17h00 Salle de projection principale
Le Vendredi 03 Avril 2015

Histoire de mes cheveux

Réalisation : Boris Lehman [Belg., 2010, 91 min, 16 mm, VOSTA]

L’histoire de mes cheveux tient en deux lignes (ou en deux phrases). Ils étaient noirs et longs. Ils sont devenus blancs. Je ne les ai plus coupés depuis 1982, il y a donc bientôt 28 ans. L’histoire de mes cheveux est un voyage, aussi bien dans l’espace que dans le temps. Ceux qui cherchent dans ce film quelque vérité tant géographique que scientifique ou qu’historique seront déçus. Le film prend conscience des faits et lieux réels pour aussitôt s’en distancier, par le biais de la poésie et de la fiction. L’auteur a mélangé à sa façon l’histoire de Samson et Dalila, le voyage des condamnés à mort jusque dans les camps, la science des cheveux et quelques réflexions sur le sens et la fragilité de la vie. (Boris Lehman)

« Dans cette sorte d’inventaire, on retrouve tout le sens, inséparable et mêlé, de la fantaisie et de l’émotion, de la retenue et de l’épique de Boris Lehman. Car ces cheveux l’emmènent très loin, sur des fronts où il était question de les tondre : prisonniers des camps nazis ou soviétiques. Car, par une digression aussi surprenante que limpide, du cheveu bavard faisant office de mémoire par le truchement de la science, il se lance pour faire l’expérience du monde, ce qui ne sera pas cette fois une ellipse mais bien le régime de représentation du film. Boris Lehman part à l’Est, se rend à Lvov, ville natale de son père, sur les traces de ses origines – juives. Il n’y trouve rien.

Puis erre sur les traces de ghettos liquidés, de camps dont il ne reste plus rien. Ce serait donc pour ça que l’on rasait les cheveux : priver des millions d’individus de leur archive, tandis que ces lieux sont privés de la représentation de leur barbarie passée. Cette projection dans l’espace est évidemment marquante quand on la met en relation avec l’aspect très centripète de Lettres à mes amis… De même que la façon fluide dont le film se fait, tout le contraire de celui précité, véritablement arraché à son impossibilité. En s’étant trouvé précédemment, Boris Lehman, vagabond magnifique (renvoyant à un autre, peut se permettre de se perdre à nouveau dans Histoire de mes cheveux. D’autant que c’est pour mieux se retrouver. » (A. Hée, 2012)

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