MK2-Diffusion vient donc apporter un appui et se propose d’utiliser les films politiques qui montrent les luttes populaires des peuples du monde qui peuvent servir les luttes populaires en France.
Depuis le début 74, MK2 a complété son opération diffusion par l’acquisition et l’organisation de trois salles de cinéma près de la Bastille à Paris. Les « Cinémas du 14 juillet » programment régulièrement des films français et étrangers qui montrent, explicitent et informent sur les luttes en cours. Une librairie et des publications complètent la documentation. D’autre part MK2 diffuse ses films dans les circuits 16 mm, dans les milieux militants, et travaille présentement à la formation d’un réseau de salles indépendantes en province.
Principaux films produits
- Camarades. Marin Karmitz. 35 mm, coul, 90 min (aussi 16 mm). Yan, jeune travailleur des Chantiers navals de Saint-Nazaire, décide de monter à Paris espérant y trouver un travail de bureau. A Paris il trouve d’abord le chômage, avant de se retrouver à l’usine chez Citroen. Confronté à la répression patronale il prend peu à peu conscience de la lutte de ses camarades de travail.
- Coup pour coup. Marin Karmitz. 35 mm, coul, 90 min (aussi en 16 mm). Des femmes dans un atelier de confection, décident de répondre coup pour coup à l’oppression dont elles sont victimes. La réaction du patron est immédiate: licenciement des meneuses. Pour obtenir la réintégration, ces femmes vont s’unir et se battre farouchement.
Nature de la diffusion, mécanismes et principaux films diffusés
- Le courage du peuple de Jorge Sanjinés;
- Chili terre promise de Miguel Littin;
- Quand le peuple s’éveille, collectif;
- Attica de Cinda Firestone;
- El tigre salto y mato de Santiago Alvarez;
- Le charbonnier de Mohamed Bouamari;
- L’ennemi principal de Jorge Sanjinés.
Bibliographie
Écran 73. no: 20, déc.- « Cinéma militant en France ».
Cinéaste. Vol: IV, No: 2, Fall 70.- « Towards a Proletarian Cinema ».
Cinéma Québec, avril-mai 74.- « Transformer la diffusion ».
Documents, brochures et catalogues de MK2 Diffusion.
BELGIQUE
→ BEVRIJDINGS FILMS
Quinten Metsyplein 4, 3000- Louvain. tél: (016) 329.35. (resp: Pablo Franssens.)
Objectifs
Bevrijdings Films est une organisation qui projette des films qui traitent de: la lutte de libération des peuples opprimés; la lutte de classe dans les pays capitalistes; les réalisations dans les pays socialistes. Le but du groupe est d’informer et de conscientiser.
Principales activités
Le groupe ne loue pas les films dont il possède les droits. Les projections sont faites avec le matériel de l’organisation et sont présentées par un des membres. Le groupe présente certains films d’autres groupes et présente également certains films distribués par les circuits commerciaux, accompagnés d’un animateur.
Nature de la diffusion, mécanismes et principaux films diffusés
Le groupe diffuse: Le peuple et ses fusils de Joris Ivens; Les semences de l’aurore, un film du groupe Taller de Montevideo; Hommes libres en Guinée-Bissau, de Rudi Spee et Axel Lohman, des films sur la Chine, et La bataille d’Alger de Gillo Pontecorvo.
→ FUGITIVE CINEMA
Britselei 34, Anvers. Tél: (03) 32.84.86. (dir. Robbe de Hert).
Origines et historique
Le groupe fut formé en 1966. Il voulait au départ devenir un interlocuteur valable auprès du gouvernement afin de décrocher directement les subventions à la production, dans le but de garder le plus grand contrôle possible sur la fabrication des films. Ayant constaté que plusieurs producteurs spéculaient sur les subventions pour assurer le financement de leurs entreprises, les jeunes cinéastes flamands d’Anvers décidèrent de former le groupe Fugitive.
Objectifs
Fugitive s’est engagé résolument dès le début, dans la voie d’un cinéma plus socialement conscient, vers un type de cinéma qui marque une rupture avec le système. Il s’agissait aussi pour Fugitive de permettre au public de juger des buts du groupe, de promouvoir et de créer un climat nouveau dans le cinéma belge.
Principales activités
D’abord intéressé par la production, Fugitive s’est également impliqué au niveau de la diffusion afin de distribuer directement les films qu’il produisait, soit à travers les services éducatifs des ministères ou dans le cadre de la télévision. Il a donc mis sur pied une unité de distribution, et plus tard, vers 1972 il a mené une expérience de projection de ses films et d’autres films qu’il a pris en distribution non commerciale, en ouvrant un cinéma club appelé 2001. Il a présenté des films belges inédits à Anvers, ainsi que des films comme Oz Fuzis de Guerra; Voices de Richard Mordaunt; Trains étroitement surveillés de Jiri Menzel; In The Year of The Pig de Emile de Antonio.
Principaux films produits
- Camera Sutra. Robbe de Hert. 80min, n&b/coul, 16 mm. Un portrait anarchico-critique de la Belgique des années 1970.
- La bombe, ou Le comité du désespoir. Robbe de Hert. 30 min, b&b, 16 mm/35 mm. Un fermier trouve par hasard une bombe atomique égarée en état de marche. Il n’accepte de la restituer que si le gouvernement belge décide de supprimer les crédits militaires.
- S.O.S. Fonske. Patrick Lebon, Guido Hendrick, Robbe de Hert. 14 min, n&b, 16 mm. Enquête cinématographique à propos de la faillite de la compagnie d’assurance Belfort.
- La grève ou Combattre pour nos droits. Frans Buyens. 59 min, n&b, 16 mm. Une chronique des grandes grèves belges de 1960-61.
- La mort d’un homme sandwick, Guido Hendrickx, Robbe de Hert. 16 mm, n&b, 33 min. Un reportage accablant qui accuse une certaine conception mercantile du sport cycliste, tourné après la mort de Jean-Pierre Monseré, champion du monde.
Bibliographie
Le groupe a publié plusieurs documents et un catalogue complet des films produits et diffusés. Le cinéma en Belgique. Cinémathèque québécoise, fév. 1972. (brochure).
→ FRONT POUR UN AUTRE CINÉMA ET UNE AUTRE TÉLÉVISION (F.A.C.T.)
Unité de distribution. Épicerie Murillo, 19 rue Murillo 1040, Bruxelles, tél: (02) 734.93.86 (représentants: Marian Thiery Coene, Micheline Creteur)
Origines et historique
Regroupement de jeunes cinéastes belges qui s’est fait tout d’abord lors du Festival de Knokke en 1973, et qui s’est intensifié lors des événements de la grève de l’IAD (grève de la section Cinéma & TV à la suite d’un conflit avec la direction, la grève était appuyée par les professeurs, plusieurs renvois, suppression des examens, etc.)
A l’été 73, soit au plus fort du conflit de l’IAD le groupe, en collaboration avec d’autres groupes belges (Fugitive (Anvers), Slon (Belgique), Cinéma Parallèle et Groupe Yenan (Bruxelles)) fonde l’Unité de distribution (UD) qui est un appareil de distribution et de diffusion de films.
Objectifs
Avec d’autres travailleurs culturels ils décident de mettre en commun leurs forces pour assurer en Belgique la distribution de films qui subissent la censure économique, politique, morale de la bourgeoisie dominante.
Le groupe se propose en outre d’informer et de témoigner des conditions dans lesquelles cinéastes et techniciens belges font le cinéma en Belgique. De travailler à la recherche et à la pratique d’un fonctionnement différent du cinéma tant sur la plan de la diffusion que sur celui du rapport avec le public.
Buts: se lier concrètement aux luttes de la classe ouvrière, des masses populaires et des intellectuels pour une société socialiste; développer et structurer un réseau alternatif de distribution qui puisse répondre à la demande politique et culturelle de plus en plus large pour un cinéma reflétant la réalité sociale du point de vue des masses; renforcer ses rapports avec tous ceux qui en Belgique et au niveau international sont prêts à construire et utiliser un cinéma d’intervention politique sur tous les fronts; mettre sur pied un groupe de production: l’Atelier populaire de cinéma.
Principales activités
En outre le groupe publie, à travers un collectif de rédaction une revue: Contre-Champ, 3 numéros parus. Parmi les activités du groupe une équipe de production a été créée dans le but de définir une pratique nouvelle également sur ce plan.
Principaux films produits
Un film de long métrage, produit à travers les canaux « normaux »: La cage aux ours. Marian Handwerker. 35 mm, coul, 88 min. Le film raconte un moment de crise dans une famille de la toute petite bourgeoisie urbaine. Trois générations, dont la dernière découvre dans le mouvement de politisation l’explication de sa situation.
Têtes de Turcs. Mariam Handwerker. 16 mm, n&b, 34 min. Un film produit par le groupe IAD/Slon, (1970) sur la situation des travailleurs turcs en Belgique.
Pois, Pois. Mariam Handwerker. 16 mm, n&b, 55 min. Produit par IAD/Slon. Un jeune ouvrier portugais qui travaille en Belgique retourne dans son village, au centre du Portugal à l’occasion des fêtes de Pâques.
Wallonie 71. 16 mm. n&b, 45 min. Atelier IAD/Slon. (collectif) Un film-enquête tourné dans la région de La Louvière.
On a raison de se révolter. Première production collective de l’Atelier populaire de cinéma. 16 mm, coul., 40 min. A partir de la mort de deux ouvriers dans un accident de travail, une enquête est menée par des cinéastes militants dont le but est d’élever le niveau de conscience des masses.
Nature de la diffusion, mécanismes et principaux films diffusés
L’UD diffuse des films en 16 mm et en 35 mm. En regroupant les formations dispersées, le groupe espère fournir une alternative à la concentration de la distribution entre quelques firmes, principalement américaines, qui contrôlent le marché en Belgique. L’UD à contribué à développer un réseau, et des groupes de diffusion qui peuvent prendre en charge l’information, l’animation de certains films, fournir la documentation, et préparer des programmes. L’UD diffuse les films de Fugitive (Anvers), des films chiliens: (La première année de P. Guzman; Companero President, un entretien de Régis Debray avec Allende; Septembre chilien, de Bruno Muel et Théo Robichet; Les uns les autres, de Ben Saleh; Le charbonnier de M. Bouamari; Les dupes de Tewfik Saleh; Kafr Kassem de B. Alaouie; plusieurs films chinois.
Bibliographie Les numéros 0, 1 et 2 de la revue Contre-champ. Plusieurs catalogues et documents de travail. Cinéma 72 (mars)- No: 164.
(Note : les informations qui suivent sont issues du cahier no 2 des Rencontres de Montréal. Elles datent de 1975 et n’ont pas été mises à jour depuis)
ITALIE
→ CENTRO CINEMATOGRAFICO DOCUMENTAZIONE PROLETARIA
Via Arrigo Davila 61/3. 00179 Roma. tél: 79.44.187. (resp: Roberto Aristarco).
Objectifs
Groupe fondé à Gênes à la fin de 1968/début 1969 par des étudiants de l’Université. Le travail de production du groupe est né de l’exigence et du besoin de contre-information au sein de la classe ouvrière au niveau et au moment des luttes (luttes ouvrières, estudiantines, ou de quartier) et de confronter les contradictions internes de la lutte et de la situation sociale en générale.
Principales activités
Production en 16 mm principalement, diffusée entre les groupes et au sein du travail politique du groupe même.
Principaux films produits
- Répression à Gênes. 16 mm, n&b. (?) collectif. La dénonciation et l’arrestation d’ouvriers et d’étudiants telle qu’elle s’est déroulée après un complot entre la police et les fascistes.
- La cita dei padroni. 16 mm, n&b, 28 min. collectif. Une dénonciation de la ville capitaliste, à travers des moments de lutte spécifiques à Gênes.
- Quante belle figlie. 16 mm, n&b, 20 min. Documents d’actualité et scènes de la vie quotidienne montrent le discours sur le fascisme.
- L’imperialismo, particolare stadio del Capitalismo. 16 mm, n&b, 40min. Titre explicite.
Nature de la diffusion, mécanismes et principaux films diffusés
Le groupe diffuse des films comme: Madina Boede José Massip sur la Guinée-Bissau; Hanoi mardi 13 de Santiago Alvarez; ainsi que des documents audio-visuels (montage, diapositives etc) sur différents sujets d’actualité.
Bibliographie
Bianco Nero. No: 7/8, juil-août 1973.- « Esperienze di cinema militante », (1968-72).
→ CENTRO DOCUMENTAZIONE CINEMA ELOTTA DICLASSE
Via Tasso 161, Rome.
Objectifs
Constitué à partir des dissidents du groupe Colletivo Cinema Milittante de Rome, et devenu autonome à partir de 1970. Fut d’abord un groupe qui choisit comme option de travail la reconnaissance des thèmes sur lesquels le groupe allait travailler, tant sur le plan de la distribution que de la production. Son but: tenter de faire un rapprochement plus rationnel entre les réalités qui donnent naissance aux films et celles où évoluent les militants.
Principales activités
Le groupe a d’abord réalisé des montages de diapositives, et s’est ensuite donné des moyens de production en propre ou qui lui sont facilement accessibles. Il possède des équipements de doublage.
Principaux films produits
- San Basilio. 16 mm, n&b, 20 min. Collectif. Un document de contre-information sur la lutte des habitants d’un quartier « dortoir » de Rome pour une rationalisation des transports en commun. Comment cette lutte sert de mobilisation pour aborder des problèmes plus globaux.
- Valpreda è ennocente. 16 mm, n&b, 55 min. Collectif. Le film tente de démontrer comment le cas Valpreda fut utilisé par l’État afin de créer des tensions au sein du mouvement de gauche en Italie et de le discréditer auprès du public.
→ CINEGIORNALI LIBERI
(Activités discontinuées? Sans adresse connue).
Origines et historique
L’idée, ou la notion de ces Cinegiornali est née d’un projet de Cesare Zavattini annoncé dans la région de l’Emilie-Romagne à la fin de 1967. Il s’agissait de réunir le matériel qui serait tourné par toutes les personnes qui possèdent une caméra cinématographique, et selon une structure souple et efficace, de faire de ce tournage des Actualités « libres ». Dans la région « rouge » le projet fut accueilli avec enthousiasme. Il relançait l’idée de Vertov et de l’Homme à la caméra. A Rome il fut endossé par plusieurs cinéastes engagés. Dès 1968 un Centre d’organisation des Cinegiornali s’organise d’abord à Reggio mais il se déplace très vite sur Rome.
Objectifs
La constitution des Cinegironali se veut donc tout d’abord une contribution à la formation d’une opinion publique plus autonome, plutôt que comme un mouvement pour la libération du cinéma. Ses options sont doubles: 1- revaloriser l’image en déclin de l’intellectuel comme interprète de la société; 2- la dénonciation des conditions oppressives d’existence de la production et de la circulation culturelle en Italie, et principalement le cinéma.
Principales activités
En 1968 les Cinegiornali réalisent leurs premiers documents à Rome, Bologne, Parme, Turin, etc. Les thèmes sont divers: la manifestation d’un cinéma pauvre à Bologne, un meeting maoïste à Turin, ou une expérience de cinéma fait par des enfants. Fin 68 des participants au Cinegiornali décident de réaliser des documents sur les luttes des travailleurs de la région romaine et du Lazio. Plusieurs films sont ainsi réalisés par divers cinéastes. Son action se poursuit jusqu’en 1970 où les Cinegiornali interrompent leur activité par la publication d’un manifeste sur le rôle des régions dans la nouvelle structure du cinéma italien, lors du Festival de Poretta Terme.
Principaux films produits
- Appolon una fabbrica occupata. 16 mm, n&b, 70 min (aussi en super 8), Ugo Gregoretti. Réalisé en collaboration avec le groupe Unitelefilm.
- Roma Brucia. 16 mm (??) G. Ferrara. Parallèle entre le Mai français et la situation stagnante en Italie. La majorité des Cinegiornali sont d’une durée de 5 min à une heure. Ils couvrent plusieurs sujets mentionnés dans ces lignes.
Bibliographie Bianco Nero. No: 7/8, juil-août 1973.- « Esperienze di cinema militante ».
→ CINEGRAMMA
Via Caradosso 6. Milano. tél; 86.08.39. (resp.: Alberto Farassino).
Objectifs
Groupe formé vers la fin de 1971 sur la base d’un programme de recherches ayant trait au « statut du cinéma » à sa spécificité et à ses rapports avec les autres activités de la société. Groupe d’étude et d’intervention qui organise des projections de films, des débats publics, des textes, et des documents.
(aucune autre information au moment d’aller sous presse)
→ COLLECTIVO CINEMA MILITANTE
Via Passalacqua 6, Torino. tél: 54.92.53. (resp: Gianfranco Torri.)
Origines et historique
A commencé à fonctionner début 1969 sur la base des expériences concrètes de diffusion du Mouvement étudiant de Rome d’une part, et de l’autre, des travaux de documentation et de ré flexion d’un groupe fonctionnant à l’intérieur de la revue Ombre rosse de Turin. Cette rencontre et la formation du collectif sera le point de départ d’une activité « alternative » concrète particulièrement sur le plan cinématographique et sur celui du contrôle de l’information sur les luttes et le débat politique er général. Le Mai français, les États généraux du cinéma à Paris, le Festival de Pesaro, la découverte du Cinema Novo brésilien et des travaux de Solanas, ont représenté par la suite et confirmé la possibilité pratique de l’option du Collectif.
Objectifs
Le groupe de Turin est en quelque sorte « l’avant-garde » du mouvement (il existe des C.C.M. à Bologne, Florence, Milan, Gênes et à Padou) ce rôle de « leader » provient de la composition même du groupe turinois qui est formé de membres ayant une expérience plus directement liée au cinéma et aux problèmes politico-culturels. Objectifs de base des collectifs sur le plan de la production: ceux qui font les films doivent être « dans » la lutte si l’on veut utiliser la caméra comme outil pour généraliser cette lutte; ceux qui font les films doivent être « dans » le cinéma; le CCM ne croit pas à la théorie qui veut mettre les caméras dans les mains des ouvriers.
Sur le plan de la diffusion, deux options de base caractérisent le travail: négation pratique du film comme spectacle; utilisation du film comme instrument de débat.
Principales activités
Les activités du Collectif sont très diverses mais se résument ainsi: un travail en situation, à partir des centres italiens où le CCM a un collectif de travail soit sur le plan de la production ou/et de la diffusion. Un travail théorique et une pratique suivis d’un bilan de l’entreprise composent la démarche des principaux projets, et déterminent la continuité. En général la diffusion s’est faite (et se fait) sur trois paliers: projections dans les universités; projections dans les milieux ouvriers; projections dans les sièges de quelques partis politiques.
Bibliographie
Bianco Nero. Nos: 7/8, juil-août 1973.- « Esperienze di cinema militante » (sur le CCM p. 26 à 55).
Cinema Nuovo. No: 220.- « Cronistoria del cinema militante in Italia (1962 à 1972) » par G. Torri. Ombre rosse, Nos 3/4.- « Cinema Militante ».
→ LOTTA CONTINUA/CIRCOLO OTTOBRE
Via Mameli 51, Roma. tél: 58.91.358/58.91.495.
Origines et historique
L’expérience cinématographique de Lotta Continua a été amorcée en 1971 avec la production du film Il 12 Dicembre réalisé en collaboration avec Pier Paolo Pasolini. Le groupe retient comme aspect positif de cet expérience la création des réseaux du Circolo Ottobre qui prirent naissance à partir de la circulation de ce film. Ces « circoli » à caractère politico-culturel constituent la base de diffusion pour les films produits par le groupe.
Objectifs
Le but premier du groupe était de produire et de diffuser des films « esthétiquement » valables et qui devaient fournir une information politique immédiatement utile à divers militants. La seconde phase de l’expérience se fixa comme objectif celui d’intervenir dans les points chauds en tournant du matériel sur le ou les événements en question. Ce matériel devait être utilisé de façon immédiate un peu comme « tract » tout en restant provisoire et relativement souple. Ce matériel devait être tourné non pas par des cinéastes de l’extérieur du groupe mais par des militants directement actifs dans la lutte. Dans le cas où des cinéastes du groupe désiraient faire un film de contre-information plus structuré, ils avaient alors accès au matériel tourné précédemment sur le sujet ou le point chaud en question, pour y apporter une analyse plus fondamentale. Le but ici, n’étant pas de faire un cinéma soi-disant révolutionnaire, mais bien un cinéma, instrument d’intervention politique.
En outre les Circoli Ottobre ont occasionnellement organisé des projections dans des salles de cinéma normales.
Principaux films produits
- 12 Dicembre. P.P. Pasolini. 16 mm/35 mm, n&b, 110 min. Le carnage et la destruction étatique comme réponse ou réaction des patrons aux grandes luttes ouvrières.
- Spezziamo la catena. 16 mm, n&b, 55 min. (collectif avec l’assemblée autonome de l’Alfa Romeo). Les luttes à l’Alfa Romeo.
- E Nua ca simu, a forza du mundu. Anna Lajolo, Alfredo Leonardi e Guido Lombardi. 16 mm, n&b, 60 min. Reconstruction d’un « homicide blanc »: les causes et la mort d’un ouvrier victime de l’immigration interne.
- La fabrica aperta. (en collaboration avec le CCM de Turin), 16 mm/8 mm, n&b, 25 min.
Bibliographie
Bianco Nero. Nos: 7/8 juil-août 1973.- « Esperience di cinema militante ».
Quaderno informativo. No: 23.- « 7e Mostra internazionale del nuovo cinema Pesaro 1971 ».
Ombre rosse. Nos 3/4.- « Cinema militante ».
→ UNITEFILM
Via degli Sprovieri 14, 00152 Roma, tél: 58.86.26. (rel. ext: Paola Scarnati).
Objectifs
Comme l’Unicité en France, Unitelefilm est l’organe de production et de diffusion de matériel et de documents audio-visuels du Parti communiste italien. Il a été fondé vers 1962. Ses buts sont d’appuyer, d’informer et de documenter sur le plan audio-visuel, les politiques du Parti et de soutenir les luttes ouvrières par des documents, des projections, des débats. Ses activités regroupent plusieurs personnalités du monde cinématographique italien. Gian Maria Volonté, Carlo Lizzani, Ugo Gregoretti écrivent et réalisent plusieurs documentaires pour l’organisation. Plusieurs autres cinéastes italiens y réalisent des films sur différents sujets. Déjà, avant même que n’existe l’Unitelefilm en 1949, Carlo Lizzani réalisait le premier film militant italien (aujourd’hui encore distribué par Unitelefilm) Nel mezzogiorno qualcosa e’cambiato, un document sur le Sud italien, sorte d’enquête cinématographique, la première réalisée sur la région dans l’après-guerre.
Unitelefilm compte dans son catalogue des films réalisés dans le cadre de son activité par: Bertolucci, Leonardi, Lombardi, Lajolo, Ferrara, Scola et autres.
L’organisation participe à certains travaux théoriques sur le plan cinéma. La diffusion des films se fait principalement dans les réseaux de l’A.R.C.I. et des maisons du peuple du parti à travers le pays. L’ARCI est constitué de centres culturels et sociaux, et constitue un réseau organisé, structuré et d’un potentiel important pour la diffusion de documents de contre-information. En outre Unitelefilm diffuse les productions du Terzo Canale, groupe formé de cinéastes qui parmi leurs actions, avaient pendant un certain temps organisé, à partir d’un camion avec écran et appareils de projection, des projections dans les rues, lors de manifestations. Unitelefilm réalise également des versions de films étrangers utiles sur le plan national.
Principaux films produits
Unitelefilm publie un catalogue annuel qui contient près de 200 titres de films produits par l’UTF, le Terzo Canale, le groupe de propagande du PCI, et plusieurs groupes indépendants: Cinegiornali Libero, Comitato cineaste italiani contro la Repressione, etc.
Nature de la diffusion, mécanismes et principaux films diffusés
Unitelefilm distribue ses propres productions de même que celles d’autres groupes et d’autres pays. Le catalogue comprend des films sur: les problèmes italiens, les problèmes urbains, des usines, des paysans, et des régions, sur les situations internationales; des témoignages sur le mouvement ouvrier italien; la lutte antifasciste; les traditions populaires; des films sur l’art; plusieurs des grands classiques soviétiques; et quelques films des pays socialistes qui trouvent peu de distributeurs en Italie: films de Jancso, Zoltan Fabri, et quelques films cubains.
NOTE: Comme ailleurs, les contradictions italiennes étant tout autant spécifiques, nous ajoutons à cette liste quelques adresses utiles d’autres groupes, associations et individus qui sont autant de points de référence dans la démarche actuelle. Au delà de leurs contradictions propres ils peuvent aider la continuité du mouvement actuel.
→ SAN DIEGO CINEMATOGRAFICA
Via Cesare Beccaria 94. Rome, tél: 31.83.42.-31.80.26 (dir: Renzo Rossellini.)
→ FILM STUDIO
70 Via Delgi Orti d’Alberti. Rome, tél: 65.04.64 (dir. Adriano Apra.)
→ VIDEO BASE
Via Satrico/00183 Rome, tél: 756.08.80. (A. Leonardi, A. Lajolo, G. Lombardi.)
NORVÈGE
→ NORSK FILMSENTER
Box 59. Blindern. Oslo 3. tél: 46.98.67. (resp: Eva Mannseth).
Origines et historique
Groupe fondé en 1972 dans le but de refondre les rapports entre les travailleurs du cinéma et le public. Principalement un groupe de diffusion. Le groupe compte environ 90 membres. Les films sont déposés par les cinéastes membres. Le groupe diffuse environ une trentaine de films en 16 mm.
Principales activités
Le groupe diffuse des films norvégiens, suédois, quelques films français, et des films allemands. En outre il diffuse plusieurs films sur la situation en Amérique latine (Colombie et Chili en particulier).
Le groupe participe à l’élaboration de l’enseignement du cinéma et de ses techniques dans les écoles. Plusieurs des membres présentent des films et donnent des cours d’introduction aux techniques du film.
Bibliographie
Fant. no. VI/3.-23-72.
(aucune autre information au moment d’aller sous presse)
Pays-Bas (Hollande)
→ CINECLUB
P.O. Box 1626. Amsterdam, tél: (020)-45. (Bep. Bremer; Ad Van Praag.)
Origines et historique
Créé en 1966 à Amsterdam, par un groupe d’étudiants reliés pour la plupart au mouvement Provos. Au début il s’agissait de « casser » la censure et de « briser » les habitudes d’un public trop bourgeois. A l’époque aucun film politique ne pouvait passer en Hollande. Le Cineclub organisait des projections périodiques pour y présenter des films de contre-information. Le premier de ces films fut Le ciel et la terre de Joris Ivens. Non seulement ces films furent montrés devant des milliers de personnes mais ils obligeaient les journaux à en parler et plus tard les pressions exercées sur certaines chaînes de TV permirent de faire passer ces films à la télévision. Très vite d’autres villes en Hollande formèrent des Cineclubs mais ces circuits restaient accessibles surtout aux étudiants et aux gauchistes. En 1968 le Cineclub d’Amsterdam décida d’organiser une structure pour lui permettre d’importer d’autres films, et de les diffuser non seulement dans son circuit, mais aussi dans les écoles, les clubs de jeunesse, et dans les groupes communautaires. Le rôle des Cineclubs diminua et la circulation des films ainsi importés et diffusés se rationalisa au profit d’un auditoire plus large, et plus varié. Très vite des contacts furent par la suite établis avec le U.S. Newsreel et les États généraux en France, et Cineclub s’engagea dans la production de films collectivement. Le premier fut sur l’occupation de l’administration de l’université. Il fut réalisé et diffusé en collaboration avec les étudiants, les travailleurs et le peuple d’Amsterdam. Les projections étaient suivies de débats. L’action et l’organisation de Cineclub a permis de se situer comme groupe de pression afin de changer la nature de la diffusion et l’éventail de films offerts par la télévision en Hollande.
Objectifs
Les buts du Cineclub ont toujours été définis par la pratique. Le groupe n’utilise pas que le cinéma dans son travail, mais aussi le cinéma, dans le but d’acquérir une plus grande efficacité. Se veut maintenant de plus en plus un groupe d’intervention sociale qui travaille principalement en milieu ouvrier avec les jeunes travailleurs. Une grande importance est par ailleurs accordée aux luttes dans le Tiers-Monde, et son incidence sur les luttes en Europe.
Principales activités
Parmi ses activités le Cineclub a organisé une école libre pendant une semaine, où des leçons, des films et des discussions ont fait l’objet d’une expérimentation de décloisonnement. Une Semaine de la liberté à Amsterdam. Cineclub a également importé en Hollande le film de Karmitz Coup pour coup et a réalisé une version en néerlandais pour diffusion politique de même qu’il a organisé la sortie commerciale du film dans plusieurs villes. Son action a été particulièrement efficace dans les luttes urbaines, surtout dans le Jordaan d’Amsterdam: un quartier populaire menacé de « rénovation » par les entrepreneurs de la ville. Cineclub a de plus organisé plusieurs Week-ends de films politiques à Amsterdam et ailleurs en Hollande.
Principaux films produits
- Maagdenhuisfïlm. (collectif) 16 mm, n&b, 55 min. L’occupation des bâtiments de l’administration de l’Université d’Amsterdam au temps des Provos.
- Iroek, Het Kind van de Rekening. (collectif) 16 mm, n&b, 50 min. A travers le portrait d’un jeune garçon du Jordaan, le film retrace le portrait de ce quartier populaire d’Amsterdam.
- Jordaanfilm. (collectif) 16 mm, n&b, 50 min. Documentaire de contre-information sur le quartier du Jordaan et les actions populaires menées pour sa conservation.
Nature de la diffusion, mécanismes et principaux films diffusés
Dans un intéressant catalogue ponctué par des caricatures de Siné (extrait de CIA) le Cineclub offre une sélection de films de Newsreel, des collectifs italiens, des États généraux de Mai 68, des films cubains, et une collection de films de l’Amérique latine de court et de long métrages. Des films de Félix Green sur l’Indochine, de Joris Ivens, des films du FLN Vietnam, les films de Sanjinés, Solanas, Rios, des films sur la Palestine, le film de Tshushimoto sur Minamata, des documentaires sur la Chine de Félix Green, la majorité de ces films sont disponibles en 16 mm. Quelques titres en 35 mm.
Bibliographie
Politique Hebdo, 16-ll-72.- « La Semaine de la liberté ».
Time Out, Londres, mars 72.- « Amsterdam Cineclub ».
Cineclub Filmboek (Catalogue de films).
→ FUGITIVE CINEMA HOLLAND
Nicolaas Maesstraat 68. Amsterdam, tél: (020) 76.43.20. (resp. Willum Thijssen).
→ HET VRIJ CIRCUIT
Rozengracht 101-103. Amsterdam. Tél: (020) 25.24.23. (resp: Gerrard Verhagen).
Origines et historique
D’abord formé vers la fin de 1971 dans le but de distribuer les films du Fugitive Cinéma de Anvers, en Hollande et ailleurs en Europe du Nord, Fugitive a poursuivi un travail de réflexion sur les structures capitalistes du cinéma en collaboration avec un groupe de la revue Skrien (Reel Film). L’acquisition de nouveaux films à caractère socio-politique, pour diffusion à la fois commerciale et non-commerciale, a mené à l’élaboration du Vrij Circuit, qui considère comme « réseau libre » tous les utilisateurs et les diffuseurs de films engagés. Un travail de recherche et de réflexion politique est venu compléter ce travail sur le plan et de la diffusion et de la production.
Objectifs
Het Vrijcircuit est un système économico-social pour distribuer et projeter des films… Comme dans l’industrie capitaliste les moyens de production sont aux mains d’un petit groupe, ce fait n’est pas sans conséquences sociales et politiques. Le « circuit libre » a donc pour but de stimuler la consommation non commerciale, la projection et la production des films… L’accent est mis surtout sur les films d’intérêt politique éducatif et artistique. À travers la continuité de Fugitive (dist), Vrij Circuit (expl), et de la revue Skrien (critique/théorie), le groupe entend contribuer à la conscientisation du public dans une perspective d’évolution vers la société socialiste.
Principales activités
Le Vrij Circuit est donc omposé de trois organisations: Fugitive Holland qui diffuse/distribue des films de long et court métrage en 16 mm (parfois 35 mm) à la fois pour le Vrij Circuit et dans d’autres secteurs: collèges, universités, groupements politiques, associations, syndicats etc. La revue Skrien qui réalise en collaboration des documents critiques et théoriques sur le cinéma, la politique, et les structures du cinéma en général. Le Vrij Circuit se voudrait, au niveau fonctionnel, le regroupement et/ou la rencontre des groupes ou associations de « consommateurs » qui utilisent le film. Ce regroupement pourrait rationnaliser les acquisitions et la diffusion des films, en déterminant mieux les besoins et l’utilité des films.
Nature de la diffusion, mécanismes et principaux films diffusés
Films de long et court métrage. Catalogue de Fugitive: Tout va bien, J.L. Godard; Strat gia del ragno, Bernardo Bertolucci; Othon, J.M. Straub; Sambizanga, Sarah Maldoror; Mandabi, Ousmane Sembene; Ole Dole Doff, Jan Troell; El primer ano, Patricio Guzman; Le charbonnier, M. Bouamari; Kashima Paradise, Yann Le Masson/Benie Deswarte; Les mille et une mains, Souhal Ben Barka; La semillas de la aurora, collectif Montevideo; La salamandre, Alain Tanner; Paranoïa, Adriaan Ditvoorst; Valparaiso mi amor, Aldo Francia, Les dupes, Tewfik Saleh; plusieurs courts métrages de contre-information, expérimentaux, documentaires. Fugitive distribue également certains films dans d’autres pays européens.
Bibliographie
Documents distribués par le Festival de Nyon, oct. 1973. Skrien Mag. No: 37/sept 1973. Skoop Mag. Vol: IX, no: 3, août 1973. Catalogue de Fugitive Cinéma 1974.
→ FILMS FOR SOCIAL CHANGE
Rijksuniversiteit te Utrecht, Sociologisch Instituut. Heidelberglann 2, de Uithof, Utrecht, tél: (030) 53.18.68. (Leonard M. Henny).
Origines et historique
(Voir historique du groupe section USA)
Objectifs
Les buts du Bureau européen, sont de représenter les films et les cinéastes américains et latino-américains en Europe d’une part, et d’autre part de pouvoir aider les cinéastes européens à trouver une distribution pour leurs films aux U.S.A.
Principales activités
En plus de distribuer les films des cinéastes américains qui travaillent avec la Coop, le groupe hollandais produit quelques films en collaboration avec l’Université d’Utrecht et traitant de sujets et/ou problèmes hollandais. La production récente s’est particulièrement consacrée à cerner les problèmes des jeunes travailleurs en Hollande. Sur le plan diffusion, le groupe tente de regrouper quelques films pour en faire des programmes thématiques: écologie, sociologie, résistance urbaine, Tiers-Monde et mouvement de libération, mouvement de protestations aux U.S.A. etc.
Principaux films produits
Films produits en Hollande: Where Have All The People Gone? collectif. 16 mm. 30 min, coul. Le film retrace quelques-unes des actions menées par les groupes de résistance à des projets de « rénovation » urbaine. Il analyse les actions qui ont réussi et celles qui n’ont pas réussi.
Do You Still Believe It? collectif. 16 mm, n&b, 20 min. Un document sur les conditions de travail et de vie des jeunes ouvriers.
Bibliographie
Films for social change in Europe. Status report. Publié par le groupe.
Catalogue et documents publié par Films for Social Change, Hollande.
Document on Alternative Medias, par L. Henny pour les Rencontres de Montréal 74.
PORTUGAL
→ ANIMATOGRAFO
Escadinhas da Achada No. 10, 3° Esq. Lisbonne, 2. tél: 87.33.91. (Antonio da Cunha Telles).
Principales activités
Groupe de diffusion qui a mené une action concertée dans le Portugal d’avant avril 74 dans le but de changer la nature et les restrictions sur le plan de la diffusion des films. A diffusé plusieurs films du Tiers-Monde au Portugal ainsi que plusieurs films progressistes venus de pays européens et américains; des films de Rocha, Bertolucci, Tanner, Oshima, Bergman. Arcand, Handwerker.
(aucune autre information au moment d’aller sous presse)
Nature de la diffusion, mécanismes et principaux films diffusés
OCerco, Meus amigos de A.C. Telles; Vilarinho das fumas, Antonio Campos; O Mal-Amado, Fernando Motos Silva; films sur le mois d’avril 74.
ROYAUME-UNI
→ BERWICK STREET FILM COLLECTIVE
7-9 Earlham St. London.W.C. 2. tél: 240.23.50. (collectif: Scott, Karlin, Trevelyan, Mordaunt).
Origines et historique
Groupe collectif de travail formé en 1968. Plusieurs des membres du groupe ont eu une expérience de travail dans le domaine de « l’agit-prop »: tournage rapide et montage sous forme d’actualité de grèves, d’actualités, de démonstrations etc., dans un but de contre-information. Le groupe s’est formé dans le but d’apporter une réflexion plus rationnelle sur le cinéma par rapport à une pratique et à une théorie sur une pratique politique du cinéma. Le but est de travailler sur des films plus analytiques, sur des documents plus réfléchis.
Objectifs
Réaliser un travail sur le plan critique et théorique par rapport au cinéma et sur un plan plus pratique ré-examiner les rapports entre cinéastes et le mouvement des travailleurs et le mouvement socialiste en général.
Principales activités
Les activités du groupe sont principalement orientées vers la production et les problèmes d’organisation matérielle et politique de cette production. Un des objectifs a été d’établir des services de montage pour le groupe de même que pour rendre ces services accessibles à d’autres groupes de cinéma politique.
Principaux films produits
The Hour Before Dawn. Richard Mordaunt. 16 mm, 100 min, n&b. Film tourné en Irlande du Nord entre juillet 1969 et juillet 1973. C’est une chronique quotidienne sur l’émergence du mouvement socialiste, un mouvement qui se veut la contre-partie de la violence de l’impérialisme britannique. C’est un film sur la nécessité de la survivance d’un peuple et sa détermination à combattre l’oppression.
Bibliographie
Screen. Winter 1972/73.- « Left Film Distributors ».
→ CINEMA ACTION
35a Winchester Rd., London. N.W.3 tél: 586.27.62. (Gustav Lamche).
Origines et historique
Groupe « agit-prop » formé en 1969 par des ouvriers des secteurs de la métallurgie, des transports, des postes, des maçons et autres, dans le but de créer un collectif de travail cinématographique. Il s’agissait pour le groupe de filmer des exemples typiques de la lutte des ouvriers et de faire circuler les films parmi les organisations ouvrières aux prises avec des conflits identiques.
Objectifs
Réaliser des films pour les organisations syndicales et réunir les conditions pour les projeter pendant les manifestations, réunions, grèves, assemblées etc. Appuyer cinématographiquement par le tournage et le montage de « tracts » filmés, les différentes actions du mouvement ouvrier.
Principales activités
Le groupe a tourné 25 films jusqu’à présent, qui ont été montrés dans les circonstances citées plus haut. Chaque membre de Cinema Action doit travailler un jour complet par semaine sur un projet. Les membres ne peuvent s’adonner au cinéma que pendant leur temps libre et sur une base collective. Le projet est présenté à une réunion et le tournage et le montage sont faits collectivement. Au début le groupe ne tournait que des cinétracts. Maintenant avec l’appui des syndicats, le groupe tourne des films plus longs qui recoupent d’autres sujets d’actualité politique.
Principaux films produits
- Arise Ye Workers. 16 mm, n&b, 23 min. Un mouvement de masse des travailleurs s’oppose à la loi anti-grève des dockers à Londres. Le mouvement de solidarité conduit les autorités à relâcher les leaders emprisonnés par les autorités.
- The UCS Struggle. 16 mm, n&b, 23 min. Un film sur l’occupation des chantiers navals de la Clyde en Écosse.
- People of Ireland. 16 mm, n&b, 105 min. Dans un secteur de London Derry « libéré » les travailleurs réclament une république socialiste. Les barricades sont détruites, mais la lutte continue.
Bibliographie
Journal du Festival de Leipzig 1973.
Journal du Festival de Leipzig 1974.
→ LIBERATION FILMS
6 Bramshill Gardens. London, N.W. 5.1 J.H. tél: (01) 263.06.13 (resp.: Tony Wickert).
Origines et historique
Formé en juillet 1970, Liberation Films a d’abord pris en mains les films du groupe américain Newsreel que le groupe Angry Arts (fondé par des Américains expatriés) avait d’abord fait circuler en Angleterre. Puis lors de la conférence des groupes de diffusion anglais (Other Cinema, Politkino, Cinema Action) en 1972, Liberation Films se transforma en un groupe d’action conseil au niveau de la production, distribution et projection des films. Il s’agit d’un groupe de production/diffusion à caractère non lucratif.
Objectifs
Le groupe entend produire et diffuser des films pour les enseignants, conférenciers, travailleurs communautaires, et organisateurs militants politiques dans le but de: 1- aider les gens à mieux comprendre la société et la communauté dans laquelle ils vivent; 2- de soulever les questions du contrôle et de la responsabilité dans cette société; 3- faire connaître et rendre accessible l’information et la connaissance sur les pays qui cherchent l’auto-détermination; 4- aider les gens à reconnaître les forces et les pouvoirs qui contrôlent leur vie de façon à les conscientiser dans le sens d’une libération qui doit être le point de départ d’une société autonome et socialiste. Ce but d’informer et de provoquer des débats et une action devrait contribuer à une meilleure participation entre les gens qui veulent participer aux affaires de leur société et de leur communauté.
Principales activités
Les films produits et/ou diffusés par le groupe le sont dans une perspective d’intervention dans le processus historique en cours. Les actions ou l’activité du groupe sont envisagés comme une sorte d’outil. Plusieurs secteurs dans plusieurs domaines utilisent les films de Liberation Films. Les films produits et/ou diffusés touchent les centres sociaux ou communautaires, les enseignants, les groupes d’étudiants au niveau collégial et/ou universitaire, les groupements politiques, les groupements cinématographiques, et les groupes régionaux.
Principaux films produits
- A Woman’s Place. 16 mm, n&b, 30 min. Un documentaire sur l’évolution du mouvement de libération de la femme au Royaume-Uni.
- All You Need’s an Excuse. 16 mm, n&b, 10 min. Un film qui montre les activités d’un groupe d’action communautaire de North Hampstead.
- Something to Talk About. 16 mm, n&b, 45 min. Un film qui montre comment un enseignant utilise une série de films dans les classes de jeunes élèves.
- Starting to Happen. 16 mm, n&b, 45 min. Un film qui montre comment on a utilisé le vidéo portatif dans le but de catalyser une action communautaire dans un quartier sud de Londres.
Nature de la diffusion, mécanismes et principaux films diffusés
En plus de poursuivre la distribution en Angleterre des films du Newsreel, Liberation Films distribue des films du groupe Slon, les films de Félix Greene sur la Chine, des films de Santiago Alvarez, Emile de Antonio (In the Year of the Pig), Salt of the Earth de Biberman, Zéro de conduite de Jean Vigo et un film de Kwatee Nee Owo sur les trésors de l’art nègre cachés par le British Museum: You Hide Me.
Bibliographie
Screen, Winter, 1972-73.- « Left Film Distributors ».
Catalogue de Liberation Films.
→ THE OTHER CINEMA
12-13 Little Newport St. London WC2H-7JJ. tél: (01) 734.85.08. (Nick Hart Williams, Andi Engel).
Origines et historique
La formation du groupe remonte à 1969, lorsque des cinéastes comme Albert Finney, Ken Loach, Richard Lester, Tony Garnett, Harold Pinter et Joseph Losey réunis dans le cadre des Rencontres des cinéastes britanniques, constatèrent que la situation de la distribution des films en Grande Bretagne était lamentable, et qu’en particulier les films progressistes des cinéastes du Tiers-Monde et d’autres pays occidentaux n’avaient pas leur place sur les écrans britanniques. Les cinémas de Londres en particulier, sont contrôlés par le monopole Rank/ABC, et le même monopole contrôle la distribution et une majorité des salles dans le reste de la Grande-Bretagne. L’impossibilité pour un cinéaste, un producteur ou un distributeur indépendant qu’il soit anglais ou étranger de percer ce monopole de fait, établi avec la conspiration des Majors américains, fut le motif de départ du groupe Other Cinema.
Le besoin de briser ou du moins de pratiquer certaines brèches dans ce monopole impliquait que les films présentés et défendus par le groupe soient différents, qu’ils soient au service d’une idéologie différente de celle des monopoles. D’autre part la question des réseaux libres était fort débattue à ce moment en Angleterre et Other Cinema entendait mettre les films acquis au service des organisations qui utilisent le film dans une perspective socio-politique en même temps qu’il entendait mener un combat pour rendre ces films accessibles à un public plus large dans les salles de cinéma londoniennes.
En juillet 1973, le groupe Politkino, qui diffusait lui aussi une sélection de films à caractère politique s’est joint au groupe Other Cinema. Les films acquis par Politkino (dirigé par Andi et Pam Engel) étaient montrés jusqu’alors, à Londres dans le cadre des activités du Club Politkino et diffusé par la suite aux groupements politiques. Other Cinema est un regroupement à buts non lucratifs et diffuse des films en 16 mm et en 35 mm.
Objectifs
La diffusion et la projection de films à caractère politique (plus spécifiquement du Tiers-Monde) dans le but d’informer, d’éduquer et de permettre le développement d’une solidarité à tous les niveaux de la lutte contre le capitalisme et l’impérialisme. Pour ce faire, pratiquer toutes les brèches possibles dans le but d’affaiblir le monopole de la distribution contrôlé par la MPEA et ses acolytes de toutes nationalités.
Principales activités
Les activités du groupe ont commencé par la présentation en salle à Londres du film de Pontecorvo: La bataille d’Alger, un film acheté par un distributeur et laissé sur les tablettes pendant plus de 4 ans. Présenté par Other Cinema le film a tenu l’affiche pendant 8 semaines au cinéma King’s Cross. Les activités de Other Cinema se sont par la suite orientées du côté de la présentation de films non distribués tout autant que des films acquis par le groupe. Des présentations de programmes spéciaux lors du Festival d’Édimbourg, une manifestation consacrée au cinéma latino-américain au Collegiate Theatre et au National Film Theatre, la présentation régulière de programmes au Collegiate ont contribué à faire connaître en Angleterre les films et un cinéma d’information et de réflexion qui était auparavant inaccessible à la majorité du public britannique.
La création de groupes et/ou de clubs à Bristol et à Birmingham ont également rendu accessible plusieurs de ces films au milieu urbain de ces villes industrielles. Publication de documentation, catalogues et information générale sur les films diffusés.
Nature de la diffusion, mécanismes et principaux films diffusés
Le catalogue du Groupe Other Cinema/Politkino contient plus de 200 films, en 16 mm et en 35 mm. Certains films sont en diffusion non commerciale d’autres le sont pour distribution en salles.
Des films africains de Sembene: Emitai, Mandabi, La Noire de…; les films de J.L. Godard: Gai savoir, Pravda, Vent d’est; Pano ne passera pas de Ody Roos et Danielle Jaeggi; les films de J.B. Straub: Othon, Nicht Versöhnt, Machorka-Muff; des films de Werner Herzog: Even Dwarfs Started Small, Fata Morgana, Lebenszeichen; les films de Steven Dwoskin; Benefit of the Doubt de Peter Whitehead, et The Fall; Makin It de Simon Hartog; La villegiatura de Marco Leto; Tropicide Gianni Amico; Peasants of the Second Fortress de Shinsuke Ogawa; la presque totalité des films latino-américains de Solanas, Sanjinés, Rios, Rocha, Ruy Guerra, Littin, Tupamaros de Lindquist; Asylum de Peter Robinson; The Brig des frères Mekas; Finally Got the News de Peter Gessner; Ice de Robert Kramer; Malcom X de John Taylor et Lebert Bethune; Maidstone de Norman Mailer; des films du Newsreel; Punishment Park de Peter Watkins; Point of Order de Emile de Antonio; Lenin in October de Mikhail Romm; Le train en marche de Marker et Le bonheur de Medvekine.
Bibliographie
Screen, Winter, 1972-73.- « Left Film Distributors ».
Ink, 18 aug. 1971,- « Repression: Movies ».
Sight and Sound, Summer 1971,- « Towards Another Cinema ».
Time Out. Aug. 27 sept 2, 1971.- « Left Movies ».
Sight and Sound. Winter 1969-70.- « Declarations of Independence ».
Sunday Times. 7-3-71. Take One. Vol: III, no: 4, The Other Cinema.
(Note : les informations qui suivent sont issues du cahier no 2 des Rencontres de Montréal. Elles datent de 1975 et n’ont pas été mises à jour depuis)
ORGANISATION MULTINATIONALE
→ BUREAU DES CINÉASTES DU TIERS-MONDE
a/s U.A.A.V. (Union des arts audio-visuels) 1 rue Sid Ali Aouf; Bab. El Oued; Alger. Algérie. Tél: 62.06.54. (Coord: Lamine Merbah)
Cinémathèque de l’Institut du Tiers-Monde « Manuel Ugarte », Viamonte 444. Buenos Aires. Argentine. Tél: 32.22.51 (resp. pour l’Amérique Latine, Jorge Giannoni)
Pour l’Afrique: Mandiou Touré; dir. Sily Cinéma, République de Guinée.
Pour le Moyen-Orient: Hamid Merei; dir. Organisation nationale cinématographique, Syrie.
Origines et historique
Le Bureau fut fondé à l’occasion de la première rencontre des cinéastes du Tiers-Monde qui s’est déroulée à Alger en décembre 1973. Sa création et les Objectifs qui lui furent assignés furent entérinés par les cinéastes latinos américains réunis pour une seconde rencontre avec leurs camarades africains et du Moyen-Orient à Buenos Aires en mai 1974.
Objectifs
Les objectifs du Bureau sont:
De coordonner les efforts pour la production et la distribution des films du Tiers-Monde; d’établir et de consolider les relations qui existent entre les cinéastes et les cinématographies du Tiers-Monde par:
a) la publication d’un bulletin d’information en quatre langues: arabe, anglais, français et espagnol.
b) le recensement de la documentation sur le cinéma du Tiers-Monde pour l’élaboration et la distribution d’un catalogué de films produits dans les pays du Tiers-Monde.
c) la promotion de festivals et de rencontres au niveau des pays du Tiers-Monde.
d) la publication et la compilation des différentes législations sur le cinéma dans les pays du Tiers-Monde. D’autre part le Bureau devra promouvoir la création de fédérations et d’organisations régionales et continentales dans le but de créer une organisation tricontinentale de distribution de films.
Rechercher les marchés étrangers dans le but d’assurer une meilleure diffusion des films du Tiers-Monde tant sur le plan commercial et non-commercial, que sur celui de la TV et des cassettes.
Le bureau entrera en contact avec les autorités de l’OUA de la Ligue arabe et de l’UNESCO dans le but d’obtenir de ces organisations une aide financière nécessaire à la mise en application de ces recommandations.
Principales activités
Lors des réunions d’Alger et de Buenos Aires plusieurs résolutions concernant les aspects production, distribution, exploitation des films furent adoptées. Il serait trop long d’en donner le contenu ici, mais précisons que les deux rencontres ont donné lieu à une étude en profondeur des différentes législations, et des infrastructures variées qui régissent le cinéma dans les pays du Tiers-Monde. Lors des Rencontres internationales pour un nouveau cinéma de Montréal, les représentants du Bureau ont de plus souhaité, par une résolution adoptée par l’assemblée, de voir la création de fédérations nationales et internationales au niveau des cinéastes progressistes des pays occidentaux venir s’ajouter aux travaux et aux échanges réalisés par les fédérations et les organismes du Tiers-Monde. (Voir Cahier Résolutions No:l)
Bibliographie
ALGER:
Le Monde, 28/12 7 73. Au Rendez-vous des Cinéastes du Tiers-Monde.
El Moudjahid, numéros du 6 au 15 décembre 1973. Chronique de la Rencontre d’Alger.
BUENOS AIRES:
La Opinion, 19/5/74. « Cine del Tercer Mundo ».
Noticias, 24/5/74. « El Cine del Tercer Mundo ».
Mayoria, 25/5/74. « Finalizaron las jornadas ».
Mayoria, No: 10. « Un acontecimiento cultural ».
Ce texte est issu du cahier no 2 des Rencontres de Montréal : Comité d’action cinématographique (Québec). Cahiers des Rencontres internationales pour un nouveau cinéma. Montréal : Comité d’action cinématographique, 1975, 4 vol. Bibliogr. ; Ill. Cote PN 1993.4 R39.
(Note : les informations qui suivent sont issues du cahier no 2 des Rencontres de Montréal. Elles datent de 1975 et n’ont pas été mises à jour depuis)
⇩ ADRESSES COMPLÉMENTAIRES ⇩
COOPÉRATIVES DE CINÉMA INDÉPENDANT
AUSTRALIE
- Sidney Film Makers Coop. Saint Peters Lane, Darlinghurst, 2010 N.S.W. tél: 31.32.37.
RÉPUBLIQUE FÉDÉRALE ALLEMANDE
- Hamburger Film Coop. D2, Hamburg-1. Rosenstrasse 18. Kino Abaton. 2-Hamburg-13, Grindelhof/von Melle Park. Tél: 45.42.22 (W. Grassman).
- Undependent Film Center. 8-Munchen-13. Schaudolphstrasse 9. Tél: 141.13.80 (Werner Schultz).
- X Screen. 5-Koln, Kartauserwall 3-5 (W. & B. Hein).
CANADA
- Canadian Film Makers Distribution Center. 406 Jarvis St. Toronto. Ont. Tél: (416) 921.22.59 (Frédéric Manter).
DANEMARK
- Alternatiev Film Distribution. Emiliegade 9, Kopenhagen. Tél: 21.14.73 (Per Assentoft).
ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE
- New York Filmmakers Coop. 175 Lexington Ave., New York, NY, 10016 (Jonas Mekas).
- Canyon Cinema. Room 220, Industrial Center Bldg, Sausalito, Calif., 94965 (Bruce Bailie).
- Center Cinema Coop. 237 Ontario Street East, Chicago, Ill., 60611. Tél: 943.73.99 (Ron Nameth).
- Millennium. 48 Great Jones St. New-York, NY. Tél: 228.99.98.
- Berkeley Film House. 2908 Channing Way, Berkeley, Calif., 94704. Tél: 843.69.00.
FRANCE
- Collectif Jeune cinéma. 63 rue Desnouettes, 75015. Paris. Tél: 531.65.41 (Marcel Mazé).
QUÉBEC
- Coopérative des cinéastes indépendants. 2026 rue Ontario Est, Montréal, Qué. Tél: 523.28.16 (Dimitri Eipides).
ROYAUME-UNI
- London Filmmakers Coop. 13a Prince of Wales Crescent, London, N.W. 1. Tél: 267.49.07 (Peter Gidal).
SUISSE
- Cinéma Marginal Distribution. 17 ch. du Laudioz, 1009 Pully-Lausanne. Tél: 29.84.19 (Marcel Leiser).
MUSÉES DE CINÉMA, CINÉMATHÈQUES, ARCHIVES
On retrouvera ici des organismes dont le travail, dû à des animateurs progressistes, a joué, et continue de jouer, un rôle souvent important, tant sur le plan de certaines cinématographies nationales, que sur celui de la défense et de l’illustration d’un cinéma qui marche avec l’histoire.
- Cinémathèque d’Alger. 26 Larbi Ben Mihidi, Alger, Algérie. Tél: 63.84.31 (Ahmed Hocine, Boudjema Karèche).
- Cinémathèque royale de Belgique. Palais des beaux-arts, 23 Ravenstein, Bruxelles 1, Belgique. Tél: 13.41.55 (Jacques Ledoux).
- Cinemateca do Museu de Arte Moderna. Caixa Postal 44 (ZC-00), 2000 Guanabara, Brésil (Cosme Alves Neto).
- Pacific Cinématheque Pacifique. 1145 West Georgia, Vancouver, B.C. Canada. Tél: 732.53.22 (Kirk Tougas).
- Cinémathèque québécoise. 360 rue McGill, Montréal, Qué., Canada. Tél: 866.46.88 (Robert Daudelin).
- Cinémathèque du Chili en exil, a/s Calle 23, no: 1155, La Habana 4, Cuba (Peter Chaskell).
- Cinemateca de Cuba, Calle 23, no 1155, Vedado, La Habana, Cuba (Hector Garcia Mesa; Saul Yelin).
- Anthology Film Archives. 425 Lafayette St., New York, NY, USA. Tél: 677.31.97 (Jonas Mekas).
- Pacific Film Archives. University Art Museum, Durant Ave, Berkeley, Calif., USA. Tél: 642.14.12 (Tom Luddy).
- Whitney Museum of American Art (New American Filmmakers Series). 945 Madison Ave, New York, NY 10021, USA. Tél: 861.53.22.
- Suomen Elokuva-arkisto. Etelaranta 4B, Helsinki 13, Finlande. Tél: 11.010 (Peter Von Bagh; Elina Katainen).
- Cinemateca del UNAM. Yautepec 32-1, Col. Condessa, Mexico, D.F. Mexique (Manuel Gonzeles Casanova).
- Cinémathèque suisse. 12 place de la Cathédrale, Case Ville 850, 1000 Lausanne, Suisse. Tél: 23.74.06 (Freddy Buache).
- Cinemateca nazionale. Plaza Morelos, Museo de Belles Artes, Caracas, Venezuela (Rodolphe Izaguirre).
FESTIVALS, RENCONTRES, JOURNÉES PRINCIPALEMENT CONSACRÉES AU CINÉMA PROGRESSISTE
- LEIPZIG (novembre): Internationale Leipziger Dokumentar und Kurzfilmwoche. 102 Berlin, Burgstrasse 27, RDA. Tél: 42.91.57.
- BERLIN (juin/juillet): Internationales Forum des Jungen Films. 1 Berlin 30, Welserstrasse 25, RFA (Ulrich Gregor, dir.).
- GRENOBLE (juin/juillet): Journées du cinéma de Grenoble. 85, rue du Cherche-Midi, 75006 Paris, France (Alain Thomas).
- CANNES (mai): Quinzaine des réalisateurs, a/s Société des réalisateurs de films, 22 rue Quentin-Bauchart, 75008 Paris, France. Tél: 720.13.89/90.
- CANNES (mai): Semaine internationale de la critique. 73, rue d’Anjou, 75008 Paris, France. Tél: 387.45.17 (Olivier Barrot).
- ROYAN (mars-avril): Festival international d’art contemporain de Royan. Rencontres cinématographiques. BP 517, 17200 Royan, France. Tél: 05.56.60 (Janine Euvrard).
- OUAGADOUGOU (février; semi-annuel en alternance avec Carthage): Festival panafricain du cinéma (FESPACO), Secrétariat général permanent, Ouagadougou. Haute-Volta (Louis Thiom-biano, sec. gén.).
- PESARO (septembre): Mostra internazionale del nuovo cinema. Via della Stelletta, 23, 00186 Roma, Italie. Tél: 657.340-657.598 (Lino Micciché, dir.).
- ROTTERDAM (mars): Film International. Kruisplein 30, Rotterdam, Pays-Bas (Huub Bals, dir.).
- CARTHAGE (octobre; semi-annuel en alternance avec Ouagadougou): Journées cinématographiques de Carthage. Ministère des Affaires culturelles, Tunis, Tunisie.
A l’exception de Leipzig et des Festivals de cinéma panafricain de Carthage et Ouagadougou, toutes les autres manifestations sont à caractère non compétitif.
LISTE PARTIELLE DE QUELQUES DISTRIBUTEURS DE FILMS PROGRESSISTES
BELGIQUE
- Société coopérative Nouveau cinéma. Rue du Prince Royal, 66, Bruxelles 1050. Tél: 512.21.02.
- Progrès Films. 213, rue Royale, Bruxelles 1030. Tél: 518.09.60 518.26.89 (Didier Geluck).
CANADA/QUÉBEC
- Disci inc. 2184 av. Prud’homme, Montréal, Québec. Tél: 481.56.01.
- Les Films Faroun. 136a rue Saint-Paul, Montréal, Québec. Tél: 866.88.31 (Rock Demers).
- New Cinema Enterprises. 35 Britain Street, Toronto, Ontario. Tél: 862.16.74 (Linda Beath).
- SMC Distribution. 1248 rue Bernard Ouest, Montréal, Québec. Tél: 849.23.84 (Roland Smith).
ÉTATS-UNIS
- Cinema 5. 595 Madison Ave, New York, NY 10022. Tél: 421.55.55.
- Contemporary/McGraw-Hill Films. 1221 Avenue of the Americas, New York, NY 10020.
- Grove Press. 53 East 11th Street, New York, NY 10003. Tél: 677.24.00.
- Impact Films. 144 Bleecker Street, New York, NY 10012. Tél: 674.33.75 (Lionel Rogosin).
- New Line Cinema. 121 University PI, New York, NY 10003. Tél 674.74.60.
- New Yorker Films. 43 West 61st Street, New York, NY 10023. Tél: 247.61.10 (Dan Talbot).
FRANCE
Pour obtenir des informations sur les distributeurs en France on peut communiquer avec les organismes suivants:
- Association française des cinémas d’art et d’essai. 22 rue d’Artois, 75008 Paris. Tél: 359.23.56/16.15.
- Société des réalisateurs de films. 22 rue Quentin-Bauchart, 75008 Paris. Tél: 720.13.89/90.
- Association technique pour l’action culturelle (ATAC). 16 rue du Renard, 75004 Paris. Tél: 277.32.22 (J.J. Henry).
ANGLETERRE ET ROYAUME-UNI
- Contemporary Films Ltd. 55 Greek Street, London, W1V 6DB. Tél: 734.49.01.
- Educational & Television Films. 2 Doughty Street, London, WC1 2PJ. Tél: 405.03.95.
- Twenty Four Frames. 122 Wardour Street, London, Wl. Tél: 437.93.51 (Peter Bloch).
⇩ BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE ⇩
ÉTUDES ET DOCUMENTS D’INFORMATION GÉNÉRALE
- L’information à travers le monde (presse, radio, télévision, film). UNESCO (1966), Paris. 424 p.
- Répertoire des organisations internationales film et télévision. Ed. Conseil international du cinéma et de la télévision (1974?), Rome. 209 p.
- Les institutions cinématographiques. UNESCO (1973), Paris. 102 p. Études et documents d’information, no 68.
- Cahier des dossiers nationaux (ronéotypé). Préparé/compilé pour les Rencontres internationales pour un nouveau cinéma. Ed. Comité d’action cinématographique (1974), Montréal.
- Quinze ans de cinéma mondial (1960-1975), par Guy Hennebelle. Ed. du Cerf, coll. 7e art (1975), Paris. 425 p.
- Il nuovo cinema degli anni 60, par Lino Micciché. Ed. RAI, Radiotelevisione italiana (1970), Turin. 299 p.
- International Film Guide (annual). Ed. by Peter Cowie. Pub. Tantivy Press, London/Barnes, New York. 640 p.
- Eléments pour un nouveau cinéma, par Louis Marcorelles. Ed. UNESCO (1970), Paris. 154 p.
ÉTUDES ET DOCUMENTS SUR LE CINÉMA DANS LE TIERS-MONDE
- Film fran Tredje Varlden (Films du Tiers-Monde), compilé par Kerstin Allroth. Ed. Material (3), Film Centrum (1971), Stockholm. 174 p.
- Maktens Objektiv, par Ulf Stenberg & Ove Saverman. Ed. Almqvist & Wiksell (1973), Stockholm. 169 p. (cinéma et politique dans le Tiers-Monde).
- Film im Aufbruch. Film en mouvement (II) (documentation sur les cinémas africains et latino-américains). Ed. + Internationalen Leipziger Dokumentar & Kurzfilmwoche, compilé par Hermann Herlinghaus (1966, édition allemande; 1967, édition française), Berlin/Leipzig. 200 p. et 75 p.
- Les cinémas africains en 1972 (incl. bibliographie), par Guy Hennebelle. Ed. Société africaine d’édition (1972), Dakar. 371p. No 20: « De l’Afrique littéraire et artistique ».
- Cinéma et développement en Afrique noire francophone, par Pierre Pommier. Ed. Pedone (1974), Paris. 186 p. Bibliothèque de l’Institut d’études politiques de Bordeaux.
- Le cinéma dans les pays arabes, par George Sadoul. Ed. Centre interarabe du cinéma et de la télévision (1966), Beyrouth. 310 p.
- Série Cinéma politique (in) Le Monde diplomatique. Afrique, avril 73; Maghreb, juin 73; Monde arabe, oct. 73; Palestine, jan 75.
- « Cinémas de l’Afrique francophone » (1974), Montréal, (in) Les jeunes cinémas des pays de l’ensemble francophone. No spécial de Cinéma Québec, vol: 3, nos 9/10. Textes de Tahar Cheriaa, Férid Boughedir, Walid Chmait.
- « Le cinéma en Afrique », par Tahar Cheriaa (in) Cinéma Québec, vol 1, no 10, et vol 2, no 1 (1972), Montréal.
- Naissance du cinéma algérien, par Rachid Boudjedra. Ed. François Maspéro, Domaine maghrébin (1971), Paris. 119 p.
- « Cinémas d’Amérique latine » (incl. bibliographie) (in) Image et son, no 218, juin/juillet 1968 (Argentine, Brésil, Cuba, Mexique), Paris. 81 p.
- Cine, cultura y descolonizacion, par Fernando Solanas et Octavio Getino. Ed. Siglo XXI (1973), Buenos Aires. 205 p.
- Por un cine latino-americano. Rencontres des cinéastes latino-américains, Caracas, septembre 1974. Ed. Rocinante Cine (1974), Caracas. 71 p.
- « Petite planète: Cuba » (1970). 68 p. Cinéma 70, no 144, mars.
- Il cinema di Allende, par Francesco Bolzoni. Ed. Marsilio (1974), Venezia. 158 p. (entrevues avec Aldo Francia, Miguel Littin, Raul Ruiz et Helvio Soto).
- Série Cinéma politique (in) Le Monde diplomatique, Amérique latine, fév. 73 et oct. 74.
CINÉMA MILITANT/PROGRESSISTE EN EUROPE ET EN AMÉRIQUE
- Série Cinéma politique parue dans Le Monde diplomatique. Nos parus: « Europe et États-Unis », août 73; « Espagne, Portugal, Grèce », sept. 73; « Luttes en Italie », mars 74; « France: filmer en militant », mai 74.
ALLEMAGNE, RFA
- Kleines Worterbuch der Filmpolitik und Filmwirtschaft in der Bundesrepublik, par Wilhelm Roth (in) Filmkritik, no 177, vol 15, sept. 1971.
- Uber das Kinomachen, par Hans Helmut Prinzler et Helene Schwarz. Publié par le Deutsche Film und Fernsehakademie (1972), Berlin. 309 p. (brochure ronéotypée)
FRANCE
- « L’irrésistible ascension du cinéma militant », par Guy Hennebelle, Jean Patrick Lebel, Daniel Serveau (in) Écran 74, no 31, décembre.
- Cahiers du cinéma, no 241, « Cinéma et lutte de classe/Avignon »; nos 242/243, « Avignon/Front culturel »; no 244, « Animation culturelle »; nos 245/246, « Les MJC. Un bilan »; no 248, « Avignon 73/Front culturel cinéma militant »; no 250, « L’Unité cinéma de la Maison de la culture du Havre »; nos 251/252, « Cinéma de lutte »; no 253, « Journées de Royan ».
ITALIE
- « Cinéma et politique: une enquête », (in) Jeune cinéma, no 44, février 1970. (entretiens et textes de Zavattini, Orsini, Pontecorvo, Gregoretti)
- « Cronistoria del cinema militante in Italia », (in) Cinema nuovo, no 220, par Gianfranco Torri, CCM, Torino.
- « Il cinema militante », (in) Ombre rosse 3/4, 1974. 72 p. (textes de Guido Lombardi, Goffredo Fofi)
- Il cinema italiano: Servi e padroni par Goffredo Fofi. Ed. Feltrinelli, (1971) Milano. 252 p.
- « Esperienze di cinema militante », compilé par Faliero Rosati, (in) Bianco e nero, nos 7/8, juillet-août 1973. 173 p.
PAYS-BAS
- Document du Cinestud 73. Engagement in de film, 69 p. (brochure)
ANGLETERRE ET ROYAUME-UNI
- « Left Film Distributors », par Jim Pines (in) Screen, vol 13, no 4, Winter 1972-73. 11 p.
- Autres documents. Le cinéma s’insurge. Documents des États généraux du cinéma (3 nos parus). Ed. Le Terrain vague (1968), Paris.
- « Politique et cinéma », (in) Cinéma 70, no 151, décembre. 112 p.
- « La politique, thèse, débat, entretien », (in) Positif, no 113, février 1970. 108 p.
- « L’altro video (incontro sul videotape) », (in) Quaderno informativo, no 44. 9e Mostra internazionale del nuovo cinema, Pesaro, 12-19 settembre 1973. 116 p.
NOTE Une bibliographie plus complète comprenant des textes, documents, titres de livres et autres publications en plusieurs langues, sera publiée dans le cahier no 5 des Rencontres. Elle comprendra un inventaire de textes théoriques et critiques sous le thème général du cinéma et de la politique.
Ce texte est issu du cahier no 2 des Rencontres de Montréal : Comité d’action cinématographique (Québec). Cahiers des Rencontres internationales pour un nouveau cinéma. Montréal : Comité d’action cinématographique, 1975, 4 vol. Bibliogr. ; Ill. Cote PN 1993.4 R39.



